Selon RFI, le collectif Restitution pour l’Afrique (RAF) a engagé une nouvelle procédure judiciaire en France pour contraindre cinq établissements bancaires à collaborer dans le cadre de l’enquête sur la vente de Bolloré Africa Logistics, une filiale du groupe Bolloré. Cette initiative s’inscrit dans la continuité des actions engagées depuis 2025 par le collectif, qui cherche à éclaircir les conditions de cette cession et son impact sur le continent africain.

Ce qu'il faut retenir

  • Le collectif Restitution pour l’Afrique (RAF) a saisi la justice française en 2026 pour contraindre cinq banques à ouvrir leurs archives.
  • Les établissements visés sont Morgan Stanley, Hottinguer, HSBC, Société Générale et Crédit Mutuel.
  • L’enquête porte sur la vente de Bolloré Africa Logistics, une filiale du groupe Bolloré, dont l’histoire remonte à plusieurs décennies en Afrique.
  • Cette procédure s’ajoute à celles lancées en 2025 par le collectif RAF contre le groupe Bolloré.
  • Les banques sont sommées de fournir des documents afin de « faire la lumière » sur les conditions de cette transaction.

Un nouveau volet dans une procédure en cours depuis 2025

Le collectif Restitution pour l’Afrique (RAF) a déjà engagé plusieurs procédures judiciaires depuis 2025 contre le groupe Bolloré. Cette fois, il s’attaque non pas directement à l’entreprise, mais à cinq banques qui auraient joué un rôle dans la vente de Bolloré Africa Logistics. Selon RFI, le RAF cherche à obtenir des archives bancaires pour comprendre les mécanismes financiers et juridiques entourant cette transaction, jugée opaque par certains observateurs.

Parmi les établissements visés figurent des géants du secteur comme HSBC et Société Générale, ainsi que des banques privées comme Morgan Stanley et Hottinguer. Le Crédit Mutuel complète cette liste, soulignant l’ampleur des institutions concernées par cette demande de transparence.

Un groupe, une filiale et des zones d’ombre persistantes

Bolloré Africa Logistics, ancienne filiale du groupe Bolloré, a longtemps été un acteur clé dans la logistique et le transport en Afrique. Sa cession, intervenue il y a plusieurs années, reste sujette à controverse, notamment en raison des conditions dans lesquelles elle s’est déroulée. Le collectif RAF reproche à l’opération un manque de clarté, susceptible d’avoir eu des conséquences économiques et sociales sur le continent.

Le groupe Bolloré, dirigé par le milliardaire Vincent Bolloré, n’est pas directement visé par cette nouvelle procédure, mais son nom revient systématiquement dans les investigations menées par le RAF. Les documents demandés aux banques pourraient en effet éclairer le rôle joué par le groupe dans cette transaction, ainsi que les éventuels conflits d’intérêts ou pratiques discutables.

Des banques sommées de collaborer sous la contrainte judiciaire

La procédure engagée par le RAF vise à contraindre les cinq banques à ouvrir leurs archives et à fournir les documents nécessaires à l’enquête. Selon les termes de la saisine, il s’agit de « faire la lumière » sur une opération dont les contours restent flous pour une partie de la société civile. Les établissements bancaires n’ont pas encore réagi publiquement à cette demande, mais la procédure judiciaire pourrait les obliger à se conformer sous peine de sanctions.

Cette démarche s’inscrit dans une stratégie plus large du RAF, qui cherche à documenter les pratiques des multinationales en Afrique et à obtenir réparation pour les populations locales. Les procédures judiciaires engagées depuis 2025 s’appuient sur des éléments concrets, mais leur succès dépendra en partie de la collaboration des acteurs financiers impliqués.

Et maintenant ?

La prochaine étape consistera en une audience devant le tribunal français, où les arguments du RAF et des banques seront examinés. Si la justice donne raison au collectif, les établissements bancaires pourraient être tenus de transmettre les documents demandés sous un délai précis. Cette procédure pourrait également inspirer d’autres actions similaires, tant en France qu’à l’international, où la transparence des transactions financières en Afrique fait débat.

Reste à voir si cette initiative aboutira à des révélations significatives ou si elle se heurtera aux résistances des acteurs concernés. Une chose est sûre : le RAF ne compte pas relâcher la pression, comme en témoignent ses démarches répétées depuis plus d’un an.

Cette affaire illustre les tensions persistantes autour des investissements étrangers en Afrique, où les questions de gouvernance et de responsabilité des multinationales restent au cœur des débats. Les prochains mois seront déterminants pour savoir si la justice française parviendra à lever le voile sur cette transaction et, le cas échéant, à en tirer des conclusions.