La cour d’assises spéciale de Paris a ouvert ce jeudi 28 mai 2026 le volet concernant l’assassinat du pilote de course Laurent Pasquali, commandité par une officine criminelle liée à la loge maçonnique Athanor. Selon BFM - Faits Divers, la découverte du corps, intervenue par hasard dans un sous-bois isolé de la Haute-Loire, a été rendue possible grâce à un promeneur passionné de cueillette aux champignons. Jean Sauvat, retraité de 72 ans, a témoigné en visioconférence depuis son domicile, détaillant les circonstances de sa macabre trouvaille.

Ce qu'il faut retenir

  • Laurent Pasquali, pilote de course, a été assassiné dans le cadre d’un contrat commandité par une officine criminelle liée à la loge maçonnique Athanor.
  • Le corps a été retrouvé en septembre 2025 dans un sous-bois reculé de la Haute-Loire, dissimulé sous 60 cm de terre et de végétation.
  • La découverte fortuite est revenue à Jean Sauvat, un retraité cueilleur de champignons, qui a alerté les gendarmes dès sa trouvaille.
  • Les deux frères francs-maçons Daniel B. et Frédéric V. sont accusés d’avoir commandité l’assassinat, tandis que Sébastien L. et Dylan B. sont soupçonnés d’en avoir été les exécutants.
  • L’enquête a confirmé que la sépulture avait été préparée pour rendre le corps indétectable, sans l’intervention du promeneur.

Une balade aux champignons qui bascule dans l’horreur

Assis sur une chaise, la main crispée sur le pommeau de sa canne, Jean Sauvat a relaté devant la cour son récit avec une précision méthodique. Ce matin de septembre 2025, le retraité avait choisi de s’aventurer dans un chemin forestier « connu uniquement des bûcherons et des chasseurs de champignons », situé dans un secteur reculé de la Haute-Loire. Comme il l’a expliqué, une averse soudaine l’a contraint à quitter rapidement le sentier principal. « J’ai décidé de couper par les buissons, c’est là que je suis tombé sur un crâne humain », a-t-il déclaré d’une voix ferme, avant d’ajouter : « La tête m’a vraiment choqué. J’ai tout de suite compris qu’il s’agissait d’un corps. Les ossements étaient dispersés, certains animaux avaient dû les traîner. »

Immédiatement, Jean Sauvat a contacté les gendarmes pour signaler sa découverte. Une réaction qui, selon les experts, a évité que le corps ne reste indéfiniment dissimulé. « Le terrain est tout enchevêtré, je n’aurais jamais repéré le corps si je n’avais pas dû le contourner à cause de la pluie », a-t-il précisé lors de son audition. Le retraité a insisté sur l’isolement extrême du lieu, un détail confirmé par la suite par les enquêteurs.

Un dispositif de dissimulation méthodique

Après les déclarations de Jean Sauvat, l’avocate de la famille de Laurent Pasquali, Me Sandrine Pégand, a tenu à remercier publiquement le retraité. « Au nom de la famille de Laurent Pasquali, je tiens à vous exprimer toute notre gratitude. Vous avez permis de retrouver le corps », a-t-elle déclaré, la voix empreinte d’émotion contenue. Un hommage qui a marqué l’audience, avant que le major de gendarmerie Romuald Chamont ne prenne le relais pour confirmer les difficultés liées à la localisation du site.

Vêtu de son uniforme, le gendarme a décrit devant la cour les conditions d’accès au lieu de la découverte. « La sépulture où gisent les ossements se situe à 60 mètres seulement de la départementale, mais l’endroit est d’une complexité redoutable », a-t-il indiqué. Les images projetées à l’audience ont montré une tombe de 60 centimètres de profondeur, soigneusement recouverte de bois tranché et de végétation disposée de manière à la rendre invisible depuis la surface. « Tout a été fait pour qu’on ne le retrouve pas », a-t-il souligné, évoquant une préparation minutieuse de la sépulture.

Le major a également précisé que creuser un tel trou dans ce terrain, parsemé de racines et de pierres, avait dû représenter un défi logistique. « Accéder à la zone avec un cadavre n’a pas dû être simple. Il y avait une vraie volonté de faire disparaître le corps », a-t-il ajouté, confirmant ainsi l’hypothèse d’un acte prémédité. Les lambeaux de vêtements et le sac-poubelle retrouvés sur place ont corroboré cette thèse, selon laquelle les auteurs avaient tout mis en œuvre pour effacer toute trace de leur forfait.

Une zone d’ombre subsiste sur l’identité du tireur

Malgré les avancées de l’enquête, un point reste en suspens : qui, de Sébastien L. ou de Dylan B., a porté le coup fatal ? La question a été soulevée en fin d’audience par l’avocat général, Nicolas d’Hervé, lors de son interrogatoire au major Chamont. « Major, la tombe est profonde de 60 centimètres, le terrain est-il facile à creuser ? », a-t-il demandé, avant d’obtenir la réponse sans équivoque : « Non, il y a de nombreux arbres et des racines. Creuser un tel trou n’a pas dû être évident. »

Les deux hommes, placés dans le box des accusés aux côtés de Daniel B. et Frédéric V., ont écouté ces déclarations sans réagir. Leurs visages sont restés impassibles, leurs regards fixés sur le sol. Sébastien L. et Dylan B. sont soupçonnés d’avoir exécuté le contrat posé sur Laurent Pasquali, mais les éléments matériels ne permettent pas encore de trancher entre les deux hommes. Leur audition, prévue en fin de semaine prochaine, pourrait apporter des éclairages décisifs sur ce point.

Un procès qui révèle les rouages d’une officine criminelle

Ce procès, qui s’inscrit dans le cadre plus large de l’affaire Athanor, met en lumière les méthodes utilisées par cette officine criminelle pour éliminer ses cibles. La loge maçonnique Athanor, déjà au cœur de plusieurs enquêtes pour blanchiment et trafic d’influence, est cette fois directement impliquée dans un assassinat ciblé. Les investigations ont révélé des liens troubles entre certains de ses membres et des milieux interlopes, où la violence devient un outil de gestion des conflits.

Les débats de ces prochains jours devraient permettre de reconstituer le parcours de Laurent Pasquali, pilote de course reconnu, dont la carrière a croisé celle de personnalités sulfureuses. Les soupçons pèsent sur des rivalités professionnelles ou des dettes non réglées, mais les enquêteurs explorent également la piste d’un règlement de comptes lié à des activités occultes. Autant dire que les révélations à venir pourraient ébranler davantage l’image déjà ternie de cette loge.

Et maintenant ?

Les auditions se poursuivront dans les prochains jours, avec notamment l’interrogatoire des quatre accusés. La cour devrait également entendre des experts en balistique et en médecine légale pour tenter de déterminer l’heure et les circonstances exactes de la mort de Laurent Pasquali. Une reconstitution des faits pourrait être organisée en Haute-Loire pour vérifier les dires des témoins. Si les éléments à charge contre Daniel B. et Frédéric V. se confirment, leur procès pourrait être séparé de celui des exécutants présumés, Sébastien L. et Dylan B. La fin de l’audience est prévue pour début juin 2026.

En attendant, l’affaire rappelle que les réseaux criminels, même ceux se revendiquant d’une certaine élite, n’hésitent pas à recourir à la violence la plus brutale pour parvenir à leurs fins. Le hasard d’une balade en forêt a suffi à déjouer leurs plans. Reste à savoir si la justice parviendra, elle aussi, à défaire les mailles de ce réseau.

Selon les enquêteurs, Athanor servirait de couverture à une officine criminelle spécialisée dans l’élimination de cibles. Plusieurs de ses membres sont soupçonnés d’avoir commandité des assassinats pour des raisons liées à des conflits internes ou à des activités illégales. La loge, officiellement dédiée à des activités caritatives et spirituelles, serait en réalité infiltrée par des réseaux d’influence criminels, comme le révèle ce procès.