L’ancien commentateur sportif de Canal+, Mourad Zeghidi, jugé en appel à Tunis à partir de ce mardi 28 avril 2026, pourrait voir sa situation judiciaire évoluer après deux années de détention. Sa fille, Yesmine Zeghidi, a exprimé lundi 27 avril sur France Inter son attente d’une « libération, la fin de ce cauchemar et de deux ans de douleur et d’injustice ». Selon Franceinfo - Sport, l’accusation porte sur des faits de « blanchiment d’argent » et « évasion fiscale », après une première condamnation à trois ans et demi de prison en première instance en janvier 2026.
Ce procès en appel intervient dans un contexte judiciaire tunisien particulièrement tendu, où les journalistes et figures médiatiques font régulièrement l’objet de poursuites. Mourad Zeghidi, franco-tunisien, avait été arrêté le 11 mai 2024, quelques semaines après avoir critiqué sur les réseaux sociaux l’emprisonnement de Mohamed Boughalleb, journaliste et personnalité médiatique tunisienne incarcéré en mars 2024. Une première détention avait déjà été prononcée pour « diffusion de fausses informations ».
Ce qu'il faut retenir
- Mourad Zeghidi, ancien commentateur sportif de Canal+, est détenu en Tunisie depuis le 11 mai 2024 pour « blanchiment d’argent » et « évasion fiscale ».
- Condamné à trois ans et demi de prison en première instance en janvier 2026 avec son confrère Borhen Bsaies, il attend désormais un verdict en appel.
- Sa demande de libération provisoire, rejetée récemment, relance les tensions autour de son cas, sa fille dénonçant un traitement politique.
- Yesmine Zeghidi, sa fille, n’a pu échanger avec lui que par des visites encadrées et rares, sans aucun contact téléphonique.
- Le dossier est suivi par le ministère français des Affaires étrangères, mais les marges de manœuvre restent limitées.
Une détention aux motivations contestées
Selon Yesmine Zeghidi, son père « est traité comme un opposant politique, malgré le fait qu’il n’en a jamais été un ». Elle attribue son arrestation à ses prises de position publiques après l’incarcération de Mohamed Boughalleb. « Mon père avait fait un post Facebook où il disait que ce n’était pas normal et que la justice ne devait pas être entre les mains du pouvoir. Je pense que c’est notamment une des choses qui lui a été reprochée », a-t-elle expliqué à France Inter.
Ce procès s’inscrit dans une période où la répression des voix critiques en Tunisie s’intensifie. Yesmine Zeghidi souligne que son père, « connu pour être une voix modérée et juste », dérange par son indépendance. « Quand on voit l’échelle de la répression, c’est comme ça aussi qu’on instaure la peur à tous les niveaux de la société », dénonce-t-elle. Depuis mai 2024, les contacts avec la famille se limitent à une visite hebdomadaire, sous surveillance, sans possibilité d’appels téléphoniques.
Une solidarité médiatique et familiale
La famille de Mourad Zeghidi n’est pas isolée dans sa lutte. Elle partage un soutien étroit avec celle de Christophe Gleizes, journaliste français détenu en Algérie depuis plusieurs mois. « On partage beaucoup de choses, on vit des situations très similaires et très compliquées et j’espère qu’on en sortira aussi ensemble », a déclaré Yesmine Zeghidi. Cette solidarité croisée entre familles de journalistes emprisonnés illustre l’ampleur des mobilisations transnationales en faveur de leur libération.
Yesmine Zeghidi compte sur un engagement accru du monde sportif et médiatique pour faire pression en faveur de la libération de son père. « Cette solidarité le nourrit. On essaye de mobiliser au maximum et de faire en sorte que, justement, ce monde médiatique auquel il a appartenu pendant très longtemps ne l’oublie pas, comme ils n’ont pas oublié Christophe Gleizes », a-t-elle précisé. Une pétition et des appels à la mobilisation ont déjà été lancés, notamment via les réseaux sociaux, pour sensibiliser l’opinion publique.
Pour la famille Zeghidi, la priorité reste la libération immédiate de Mourad, dont la santé physique et mentale se dégrade après deux ans de détention. Le ministère français des Affaires étrangères, bien que limité dans ses actions, continue de suivre le dossier de près, en coordination avec les autorités tunisiennes. Une issue favorable dépendra également de l’évolution de la situation politique en Tunisie, où les tensions autour de la liberté d’expression persistent.
Mourad Zeghidi est poursuivi pour « blanchiment d’argent » et « évasion fiscale ». En première instance, il a également été condamné pour « diffusion de fausses informations », une accusation liée à ses prises de position sur les réseaux sociaux.
Yesmine Zeghidi estime que son père est victime de poursuites disproportionnées en raison de ses critiques envers les autorités tunisiennes, notamment après l’arrestation du journaliste Mohamed Boughalleb. Elle souligne que son engagement médiatique indépendant dérange un pouvoir qu’elle juge répressif.