Lors de son interrogatoire devant la cour d’appel de Paris, les 7 et 8 avril 2026, l’ancien président Nicolas Sarkozy a de nouveau affiché une distance marquée à l’égard de deux de ses anciens collaborateurs les plus proches, Claude Guéant et Brice Hortefeux. Selon Libération, l’ex-chef de l’État a imputé à ces derniers la responsabilité d’une « erreur » en évoquant leur fréquentation de l’intermédiaire Ziad Takieddine, figure centrale dans ce dossier judiciaire.

Ce qu'il faut retenir

  • Nicolas Sarkozy a une nouvelle fois pris ses distances avec Claude Guéant et Brice Hortefeux lors de son interrogatoire les 7 et 8 avril 2026 devant la cour d’appel de Paris.
  • Il a qualifié de « erreur » le fait que ses anciens collaborateurs aient fréquenté l’intermédiaire Ziad Takieddine.
  • Les échanges, parfois tendus, ont mis en lumière les tensions croissantes entre l’ancien président et ses proches dans ce dossier.
  • Ce procès en appel concerne les accusations de financement illégal de la campagne présidentielle de 2007 par des fonds libyens.
  • Les déclarations de Sarkozy ont été formulées lors d’un interrogatoire qui s’est transformé en « démonstration accablante », selon Libération.

Un interrogatoire sous tension à la cour d’appel de Paris

Les deux journées d’audition, mardi 7 avril et mercredi 8 avril 2026, ont été marquées par une atmosphère tendue dans la salle d’audience. Nicolas Sarkozy, prévenu dans cette affaire de financement présumé illégal de campagne électorale, a été soumis à un feu roulant de questions de la part des magistrats. Selon Libération, ces échanges ont parfois pris la forme d’une « démonstration accablante », illustrant la pression exercée sur l’ancien président tout au long de l’interrogatoire.

Sarkozy rejette la responsabilité sur ses anciens collaborateurs

Face aux questions des juges, Nicolas Sarkozy a choisi de recentrer les responsabilités sur ses anciens collaborateurs. Il a notamment pointé du doigt Claude Guéant et Brice Hortefeux, deux figures clés de son entourage politique, pour avoir « fréquenté » Ziad Takieddine. L’ancien président a qualifié cette proximité d’« erreur », comme le rapporte Libération. Cette prise de distance publique, bien que tardive, marque une rupture avec les soutiens historiques de sa carrière politique.

« C’est une erreur d’avoir fréquenté M. Takieddine. » — Nicolas Sarkozy, lors de son interrogatoire devant la cour d’appel de Paris, 7 et 8 avril 2026.

Le rôle de Ziad Takieddine, épicentre du dossier

L’intermédiaire franco-libanais Ziad Takieddine, au cœur des investigations, est accusé d’avoir servi de relais pour des fonds en provenance de la Libye de Mouammar Kadhafi. Ces fonds auraient, selon l’accusation, contribué au financement de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. La fréquentation de Takieddine par Guéant et Hortefeux a souvent été évoquée comme un élément central du dossier, mettant en lumière les réseaux d’influence autour de l’ancien président.

Des tensions croissantes au sein de l’entourage sarkozyste

Les déclarations de Nicolas Sarkozy lors de cet interrogatoire révèlent des fractures de plus en plus visibles au sein de son ancien cercle de confiance. Claude Guéant, ancien directeur de cabinet puis ministre de l’Intérieur, et Brice Hortefeux, ancien ministre de l’Intérieur et proche collaborateur, ont été des piliers de sa carrière politique. Leur mise en cause par Sarkozy lui-même lors de ce procès en appel souligne l’ampleur des tensions internes et des stratégies de défense qui se dessinent.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes de ce procès en appel devraient s’orienter vers l’audition des autres protagonistes, dont Ziad Takieddine, dont le témoignage pourrait apporter des éclairages décisifs. La cour devra également trancher sur la recevabilité des preuves et la responsabilité pénale de chacun des accusés. Une décision est attendue d’ici la fin de l’année 2026, selon les observateurs judiciaires.

Ce procès, qui s’étire depuis plusieurs années, illustre les enjeux de mémoire et de responsabilité autour des affaires de financement politique. Il pourrait également avoir des répercussions sur l’image de l’ancien président et de son entourage, alors que les questions d’éthique et de transparence dans la vie publique restent au cœur des débats.