La Fédération comorienne de football (FCF) pourrait tirer un bénéfice financier de plusieurs millions de dollars grâce à la création d’une filiale commerciale par la Fifa, un projet porté par son président Gianni Infantino. Selon RMC Sport, Saïd Ali Saïd Athouman, président de la FCF, a justifié l’étude de cette proposition en soulignant les besoins urgents de sa fédération, parmi les plus modestes du continent africain.

Le projet de la Fifa, baptisé FIFA Forward 2.0 (FFE), vise à créer une société commerciale dont le capital serait partiellement ouvert à des investisseurs privés. L’instance mondiale promet que les **4,2 milliards de dollars** (soit environ **3,7 milliards d’euros**) levés seraient redistribués aux **211 associations membres**, avec des augmentations ciblées de leurs budgets respectifs. Aux Comores comme ailleurs en Afrique, cette manne financière représenterait une bouffée d’oxygène pour des fédérations souvent en difficulté financière.

Ce qu'il faut retenir

  • La Fifa propose la création d’une filiale commerciale (FFE) dont le capital serait partiellement ouvert à des investisseurs privés, avec une levée de fonds estimée à 4,2 milliards de dollars.
  • Cette manne financière serait redistribuée aux 211 associations membres, avec une hausse de 20 millions de dollars (17,5 millions d’euros) des aides annuelles via le Programme FIFA Forward pour 2027-2030.
  • Un chèque ponctuel de 20 millions de dollars est également promis aux associations adhérant au Programme FIFA Fast Forward.
  • Le président comorien Saïd Ali Saïd Athouman a défendu cette proposition, évoquant l’absence totale de sponsors pour sa fédération.
  • La CAF, contrairement à l’UEFA, n’a pas encore tranché et invite ses membres à étudier le projet, malgré les réticences de plusieurs confédérations.
  • Le projet suscite des craintes quant à l’indépendance de la Fifa vis-à-vis des investisseurs privés, d’autant que Gianni Infantino a déjà été critiqué pour des décisions controversées, comme l’annulation d’un carton rouge lors de la Coupe du monde 2026.

Un projet né d’un besoin financier criant

Pour Saïd Ali Saïd Athouman, le problème des fédérations africaines est simple : « Notre problème, c'est comment obtenir de l'argent », a-t-il déclaré au journal L’Équipe, cité par RMC Sport. « En ce moment, nous n'avons aucun sponsor ». Le président comorien a rappelé que sa fédération, comme beaucoup d’autres en Afrique, peine à payer ses salariés. Selon lui, l’offre de la Fifa représente une opportunité rare : « Si on prend 20 millions, sous certaines conditions, c'est énorme pour nous ! »

Le projet de la Fifa s’articule autour de deux volets principaux. D’une part, une augmentation de 20 millions de dollars des aides annuelles versées via le Programme FIFA Forward pour le cycle 2027-2030. D’autre part, un versement ponctuel de 20 millions de dollars pour les associations adhérant au Programme FIFA Fast Forward. Ces montants, bien que conditionnels, pourraient significativement améliorer la situation financière de nombreuses fédérations africaines.

Une position africaine nuancée face aux oppositions européennes

Alors que l’UEFA mène une fronde ouverte contre le projet, qualifiant d’inacceptable l’idée de « vendre la Coupe du monde » à des investisseurs privés, la Confédération africaine de football (CAF) adopte une approche plus ouverte. « Si j'avais été un Européen, je n'aurais peut-être pas cette idée, mais je vis une autre réalité », a expliqué Saïd Ali Saïd Athouman. Pour le dirigeant comorien, les réalités économiques africaines imposent une réflexion pragmatique, même si cela implique de discuter avec des investisseurs privés.

Contrairement à l’UEFA, qui a adopté une position commune pour rejeter le projet, la CAF n’a pas encore tranché. Elle a simplement invité ses membres à étudier la proposition de la Fifa. Cette différence de traitement reflète les disparités économiques entre les confédérations. En Europe, les fédérations disposent souvent de sponsors et de revenus autonomes, tandis qu’en Afrique, les besoins financiers sont souvent immédiats et critiques.

Des craintes persistantes malgré l’attrait financier

Malgré l’espoir de voir la Fifa conserver ses valeurs, le projet soulève des interrogations majeures. La principale concerne l’indépendance de l’instance mondiale vis-à-vis des investisseurs privés de la filiale FFE. Saïd Ali Saïd Athouman n’a pas manqué de rappeler que Gianni Infantino s’est déjà illustré par des décisions controversées, comme l’annulation du carton rouge infligé à Folarin Balogun lors de la Coupe du monde 2026. Une décision qui avait suscité une vague de critiques en Europe.

Pour de nombreux observateurs, le risque est que la FFE devienne un outil au service des investisseurs plutôt que des fédérations. « On ne peut pas exclure que la Fifa perde le contrôle sur sa filiale », a souligné un responsable africain sous couvert d’anonymat. D’autres craignent que les investisseurs privés n’influencent les décisions sportives ou commerciales de la Fifa, au détriment de l’équité et de la transparence.

Et maintenant ?

La CAF doit se réunir prochainement pour décider de sa position définitive face au projet de la Fifa. Si les fédérations africaines pourraient être tentées par les avantages financiers proposés, la pression des autres confédérations – notamment européennes – pourrait influencer leur choix. Une décision est attendue d’ici la fin de l’année 2026, avant la prochaine assemblée générale de la Fifa. D’ici là, les débats promettent d’être vifs, entre pragmatisme économique et préservation de l’autonomie des instances sportives.

Quoi qu’il en soit, le projet de la Fifa marque une évolution majeure dans la gouvernance du football mondial. Il pourrait redéfinir les rapports de force entre les fédérations, les investisseurs et les instances dirigeantes, avec des conséquences encore difficiles à anticiper.

La Fifa promet une augmentation de 20 millions de dollars (17,5 millions d’euros) des aides annuelles via le Programme FIFA Forward pour le cycle 2027-2030, ainsi qu’un chèque ponctuel de 20 millions de dollars pour les associations adhérant au Programme FIFA Fast Forward.

L’UEFA rejette catégoriquement l’idée de « vendre la Coupe du monde » à des investisseurs privés, estimant que cela menace l’indépendance et l’intégrité du football mondial. L’instance européenne a même menacé de boycotter la Coupe du monde si le projet aboutit.