Selon RMC Sport, le président de la Fifa, Gianni Infantino, envisage un projet de cession partielle de son instance à des investisseurs privés, une manœuvre qui suscite une vive opposition dans le monde du football. Ce plan, révélé par plusieurs médias dont le Times, prévoit la création d’une société commerciale valorisée à 20 milliards de dollars (environ 17,5 milliards d’euros), dont 20 % des parts pourraient être vendues pour près de 4 milliards de dollars (environ 3,5 milliards d’euros).

Ce qu'il faut retenir

  • La Fifa envisage de créer une société commerciale valorisée à 20 milliards de dollars, dont 20 % des parts pourraient être cédées pour 4 milliards de dollars.
  • Le fonds d’investissement Thrive Capital, dirigé par Joshua Kushner – frère de Jared Kushner, gendre et ancien conseiller de Donald Trump –, serait en première ligne pour cette acquisition.
  • Gianni Infantino et Donald Trump ont multiplié les apparitions publiques ensemble lors de la Coupe du monde 2026 aux États-Unis, alimentant les spéculations sur une influence croissante du président américain sur la Fifa.
  • Plusieurs fédérations, dont l’UEFA et la CONCACAF, ont dénoncé ce projet, tandis que le parlementaire démocrate Jamie Raskin a demandé des explications à Infantino sur ses liens avec Trump.
  • Donald Trump a déjà suggéré d’attribuer une nouvelle Coupe du monde aux États-Unis et aurait, selon le New York Post, proposé à Infantino le poste de secrétaire général des Nations unies.

Un projet de cession partielle pour renflouer les caisses de la Fifa

Comme le rapporte RMC Sport, Gianni Infantino, président de la Fifa depuis 2016, envisage de créer une société commerciale liée à l’instance internationale. Cette entité, évaluée à 20 milliards de dollars, aurait pour objectif de générer des profits supplémentaires via la vente de 20 % de ses parts à un actionnaire privé pour 4 milliards de dollars. Selon les informations du Times, cette opération permettrait non seulement de renflouer les caisses de la Fifa, mais aussi d’enrichir personnellement Infantino, qui pourrait en devenir le dirigeant après sa réélection à la présidence en mars 2027.

Ce projet, présenté comme une solution pour diversifier les revenus de la Fifa, est vivement critiqué par plusieurs fédérations et instances du football. L’UEFA et la CONCACAF ont déjà dénoncé une dérive commerciale mettant en péril l’intégrité du sport. Les opposants soulignent que cette manœuvre pourrait accentuer la financiarisation du football, au détriment de son essence sportive.

Donald Trump et Gianni Infantino : une alliance qui interroge

Les relations entre Gianni Infantino et Donald Trump se sont considérablement renforcées ces derniers mois, notamment lors de la Coupe du monde 2026, organisée en partie aux États-Unis. Les deux hommes ont multiplié les apparitions publiques ensemble, créant un malaise au sein de la communauté footballistique. Leur proximité a été particulièrement remarquée lorsque Donald Trump est intervenu pour annuler un carton rouge attribué à Folarin Balogun, attaquant des États-Unis, avant un huitième de finale contre la Belgique. Une ingérence qui a provoqué une vive polémique, malgré les dénégations de la Fifa.

Lors de la finale entre l’Espagne et l’Argentine (1-0 ap) au MetLife Stadium dans le New Jersey, Donald Trump a été le premier à toucher le trophée avant de le remettre au capitaine espagnol Rodri, aux côtés d’Infantino. Après la victoire de l’Espagne, il est resté sur scène pendant les célébrations, alors que le président de la Fifa l’invitait à quitter les lieux. Ces scènes ont alimenté les spéculations sur l’influence grandissante de Trump au sein de la Fifa.

Les ambitions de Trump dans le football mondial

Donald Trump, réélu président des États-Unis en janvier 2025 après un premier mandat entre 2017 et 2021, a publiquement demandé à Infantino d’attribuer une nouvelle Coupe du monde aux États-Unis. Selon le New York Post, il aurait également suggéré en privé à Infantino de se porter candidat au poste de secrétaire général des Nations unies, une proposition que le dirigeant de 56 ans n’aurait pas encore commentée.

En décembre 2025, Infantino a décerné le « Prix de la paix » de la Fifa à Donald Trump, une décision qui a suscité une nouvelle polémique. Cette distinction, souvent critiquée pour son manque de neutralité, a été perçue comme une tentative de renforcer les liens entre la Fifa et l’administration américaine.

Thrive Capital et les Kushner : un lien indirect avec la Fifa

Selon RMC Sport, le fonds d’investissement Thrive Capital, dirigé par Joshua Kushner, frère de Jared Kushner – gendre et ancien conseiller de Donald Trump à la Maison Blanche –, serait en première ligne pour acquérir une partie des parts de la société commerciale de la Fifa. Bien que Joshua Kushner se présente comme un sympathisant démocrate, son ascendance politique et ses liens familiaux avec Trump alimentent les suspicions d’une manœuvre visant à placer des proches du président américain à la tête du football mondial.

Le père de Joshua et Jared Kushner, Charles Kushner, est un magnat de l’immobilier connu pour ses positions politiques controversées. Donald Trump l’a nommé ambassadeur des États-Unis en France, renforçant ainsi les réseaux d’influence autour du projet de cession partielle de la Fifa.

Les réactions des instances du football

Face à ce projet, plusieurs fédérations ont réagi avec fermeté. L’UEFA, la CONCACAF et d’autres instances ont dénoncé une dérive commerciale mettant en péril l’indépendance du football. Une réunion d’urgence a même été organisée par l’UEFA pour discuter des mesures à prendre, tandis que des critiques se multiplient contre la Fifa.

Le parlementaire démocrate Jamie Raskin, membre influent de la House Judiciary Committee – organe chargé de superviser l’administration américaine –, a récemment adressé une lettre à Gianni Infantino pour lui demander de s’expliquer sur ses relations avec Donald Trump et son entourage. Une convocation à laquelle Infantino n’est pas légalement tenu de répondre, mais qui souligne l’ampleur des interrogations autour de ce projet.

Et maintenant ?

Si le projet de cession partielle de la Fifa est encore en phase de discussion, les prochaines étapes devraient être dévoilées dans les mois à venir, notamment après la réélection d’Infantino en mars 2027. La pression des fédérations et des instances politiques, comme celle exercée par Jamie Raskin, pourrait contraindre la Fifa à revoir sa copie. Par ailleurs, l’implication présumée du clan Trump dans ce dossier devrait continuer à alimenter les débats sur l’influence politique dans le sport.

Une chose est sûre : la controverse autour de la « vente de la Coupe du monde » ne devrait pas s’éteindre de sitôt. Les prochaines réunions de la Fifa, ainsi que les réactions des autres instances du football, seront déterminantes pour l’avenir de ce projet.

Selon RMC Sport, la Fifa justifie ce projet par la nécessité de diversifier ses revenus et de renflouer ses caisses. La création d’une société commerciale valorisée à 20 milliards de dollars permettrait de générer des profits supplémentaires via la vente de 20 % des parts à un actionnaire privé pour 4 milliards de dollars.

Plusieurs fédérations, dont l’UEFA et la CONCACAF, ont vivement critiqué ce projet, le qualifiant de dérive commerciale mettant en péril l’intégrité du football. Une réunion d’urgence a été organisée par l’UEFA pour discuter des mesures à prendre, tandis que des critiques se multiplient contre la Fifa.