Le projet d’un parc à thème inspiré de l’univers de Dragon Ball, porté par la région Île-de-France et le gouvernement français, se heurte à un obstacle juridique majeur. Selon Journal du Geek, les discussions avec les ayants droit japonais, essentiels à la réalisation du projet, n’ont pas encore abouti, malgré l’enthousiasme affiché par les autorités locales et nationales.

Ce lundi 24 août 2026, le président de la République Emmanuel Macron et la présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse annonçaient sur les réseaux sociaux la signature d’un protocole d’accord pour « étudier le développement d’une nouvelle destination de loisir à usage mixte en France ». Le chef de l’État a salué un projet « du jamais vu depuis Disneyland », tandis que sa consoeur francilienne a évoqué trois nouveaux parcs d’attractions, dont l’un dédié à l’univers de Dragon Ball. Pourtant, comme le rapporte Journal du Geek, rien n’est moins sûr : la présence des personnages emblématiques de la licence, dont Son Goku, n’est pas encore garantie.

Ce qu'il faut retenir

  • Un protocole d’accord signé le 24 août 2026 entre l’État et la région Île-de-France pour étudier la faisabilité d’un parc à thème inspiré de l’univers manga, avec une enveloppe de six milliards d’euros.
  • L’absence d’accord formel des ayants droit japonais, dont la Toei, Shueisha et Bandai Namco, qui détiennent les droits sur Dragon Ball depuis la disparition d’Akira Toriyama en 2024.
  • Un site envisagé sur l’ancien parc Mirapolis, en région parisienne, mais dont la superficie de 55 hectares pourrait s’avérer insuffisante pour un projet de cette envergure.
  • Des défis logistiques majeurs, notamment en matière de transports en commun, Cergy-Pontoise ne disposant pas des infrastructures nécessaires pour accueillir des millions de visiteurs annuels.

Un projet ambitieux, mais des incertitudes juridiques

L’annonce faite par Emmanuel Macron et Valérie Pécresse a suscité un vif intérêt médiatique, mais les détails concrets restent flous. « L’intérêt du président pour les mangas » a été évoqué, sans mention directe de Dragon Ball, comme l’a souligné Journal du Geek. En revanche, la présidente de la région Île-de-France a été plus explicite, affirmant sur les réseaux sociaux que l’un des trois parcs serait consacré à l’univers du manga créé par Akira Toriyama.

Pourtant, selon des sources proches du dossier interrogées par le Monde et relayées par Journal du Geek, le groupe saoudien Qiddiya Investment, filiale du fonds souverain saoudien, n’a pas encore obtenu le feu vert des ayants droit japonais pour exploiter la licence en France. La situation est d’autant plus complexe que les droits sur Dragon Ball sont répartis entre plusieurs entreprises – la Toei, Shueisha et Bandai Namco – depuis le décès du mangaka en 2024.

Des déclarations précipitées qui pourraient compliquer les négociations

Les propos de Valérie Pécresse, repris par la presse internationale, risquent de fragiliser les discussions en cours. Un parc similaire en Arabie Saoudite, annoncé en mars 2024, avait pu avancer dans les négociations avant la mort d’Akira Toriyama. Cette fois, la répartition des droits entre plusieurs entités et l’absence de consensus rendent le processus bien plus incertain. « Encore de nombreuses étapes à franchir », résume Journal du Geek.

Outre les questions juridiques, le projet doit encore surmonter des défis structurels. L’ancien site de Mirapolis, situé à Cergy-Pontoise, ne couvre que 55 hectares – une superficie bien inférieure à celle de Disneyland Paris, qui s’étend sur 2 230 hectares. Pour atteindre une taille comparable, il faudrait racheter des terres agricoles environnantes, une opération complexe et coûteuse.

Des infrastructures de transport à développer en urgence

Un autre écueil majeur réside dans l’accès au futur parc. Contrairement à Disneyland Paris, desservi par le TGV et le RER, Cergy-Pontoise ne dispose pas d’infrastructures adaptées. Depuis le deuxième arrondissement de Paris, le trajet en transports en commun prendrait environ 1h30, dont 20 minutes de marche après la descente du RER A. Ces difficultés logistiques avaient déjà contribué à l’échec de Mirapolis dans les années 1990.

Pour rendre le site viable, la région Île-de-France devra donc investir massivement dans les transports en commun. Un chantier colossal, dont les délais et le financement restent à préciser. « C’est loin d’être gagné pour ce complexe de loisir », estime Journal du Geek.

Et si Dragon Ball n’était pas au rendez-vous ?

En cas d’échec des négociations avec les ayants droit japonais, le projet pourrait être revu de fond en comble. Reste à savoir si d’autres licences manga ou pop culture pourraient porter un tel complexe, avec des ambitions mondiales. Pour l’heure, aucune alternative n’a été officiellement évoquée, mais la région et l’État devront anticiper ce scénario.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour le devenir du projet. Les responsables régionaux et nationaux devront clarifier les modalités juridiques et financières, tout en accélérant les études de faisabilité technique. Si les négociations avec les ayants droit japonais aboutissent, le chantier pourrait démarrer d’ici 2028, sous réserve des autorisations administratives. Dans le cas contraire, il faudra envisager un repli sur un autre thème ou un abandon pur et simple.

Quoi qu’il en soit, l’épisode rappelle les risques inhérents aux projets de grande envergure, où l’enthousiasme politique doit composer avec la réalité économique et juridique. Autant dire que l’aventure ne fait que commencer.

Les droits sur Dragon Ball sont répartis entre plusieurs entreprises japonaises depuis la mort d’Akira Toriyama en 2024. Les négociations doivent donc obtenir l’accord de la Toei, de Shueisha et de Bandai Namco, ce qui complexifie considérablement le processus.

Le protocole d’accord signé le 24 août 2026 mentionne « trois nouveaux parcs d’attractions », dont un dédié à l’univers manga. Les deux autres thèmes n’ont pas été précisés par les autorités.