Les autorités paraguayennes ont pris leurs distances, ce lundi 7 juillet 2026, avec les propos racistes tenus la veille par une sénatrice locale à l'encontre de Kylian Mbappé. Cette réaction intervient après la victoire de l'équipe de France 1-0 face au Paraguay en quart de finale de la Coupe du monde, selon RMC Sport.
Ce qu'il faut retenir
- Le 5 juillet 2026, une sénatrice paraguayenne, Celeste Amarilla, a tenu des propos racistes envers Kylian Mbappé après le match.
- Le ministère des Affaires étrangères du Paraguay a publiquement condamné ces déclarations dans un communiqué officiel.
- Le président paraguayen Santiago Peña a adressé un courrier au président français Emmanuel Macron pour exprimer son malaise.
- La ministre paraguayenne des Sports, Marina Ferrari, et la FFF ont également réagi en condamnant ces attaques.
- Kylian Mbappé a répondu publiquement sur les réseaux sociaux en qualifiant la sénatrice de « femme méprisable et indigne de sa fonction ».
Une condamnation officielle et immédiate des autorités paraguayennes
Dès le lendemain des propos tenus par Celeste Amarilla, le ministère des Affaires étrangères du Paraguay a publié un communiqué pour se désolidariser totalement de ces déclarations. « Les propos de la sénatrice Celeste Amarilla (...) sont contraires aux valeurs et principes qui inspirent la coexistence pacifique et le respect de la dignité humaine que promeut notre pays », a indiqué l'institution dans un texte rendu public ce lundi 7 juillet. Elle a ajouté que ces propos « relèvent exclusivement de l’exercice de sa responsabilité individuelle » et « ne représentent en aucun cas la position du gouvernement de la République du Paraguay ni du peuple paraguayen ». Selon RMC Sport, cette prise de position vise à apaiser les tensions et à éviter une dégradation des relations diplomatiques entre les deux pays.
Cette réaction rapide s'explique par l'embarras des autorités locales face à ces déclarations. Le football paraguayen, déjà critiqué pour son attitude lors du match, se retrouve désormais au cœur d'une polémique bien plus large. Le ministère a rappelé que le Paraguay s'était toujours positionné en faveur du respect et de la dignité humaine, des valeurs mises à mal par les propos de la sénatrice.
Un échange diplomatique entre les présidents Peña et Macron
Le président paraguayen Santiago Peña a souhaité marquer son désaccord en s'adressant directement à son homologue français. Dans une lettre envoyée à Emmanuel Macron, il a exprimé son malaise face aux attaques racistes subies par Kylian Mbappé. « Le président de la République (Emmanuel Macron) soutient Kylian Mbappé et l’équipe de France face aux attaques racistes dont le capitaine des Bleus a fait l’objet », a fait savoir l’Élysée dans un communiqué diffusé lundi soir. Le président Peña a confirmé dans sa missive avoir condamné les propos de Celeste Amarilla, à l’instar de la position officielle du gouvernement paraguayen.
Cet échange illustre la volonté des deux pays de ne pas laisser cette affaire envenimer leurs relations. Paris et Asuncion entretiennent des liens diplomatiques stables, et la Coupe du monde, dont le Paraguay est co-organisateur, devrait encore renforcer les échanges entre les nations. Pour autant, la gestion de cette polémique montre la sensibilité du sujet et l’importance accordée au respect mutuel sur la scène internationale.
Réactions en cascade : sportives, institutionnelles et individuelles
Côté paraguayen, la ministre des Sports Marina Ferrari a tenu à apporter son soutien à Mbappé. Dans un message relayé par la presse locale, elle a exprimé sa solidarité envers le capitaine français, soulignant que le sport devait rester un vecteur de valeurs positives. De son côté, la Fédération française de football (FFF) a annoncé avoir effectué un signalement auprès du parquet pour d’éventuelles poursuites contre Celeste Amarilla. Cette décision s’inscrit dans la continuité des mesures prises pour lutter contre le racisme dans le football.
Sur le plan individuel, Kylian Mbappé a répondu avec fermeté aux attaques dont il a été la cible. Sur les réseaux sociaux, il a qualifié Celeste Amarilla de « femme méprisable et indigne de sa fonction ». Cette réplique, bien que musclée, reflète l’exaspération d’un joueur souvent en première ligne face aux dérives racistes dans le sport. Son intervention a suscité de vives réactions, certains saluant son courage tandis que d’autres y voyaient une réponse disproportionnée. Toujours selon RMC Sport, cette affaire relance le débat sur la gestion des propos haineux dans le football, un sujet récurrent lors des grands événements sportifs.
Cette affaire rappelle une fois encore que le sport, malgré ses valeurs d’unité et de fair-play, n’est pas à l’abri des tensions sociales. Pour le Paraguay, l’enjeu sera de tourner la page tout en montrant que les propos racistes ne seront pas tolérés, même émanant de ses représentants politiques.
La FFF a annoncé avoir déposé un signalement auprès du parquet. Une enquête pourrait être ouverte pour déterminer si les propos tenus par Celeste Amarilla relèvent de la diffamation ou de l’incitation à la haine, selon les éléments recueillis. Aucune décision n’a encore été prise quant à d’éventuelles poursuites.