L’île de Cuba est à nouveau privée d’électricité ce lundi 6 juillet 2026, après une déconnexion totale du réseau national, comme l’a annoncé la compagnie nationale d’électricité Union Eléctrica (UNE) sur les réseaux sociaux. Selon BFM Business, cette panne générale, qui touche l’ensemble des 9,6 millions d’habitants, est la troisième en moins de six mois et la huitième depuis fin 2024.
Ce qu'il faut retenir
- Une panne électrique générale a frappé Cuba ce lundi 6 juillet 2026, la troisième en six mois et la huitième depuis fin 2024.
- La déconnexion a été qualifiée de totale par l’Union Eléctrica (UNE), sans précision immédiate sur les causes.
- Les coupures se sont intensifiées depuis janvier 2026, après l’imposition par Washington d’un blocus pétrolier limitant les livraisons de carburant.
- À La Havane, les délestages atteignent désormais plus de 30 heures consécutives, avec des interruptions similaires en province.
- Seul un pétrolier russe, transportant 100 000 tonnes de pétrole, a été autorisé à accoster depuis janvier 2026.
- Le gouvernement cubain mise sur l’énergie solaire pour réduire sa dépendance, avec 56 parcs solaires installés entre 2025 et début 2026, représentant 10 % de la production électrique.
Un réseau électrique en crise chronique
Depuis des années, le réseau électrique cubain subit des coupures fréquentes, qu’elles soient générales ou partielles. Selon BFM Business, ces interruptions sont principalement imputables à la vétusté des infrastructures et à une pénurie de carburant. Les centrales thermiques, dont certaines fonctionnent depuis plus de quarante ans, tombent régulièrement en panne ou doivent être arrêtées pour maintenance. Elles assurent pourtant l’essentiel de la production, complétée par des groupes électrogènes alimentés au diesel.
La situation s’est encore dégradée depuis l’entrée en vigueur, en janvier 2026, du blocus pétrolier américain. Ce dernier restreint drastiquement les importations de carburant, privant le pays de ressources essentielles pour faire fonctionner ses centrales et ses groupes de secours. «
Il s’est produit une déconnexion totale du système électro-énergétique national», a déclaré l’UNE, confirmant l’ampleur de la panne sans en préciser les origines immédiates.
Des délestages de plus en plus longs et étendus
Les coupures, autrefois localisées et de courte durée, sont devenues quotidiennes et prolongées. À La Havane, les habitants subissent désormais des délestages de plus de trente heures d’affilée, tandis que les provinces connaissent des interruptions de plusieurs jours. Cette dégradation du service public aggrave les conditions de vie d’une population déjà confrontée à des pénuries récurrentes et à une économie en difficulté.
La dépendance aux importations de pétrole est un point de vulnérabilité majeur pour Cuba. Avant le durcissement de l’embargo américain, le pays recevait des livraisons régulières, notamment de Russie. Depuis janvier 2026, seul un pétrolier russe, chargé de 100 000 tonnes de pétrole, a été autorisé à accoster, un volume insuffisant pour couvrir les besoins du pays. Les autorités tentent de limiter l’impact en réduisant la consommation dans les secteurs non essentiels et en rationnant l’électricité.
Une transition énergétique en marche, mais insuffisante
Face à cette crise persistante, le gouvernement cubain a lancé un plan ambitieux de développement des énergies renouvelables. Entre 2025 et le début de 2026, 56 parcs solaires photovoltaïques ont été installés à travers l’île, avec l’aide notamment de la Chine. Ces installations représentent désormais 10 % de la production électrique nationale, contre seulement 3 % à la fin de l’année 2024. Les autorités visent un objectif de 15 % d’ici la fin 2026.
Cette transition, bien qu’encourageante, reste insuffisante pour compenser l’effondrement de la production thermique. Les énergies solaires et éoliennes, encore en phase de développement, ne peuvent combler totalement le déficit causé par le blocus pétrolier. Pour l’instant, leur apport reste marginal face à une demande qui dépasse largement les capacités de production actuelles.
Un contexte géopolitique tendu
La crise énergétique à Cuba s’inscrit dans un contexte de tensions accrues entre La Havane et Washington. L’administration américaine a resserré son embargo sur le pétrole, une mesure visant à exercer une pression économique sur le gouvernement cubain. Cette politique s’ajoute à d’autres sanctions déjà en place, limitant les échanges commerciaux et les investissements étrangers.
Selon des observateurs, cette stratégie américaine pourrait s’inscrire dans une volonté de déstabilisation du régime cubain. Pour autant, La Havane a réaffirmé sa détermination à résister, en mobilisant ses ressources limitées et en diversifiant ses partenariats énergétiques, notamment avec la Russie et la Chine.
Pour l’instant, la population cubaine doit s’adapter à des conditions de vie de plus en plus difficiles, dans l’attente d’une amélioration qui tarde à se concrétiser. La prochaine panne, si elle survient, pourrait aggraver encore une crise humanitaire déjà profonde.
Les coupures sont principalement causées par la vétusté des infrastructures électriques et une pénurie de carburant aggravée par le blocus pétrolier américain. Les centrales thermiques, vieillissantes, tombent régulièrement en panne, tandis que les groupes électrogènes, dépendants du diesel importé, ne peuvent compenser le déficit.
Le gouvernement mise sur le développement des énergies renouvelables, notamment solaire, avec l’aide de la Chine. 56 parcs solaires ont été installés entre 2025 et début 2026, portant leur contribution à 10 % de la production électrique. L’objectif est d’atteindre 15 % d’ici fin 2026.