Les détenteurs de Bitcoin qui anticipent une correction à court terme sans vouloir vendre leurs actifs disposent d’une solution technique : le hedging. Cette méthode, qui consiste à couvrir une position en ouvrant une position inverse, permet de neutraliser les pertes potentielles tout en restant exposé au marché. Cryptoast détaille cette stratégie, ses modalités pratiques, ses coûts et ses limites, selon les explications d’experts du secteur.
Ce qu'il faut retenir
- Le hedging permet de protéger un portefeuille Bitcoin sans le vendre, en ouvrant une position inverse (short) équivalente à la position spot détenue.
- Cette stratégie génère des frais : 0,015 % à 0,045 % par ordre sur la plateforme Hyperliquid, ainsi qu’un funding rate pouvant atteindre jusqu’à 8,8 % par an selon les conditions de marché.
- L’absence d’effet de levier est recommandée pour limiter les risques de liquidation, mais implique d’immobiliser un capital proche de la valeur couverte.
- Le hedging s’adresse principalement aux investisseurs à long terme ou aux traders souhaitant figer une plus-value latente sans clôturer leur position.
Une couverture pour éviter de vendre, même en cas de baisse
Le hedging, ou couverture de position, est une technique financière utilisée pour limiter l’impact d’une variation défavorable du prix d’un actif. Selon Cryptoast, cette méthode s’applique particulièrement bien au Bitcoin, dont la volatilité expose les détenteurs à des corrections brutales. Plutôt que de vendre ses Bitcoins et de sortir du marché, le hedging permet de conserver son exposition tout en neutralisant les pertes potentielles.
Concrètement, cette stratégie repose sur l’ouverture d’une position « short » (vendeuse) équivalente en valeur à la position « long » (acheteuse) détenue en Bitcoin. Si le cours du Bitcoin baisse, la perte sur la position spot est compensée par un gain sur la position short, et inversement. Le résultat est une position dite « delta-neutre », où la valeur totale du portefeuille reste stable, indépendamment des mouvements du marché. « Le hedging fige la valeur dans les deux sens », explique un expert cité par Cryptoast.
Comment mettre en place une couverture sur ses Bitcoins ?
Pour appliquer cette stratégie, il est nécessaire de recourir à une plateforme permettant de shorter le Bitcoin. Hyperliquid, une plateforme décentralisée spécialisée dans les contrats perpétuels, est présentée par Cryptoast comme l’un des outils les plus adaptés. Deux caractéristiques majeures en font un choix pertinent : son modèle non-custodial, qui garantit le contrôle total des fonds par l’utilisateur, et l’absence de date d’expiration pour les contrats perpétuels.
Voici les étapes à suivre pour couvrir un Bitcoin valant 65 000 $, selon l’exemple détaillé par Cryptoast :
- Approvisionner son compte en USDC, le stablecoin utilisé comme collatéral sur Hyperliquid. Plus la marge est élevée par rapport à la taille de la position, plus le risque de liquidation diminue.
- Ouvrir un short sur le Bitcoin d’une taille équivalente à la position spot détenue. Dans cet exemple, un short de 1 BTC compense exactement la position longue.
- Éviter l’effet de levier, qui augmente significativement le risque de liquidation. Une couverture entièrement collatéralisée (levier x1) est recommandée pour les débutants ou les profils prudents.
Une fois la couverture en place, il est possible de l’automatiser grâce à des outils comme DeFi Saver, une surcouche compatible avec Hyperliquid. Cette solution permet notamment de paramétrer des ordres « trailing », qui ajustent automatiquement la position en fonction des variations de cours, sans intervention manuelle.
Les coûts cachés du hedging : frais et funding rate
Si le hedging permet de neutraliser les pertes, il génère des frais qu’il est essentiel de prendre en compte avant de se lancer. Cryptoast en recense trois principaux : les frais de trading, le funding rate et le risque de liquidation. Les premiers s’appliquent à chaque ouverture et fermeture de position. Sur Hyperliquid, ils s’élèvent à 0,045 % en taker (ordre au marché) et 0,015 % en maker (ordre limite). Pour un short de 65 000 $ ouvert en ordre limite, cela représente environ 10 $ de frais à l’ouverture et autant à la clôture.
Le funding rate est un mécanisme spécifique aux contrats perpétuels. Il consiste en un paiement horaire entre positions longues et courtes pour aligner le prix du contrat sur le cours spot. Sur Hyperliquid, ce taux est réglé toutes les heures, contre toutes les huit heures sur la plupart des plateformes centralisées. Quand le funding est positif – une situation fréquente en marché haussier –, ce sont les positions longues qui paient les shorts. À l’inverse, un funding négatif signifie que les shorts paient, ce qui peut rendre la couverture coûteuse en période de stress. « Un funding rate de 0,0010 % par heure représente des frais annualisés d’environ 8,8 % sur la position », précise Cryptoast.
Enfin, le risque de liquidation ne concerne que les positions ouvertes avec un effet de levier. Une forte hausse du cours du Bitcoin pourrait entraîner la liquidation forcée de la position short, avec perte de la marge déposée. Pour limiter ce risque, Cryptoast recommande de privilégier une couverture sans levier, malgré l’immobilisation d’un capital important.
À qui s’adresse vraiment le hedging ?
Cette stratégie n’est pas adaptée à tous les profils. Selon Cryptoast, elle répond avant tout aux besoins des investisseurs à long terme, qui souhaitent traverser une phase baissière sans vendre leurs actifs, ou des traders cherchant à figer une plus-value latente le temps d’une zone d’incertitude. « Le hedging demande de la rigueur : dimensionnement du short, évitement du levier, suivi du funding rate », souligne un spécialiste du secteur.
Pour être efficace, cette couverture doit s’inscrire dans une stratégie globale. Les outils comme DeFi Saver ou les ordres automatisés peuvent faciliter sa mise en œuvre, mais ils ne remplacent pas une analyse préalable des risques. Cryptoast rappelle que cette technique, bien que puissante, reste complexe et coûteuse pour les débutants. « Il est préférable de bien comprendre les mécanismes avant de s’engager », conclut la publication.
Avec un cours du Bitcoin fluctuant autour de 63 923,10 $ au moment de la publication, les détenteurs d’actifs numériques restent attentifs aux outils leur permettant de gérer les risques. Le hedging, bien que technique, offre une réponse concrète pour ceux qui refusent de vendre malgré les incertitudes à court terme.
Hyperliquid est recommandée par Cryptoast pour sa structure non-custodial et ses contrats perpétuels sans date d’expiration, facilitant la mise en place d’une couverture sur le long terme.
Non, cette stratégie est complexe et coûteuse. Cryptoast souligne qu’elle nécessite une bonne compréhension des mécanismes de trading et des risques associés, notamment en cas d’utilisation d’un effet de levier.