Une initiative originale mêlant gastronomie et art vient de faire son apparition dans la presse allemande. Selon Courrier International, l’hebdomadaire Die Zeit a lancé une série culinaire intitulée « Wie gemalt », invitant des chefs étoilés à revisiter des plats inspirés de tableaux célèbres.
Le projet, qui alterne entre esthétique picturale et créativité culinaire, s’adresse à un public varié, avec des options végétariennes disponibles. Chaque recette, présentée sous forme d’assiette photographiée, est accompagnée d’une explication détaillée sur son inspiration artistique. La première édition, publiée le 7 avril 2026, mettait à l’honneur le pop art avec un gâteau à la cerise signé par la cheffe Sarah Hallmann, dont l’établissement Hallmann & Klee a été élu meilleur restaurant de Berlin en 2026.
Ce qu’il faut retenir
- Une série culinaire innovante : « Wie gemalt » propose des recettes inspirées de chefs-d’œuvre picturaux, élaborées par des chefs étoilés.
- Première édition le 7 avril 2026 : la cheffe Sarah Hallmann a présenté un gâteau à la cerise inspiré du pop art de Roy Lichtenstein.
- Un pâté de veau en croûte pour Monet : le chef Toni Mörwald propose une version du plat figurant dans le tableau « Déjeuner sur l’herbe » de Monet.
- Public varié : la rubrique inclut des options végétariennes et s’adapte à différents niveaux de compétence culinaire.
- Approche visuelle : chaque assiette est photographiée et accompagnée d’explications sur son lien avec l’art.
Un projet artistique et gastronomique
Lancée par Die Zeit, cette série culinaire se distingue par son approche hybride. Selon le journal, l’objectif est de proposer une expérience à la fois visuelle et gustative, en s’appuyant sur des mouvements artistiques variés. La rubrique alterne entre pop art, impressionnisme et autres courants, avec des recettes conçues pour être accessibles, qu’elles soient végétariennes ou non.
Le choix des chefs n’est pas anodin : chaque professionnel est sélectionné pour son expertise et sa capacité à traduire une œuvre picturale en plat. Pour Sarah Hallmann, il s’agissait de reproduire l’« esthétique de l’excès » du tableau Cherry Pie de Roy Lichtenstein (1962), en superposant des textures et des couleurs vives. Son gâteau à la cerise mariné au kirsch, posé sur une base de tarte aux amandes, illustre cette volonté de jouer avec les contrastes.
Monet et son pâté de veau en croûte
Fin avril 2026, c’est au tour de l’impressionnisme de servir d’inspiration. Le chef étoilé Toni Mörwald, directeur du restaurant Toni Mörwald & Jan-Philipp Berner à Berlin, a imaginé une recette de pâté de veau en croûte directement inspirée du tableau « Déjeuner sur l’herbe » de Monet. Ce plat, présenté comme la « pièce maîtresse » du tableau, se veut un hommage à la cuisine bourgeoise du XIXe siècle, tout en intégrant des techniques modernes.
La recette de Mörwald mise sur des ingrédients traditionnels : une farce à base de veau, de lardons et d’herbes, enveloppée dans une pâte feuilletée croustillante. Le chef souligne l’importance de la présentation, invitant à découper le pâté en tranches régulières pour révéler les couches internes, à l’image des jeux de lumière dans l’œuvre de Monet.
Une expérience à la fois simple et sophistiquée
Si l’aspect artistique est central, les recettes restent conçues pour être réalisables à la maison. Sarah Hallmann insiste sur cette accessibilité : « Plus il y a de garniture, mieux c’est ! » a-t-elle lancé à ses lecteurs, encourageant à ne pas lésiner sur les quantités pour un rendu visuellement spectaculaire. De son côté, Mörwald rappelle que l’objectif est de capturer l’esprit du tableau, sans pour autant exiger des compétences culinaires avancées.
Les photographies des assiettes, signées par le photographe Silvio Knezevic, jouent un rôle clé dans cette démarche. Elles permettent de comparer l’assiette finale avec l’œuvre originale, mettant en lumière les choix esthétiques des chefs. Pour les amateurs d’art et de cuisine, la série offre ainsi une double lecture : une exploration des techniques artistiques à travers des saveurs, et une invitation à revisiter des classiques de la peinture sous un angle inédit.
En attendant, les lecteurs de Die Zeit peuvent découvrir les recettes complètes dans l’hebdomadaire ou sur son application. Une manière de prolonger l’expérience, entre culture et gastronomie.
Pour l’instant, Die Zeit n’a pas communiqué sur les prochains thèmes. La série, lancée en avril 2026, pourrait s’étendre à d’autres courants comme le surréalisme ou le cubisme, mais aucune date n’a été annoncée.