Le 10 mai 2026, Julia et Roland Seitre, deux passagers du navire de croisière MV Hondius, étaient admis à l’hôpital Bichat à Paris pour une quarantaine stricte de 42 jours. Ils faisaient partie des 175 personnes placées en isolement après la découverte de cas d’hantavirus à bord, une maladie qui avait déjà causé trois décès et suscité une vive inquiétude à l’échelle mondiale. Selon Franceinfo – Faits divers, leur témoignage révèle les conditions strictes de ce confinement, marqué par un contact très limité avec l’extérieur et une promesse non tenue par les autorités sanitaires.

Ce qu'il faut retenir

  • 42 jours de quarantaine stricte à l’hôpital Bichat pour Julia et Roland Seitre, passagers du MV Hondius, après l’épidémie d’hantavirus à bord.
  • Le couple n’a été en contact avec le personnel médical que une dizaine de minutes par jour, selon leur témoignage.
  • Une promesse initiale de trois jours de confinement à l’hôpital, finalement prolongée à six semaines, a été dénoncée comme une « aberration » par le couple.
  • Malgré la médiatisation de l’affaire, l’ambiance à bord du navire était restée calme, selon les propos des passagers recueillis par Franceinfo.
  • Le couple a déposé un recours en justice pour terminer leur quarantaine à domicile, sans succès.

Un isolement strict dans un hôpital parisien

Dès leur arrivée à l’hôpital Bichat, Julia et Roland Seitre ont été placés en quarantaine stricte. Le 11 juin 2026, soit un mois après leur admission, Roland décrivait à Franceinfo les conditions de vie du couple : « On ne voit personne, on voit uniquement les médecins et les infirmières une dizaine de minutes par jour. Pour le reste, on est entre-soi. » Une situation d’isolement qui s’est prolongée pendant six semaines, sans visite ni contact extérieur, si ce n’est les échanges limités avec le personnel soignant.

Dans un espace réduit de 20 à 25 mètres carrés, le couple a dû composer avec l’enfermement. Julia Seitre a évoqué, lors d’un entretien avec Franceinfo, les difficultés psychologiques rencontrées : « Évidemment, quand on est entre quatre murs et qu’on a 20-25 mètres carrés à deux à partager, on fait un peu des loopings comme un hamster. » Une épreuve d’autant plus difficile que la quarantaine devait, selon les promesses initiales, être bien plus courte.

Une promesse non tenue par le ministère de la Santé

Le 22 juin 2026, après 42 jours de confinement, Julia et Roland Seitre ont enfin pu regagner leur domicile, près de Tours. Pourtant, leur retour à la normale n’a pas effacé les critiques envers les autorités sanitaires. Le couple rappelle que, lors de leur séjour sur le navire, la ministre de la Santé avait assuré aux passagers que leur quarantaine ne durerait que trois jours à l’hôpital, le temps de réaliser les tests nécessaires. « Quand on était encore sur le bateau, la ministre nous a appelés personnellement pour nous dire : “Vous serez confinés trois jours à l’hôpital, le temps que l’on réalise les tests nécessaires pour déterminer si vous êtes malades ou si, éventuellement, vous êtes porteurs du virus. Ensuite, vous irez effectuer votre quarantaine chez vous.” Ça ne s’est pas du tout passé comme ça », a expliqué Roland Seitre à Franceinfo.

Cette promesse non tenue a laissé un goût amer au couple, qui a tenté à plusieurs reprises de faire réévaluer leur situation, en vain. « Nous avons tenté de joindre les ministères et de faire réévaluer la situation, comme le décret ministériel le prévoyait, en fonction de l’évolution épidémiologique, explique Julia Seitre. Nous voyions parfaitement que le reste de l’Europe et du monde se trouvait dans des conditions différentes. » Leur recours en justice pour terminer leur quarantaine à domicile a également été rejeté.

« On s’occupe de vous, mais en réalité, on vous surveille alors que vous n’êtes pas malades. Il y avait derrière cela une forme d’aberration. »
— Julia Seitre, à Franceinfo

À bord du MV Hondius, une ambiance calme malgré la panique mondiale

Alors que l’épidémie d’hantavirus à bord du MV Hondius avait provoqué un vent de panique à l’échelle internationale, les passagers interrogés par Franceinfo décrivent une réalité bien différente. « Il n’y avait pas de panique du tout, avoue Roland Seitre. Tout le monde s’est connecté à internet et a consulté les publications scientifiques. Celles-ci étaient rassurantes. Tout le monde a eu un peu peur, mais à part ça, il n’y avait pas de panique à bord. » Une réaction qui contraste avec l’émotion suscitée par l’affaire en dehors du navire.

Cette différence de perception a marqué le couple, qui s’étonne aujourd’hui de la manière dont cet épisode a été traité par les médias et les autorités. « On est d’ailleurs assez étonnés de la différence de traitement qu’ont reçus ces événements, souligne Roland Seitre. Le monde d’aujourd’hui a davantage de problèmes, plus graves, à gérer. » Un constat qui illustre les tensions entre la gestion médiatique d’une crise sanitaire et sa réalité vécue par les personnes directement concernées.

Un projet d’écriture et le retour aux voyages

Malgré les épreuves endurées, Julia et Roland Seitre n’envisagent pas de tirer un trait définitif sur cet épisode. Le couple réfléchit actuellement à l’écriture d’un livre retraçant leur expérience, dans l’espoir de partager leur récit et de sensibiliser le public aux enjeux des quarantaines strictes. Mais leur priorité reste avant tout de tourner la page et de renouer avec leurs passions, à commencer par les voyages.

« On se projette surtout vers notre grande passion : les voyages, confie Roland Seitre. Notre prochaine destination sera l’Afrique, dans les mois à venir. » Une façon pour eux de retrouver une forme de normalité après cette épreuve, tout en gardant en mémoire les leçons de cette quarantaine imposée.

Et maintenant ?

L’affaire du MV Hondius et de l’hantavirus soulève des questions sur la gestion des quarantaines en France, notamment en matière de communication et de respect des promesses faites aux personnes concernées. Si le ministère de la Santé n’a pas réagi publiquement à ce jour, cette expérience pourrait alimenter les débats sur les protocoles à suivre en cas de crise sanitaire similaire. Le couple Seitre, quant à lui, devrait prochainement finaliser son livre, offrant un éclairage inédit sur les coulisses de cette quarantaine stricte.

Pour l’heure, Julia et Roland Seitre ont choisi de se concentrer sur l’avenir, tout en gardant une certaine amertume face à la manière dont leur situation a été gérée. Leur témoignage rappelle que, derrière les chiffres et les déclarations officielles, se trouvent des vies individuelles marquées par des choix sanitaires parfois perçus comme arbitraires.

L’hantavirus est une maladie rare transmise par les rongeurs, dont les symptômes peuvent aller de la fièvre à une insuffisance rénale ou pulmonaire sévère. Dans le cas du MV Hondius, trois passagers sont décédés, ce qui a suscité une peur mondiale, bien que la transmission interhumaine soit exceptionnelle. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les épidémies d’hantavirus restent généralement localisées et liées à l’exposition aux rongeurs.