Cinq années après sa nomination à la direction du Chaillot-Théâtre national de la danse à Paris, Rachid Ouramdane, chorégraphe et figure majeure de la scène contemporaine, revient sur son parcours et les orientations données à l’institution. Dans un entretien accordé au Monde, il évoque les défis relevés, les transformations opérées et la vision portée par son équipe depuis 2021.
Ce qu'il faut retenir
- Rachid Ouramdane dirige le Chaillot-Théâtre national de la danse depuis 2021.
- Il a été nommé à la tête de cet établissement parisien il y a cinq ans.
- L’institution parisienne est spécialisée dans la danse contemporaine et les arts de la scène.
- Ouramdane met en avant le rôle de la culture comme « visa diplomatique » pour franchir les frontières sociales ou géographiques.
- Son mandat a été marqué par une volonté de démocratisation culturelle et d’ouverture internationale.
Un mandat marqué par l’ouverture et la diversité
Depuis son arrivée à Chaillot, Rachid Ouramdane a fait de la diversité artistique et du dialogue interculturel des piliers de sa politique. Selon lui, la culture ne se contente pas d’être un miroir de la société : elle en est aussi un vecteur de transformation. « La culture est un visa diplomatique qui permet de traverser les frontières, qu’elles soient sociales ou géographiques », a-t-il déclaré au Monde. Cette vision a guidé ses choix programmatiques, avec une attention particulière portée aux artistes émergents et aux créations issues de contexts variés.
Les réalisations concrètes sous sa direction
Sous son impulsion, le théâtre a multiplié les résidences d’artistes internationaux et les coproductions avec des institutions étrangères. Plusieurs festivals et cycles de spectacles ont été lancés pour toucher de nouveaux publics, notamment en direction des jeunes et des habitants des quartiers prioritaires. Ouramdane a également veillé à ce que la programmation reflète la pluralité des expressions chorégraphiques contemporaines, du hip-hop aux formes les plus abstraites de la danse.
Un des projets phares de son mandat reste la création d’un « laboratoire chorégraphique » destiné à accompagner les talents franciliens dans leur développement artistique. Ce dispositif, soutenu par la Région Île-de-France, a déjà permis à une vingtaine de jeunes chorégraphes de bénéficier d’un soutien financier et logistique.
Un équilibre entre tradition et modernité
Tout en modernisant les outils de production et de diffusion, Ouramdane a maintenu une exigence qualitative dans la sélection des spectacles. Le théâtre a ainsi accueilli des œuvres majeures de la danse contemporaine, tout en réservant une place à des formes plus hybrides mêlant danse, musique et nouvelles technologies. Cette ligne éditoriale a contribué à renforcer le rayonnement de Chaillot au-delà des frontières parisiennes.
Le chorégraphe a aussi souligné l’importance de la transmission, notamment à travers des ateliers pédagogiques proposés dans les écoles et les conservatoires. Pour lui, « former les publics de demain, c’est aussi former ceux qui les accompagnent ».
Avec ce bilan, Rachid Ouramdane rappelle que le rôle d’un théâtre national ne se limite pas à la diffusion d’œuvres : il s’agit aussi de construire des ponts entre les cultures et de nourrir le débat public. Une mission que son équipe entend poursuivre, malgré les défis budgétaires et les incertitudes politiques qui pèsent sur le secteur culturel.
Parmi les réalisations marquantes figurent la création d’un laboratoire chorégraphique pour les jeunes talents, l’accueil de résidences d’artistes internationaux et le lancement de festivals ouverts à tous les publics. Le théâtre a également développé des ateliers pédagogiques dans les écoles et coproduit des spectacles mêlant danse, musique et nouvelles technologies.