Selon BFM Business, Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, a confirmé ce mercredi 2 septembre 2026 que le développement du futur Rafale F5 était désormais une priorité pour l’avionneur français. Interrogé lors des Rencontres des entrepreneurs de France à Paris, il a précisé que ce nouvel appareil, dont les travaux sont déjà en cours, devrait être opérationnel d’ici 2034. Une échéance qui marque un tournant pour les armées françaises, alors que le programme avait été accéléré après l’abandon du Système de combat aérien du futur (Scaf) en juin 2026.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Rafale F5 est en développement accéléré par Dassault Aviation, sans codéveloppement international à ce stade.
  • Sa mise en service est prévue pour 2034, avec une disponibilité à l’exportation à partir de 2035.
  • Le projet a été relancé après l’échec du programme Scaf, dont Dassault était le principal maître d’œuvre pour la France.
  • Éric Trappier a réaffirmé la capacité de Dassault à développer seul ce nouvel appareil, tout en n’excluant pas des coopérations industrielles futures.

Un Rafale F5 pour répondre aux besoins des armées françaises

« On travaille aujourd’hui sur ce super Rafale, qu’on appelle le Rafale F5. (...) C’est une demande des armées françaises », a déclaré Éric Trappier devant les caméras de BFM Business. Le patron de Dassault Aviation a souligné que ce nouvel appareil, plus performant que ses prédécesseurs, s’inscrivait dans une logique de modernisation accélérée des forces aériennes françaises. Alors que le ministère des Armées avait exprimé des besoins croissants en matière de supériorité aérienne et de polyvalence, le Rafale F5 se positionne comme une réponse directe à ces exigences.

Le calendrier annoncé par Dassault Aviation reste ambitieux. Selon Éric Trappier, l’appareil devrait être prêt pour une entrée en service opérationnel vers 2034, avec une fenêtre d’exportation ouverte dès 2035. Une stratégie qui vise à consolider la position de leader de Dassault sur le marché mondial des avions de combat, face à une concurrence accrue, notamment américaine et chinoise.

L’échec du Scaf accélère le développement du Rafale F5

Le lancement du Rafale F5 s’inscrit dans un contexte marqué par l’abandon du programme Scaf, un projet européen d’avion de combat du futur. Porté par la France, l’Allemagne et l’Espagne, le Scaf devait aboutir à un appareil révolutionnaire, fruit d’une coopération entre Dassault Aviation et Airbus. Pourtant, en juin 2026, les négociations ont achoppé sur des divergences industrielles majeures, notamment sur la répartition des tâches et la gouvernance du projet.

Face à cet échec, la France a choisi de miser sur une solution nationale. « Pourquoi faire un regroupement capitalistique pour faire un avion si on sait déjà faire un avion avec un seul constructeur ? », a souligné Éric Trappier. L’avionneur français a ainsi repris en main le développement d’un appareil capable de rivaliser avec les dernières générations d’avions de combat, tout en conservant une autonomie stratégique. Dassault n’exclut cependant pas de futures coopérations industrielles, notamment pour des composants spécifiques ou des partenariats technologiques.

« C'est pour être au rendez-vous de 2033, 2035. (...) Il n'y a pas aujourd'hui de codéveloppement avec des pays étrangers. Par contre, c'est un standard et un avion – parce que l'avion sera un petit peu plus développé – qu'on pourra proposer à partir de 2035 à l'exportation. »
— Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation

Une souveraineté industrielle à préserver

L’annonce d’Éric Trappier intervient alors que la France cherche à renforcer son autonomie dans le domaine de la défense aérienne. Le Rafale F5, en tant que plateforme moderne et polyvalente, incarne cette volonté de réduire les dépendances technologiques. Contrairement au Scaf, qui reposait sur une collaboration européenne complexe, le Rafale F5 mise sur une industrialisation nationale, avec un calendrier resserré pour répondre aux impératifs opérationnels des armées.

Pour Dassault Aviation, ce choix s’accompagne d’une réflexion sur la modularité de l’appareil. « On peut faire des coopérations. C’est ce qu’on proposera », a ajouté Éric Trappier. Si aucun accord n’est encore signé, l’avionneur pourrait s’ouvrir à des partenariats ponctuels, notamment pour des systèmes d’armes ou des composants électroniques. Une approche pragmatique, qui permettrait de concilier souveraineté industrielle et innovation technologique.

Et maintenant ?

D’ici 2034, Dassault Aviation devra concrétiser le développement du Rafale F5 tout en maintenant ses engagements industriels existants. La phase d’essais en vol et de certification constituera une étape clé, avec des retombées attendues sur l’ensemble de la filière aéronautique française. Parallèlement, l’avionneur pourrait engager des discussions avec des partenaires potentiels pour des coopérations technologiques, sans pour autant sacrifier son indépendance industrielle. Pour les armées françaises, l’enjeu sera de valider rapidement les capacités opérationnelles de ce nouvel appareil, afin de combler le retard accumulé après l’abandon du Scaf.

La question d’un éventuel élargissement du Rafale F5 à d’autres pays européens pourrait également se poser dans les années à venir. Alors que l’Allemagne et l’Espagne ont montré un intérêt pour un appareil de nouvelle génération, leur participation au Scaf pourrait être réévaluée. Pour Dassault, l’objectif reste clair : proposer un avion compétitif sur le marché international, tout en consolidant la position de la France comme puissance aérienne majeure.

Dassault Aviation n’a pas détaillé publiquement les spécifications exactes du Rafale F5. Cependant, selon les informations disponibles, il s’agira d’une version profondément modernisée, intégrant des avancées en matière d’avionique, de furtivité, de motorisation et de systèmes d’armes. L’appareil devrait également bénéficier d’une architecture ouverte pour faciliter les mises à jour logicielles et l’intégration de nouveaux équipements.