La France va devoir revoir le financement de son futur avion de combat Rafale F5. Selon Capital, les Émirats arabes unis ont finalement décidé de ne plus participer au projet, mettant fin à une collaboration initialement prévue. Cette décision intervient après une rencontre tendue, en décembre 2025 à Abou Dhabi, entre le président français Emmanuel Macron et le Cheikh Mohamed bin Zayed Al Nahyan. Malgré les discussions, aucun compromis n’a pu être trouvé sur les conditions de participation des Émirats au développement de ce programme stratégique.
Le contentieux porte sur l’accès aux technologies sensibles du Rafale F5. Les Émirats souhaitaient être associés de manière étroite au projet, notamment pour bénéficier des dernières innovations en matière d’optronique — des systèmes permettant de détecter et d’identifier des cibles à distance sans alerter l’ennemi. Face au refus français de partager ces secrets industriels, Abu Dhabi a choisi de se retirer du financement. Une décision qualifiée d’« arrogance » par les responsables émiratis, selon les informations rapportées par Capital.
Ce qu'il faut retenir
- Les Émirats arabes unis ne financeront plus le Rafale F5, faute d’accord sur l’accès aux technologies sensibles.
- Une rencontre entre Emmanuel Macron et le Cheikh Mohamed bin Zayed Al Nahyan, en décembre 2025 à Abou Dhabi, n’a pas permis de résoudre l’impasse.
- Le refus français de partager les secrets de l’optronique du Rafale F5 a conduit Abu Dhabi à se retirer du projet.
- Le coût du programme, estimé à 5 milliards d’euros, sera désormais entièrement supporté par la France, initialement prévue pour une participation de 3,5 milliards.
- Le Rafale F5 intégrera un radar AESA, des capteurs infrarouges améliorés et une connectivité avancée, avec des livraisons décalées en raison du financement étalé.
- Des négociations seraient en cours pour relancer le partenariat, notamment dans un contexte géopolitique marqué par la guerre en Iran.
Un désengagement après des mois de tensions
Le retrait des Émirats arabes unis du projet Rafale F5 marque un tournant dans une collaboration qui semblait pourtant promise à un bel avenir. Les deux pays avaient engagé des discussions approfondies pour définir les modalités d’une participation émiratie, mais les divergences sont apparues rapidement. D’un côté, Paris refusait catégoriquement de partager les innovations technologiques de l’appareil, notamment celles liées à l’optronique, un domaine où la France dispose d’une avance stratégique. De l’autre, Abu Dhabi exigeait un accès direct à ces technologies, condition sine qua non pour justifier un investissement de plusieurs milliards d’euros.
Cette situation a conduit à un blocage persistant, malgré les efforts diplomatiques déployés lors de la rencontre entre les deux dirigeants en décembre 2025. « Aucune issue n’a été trouvée », confirme Capital, soulignant que les attentes des deux parties étaient irréconciliables. Les Émirats ont donc fait le choix de se retirer, privant Dassault Aviation d’un partenaire clé pour le développement de cet avion de nouvelle génération.
Un financement intégral pour la France, mais des retards annoncés
Avec le retrait des Émirats, le financement du Rafale F5 repose désormais intégralement sur les épaules de l’État français. Le coût total du programme, estimé à 5 milliards d’euros, avait été initialement réparti entre Paris et Abu Dhabi, ce dernier devant contribuer à hauteur de 3,5 milliards. Ce désengagement va contraindre le ministère des Armées à étaler les dépenses dans le temps, ce qui entraînera inévitablement des décalages dans les livraisons des appareils au standard F5.
Ce contretemps technique s’ajoute aux défis industriels déjà importants liés au développement de cette nouvelle version du Rafale. Le F5 représente une évolution majeure, voire une rupture technologique, avec l’intégration de systèmes de combat collaboratifs. Le ministère des Armées devra donc ajuster sa stratégie industrielle pour maintenir le calendrier, tout en garantissant la disponibilité des fonds nécessaires. Une équation complexe dans un contexte budgétaire déjà contraint.
Le Rafale F5, un avion de combat nouvelle génération
Le Rafale F5 ne se contente pas d’améliorer les performances de son prédécesseur : il incarne une véritable révolution dans le domaine des avions de combat. Selon les informations relayées par BFMTV et confirmées par plusieurs sources, cet appareil intégrera un radar AESA de nouvelle génération, des capteurs infrarouges améliorés et une guerre électronique renforcée. Ces innovations en feront un « système de systèmes », capable de collaborer en temps réel avec d’autres avions, des drones et des satellites.
Parmi les avancées les plus marquantes, le F5 sera en mesure de contrôler des drones de combat furtifs dérivés du nEUROn, spécialisés dans la reconnaissance, le brouillage ou les frappes. Un démonstrateur dédié a d’ailleurs été présenté dès 2023. Autre innovation majeure : l’emport du futur missile nucléaire hypersonique ASN4G, dont l’intégration est prévue pour 2035 afin de remplacer l’ASMPA-R. Ces caractéristiques positionnent le Rafale F5 comme l’un des avions de combat les plus avancés au monde, capable de rivaliser avec les appareils américains ou chinois.
Des négociations toujours possibles
Malgré l’échec de la rencontre de décembre 2025, des sources proches du dossier interrogées par Capital laissent entrevoir une possible reprise des discussions. Le contexte géopolitique a en effet profondément évolué depuis le début de l’année 2026, avec la guerre en Iran qui a rebattu les cartes de la sécurité régionale. Dans ce nouvel environnement, les priorités des deux pays pourraient évoluer, rendant possible un rapprochement inattendu.
Pour Dassault Aviation et le ministère des Armées, l’enjeu est double : préserver les intérêts industriels français tout en évitant une rupture définitive avec Abu Dhabi. Le Rafale F5 reste un projet stratégique pour la souveraineté française, mais son succès dépendra aussi de sa capacité à séduire des partenaires internationaux. La guerre en Iran pourrait, à ce titre, jouer un rôle d’accélérateur, en rappelant à tous l’importance de disposer d’un avion de combat performant et indépendant.
L’incertitude actuelle rappelle aussi les défis auxquels la France est confrontée dans ses partenariats industriels de défense. Entre exigences de souveraineté et impératifs économiques, Paris doit naviguer avec prudence pour ne pas compromettre l’avenir de son fleuron aéronautique.
