Le député européen Raphaël Glucksmann a choisi les Docks d’Aubervilliers pour tenir son tout premier grand meeting public ce samedi 14 juin à 18h30, selon BFM - Politique. Cet événement, qui réunira plusieurs figures du Parti socialiste, marque une étape symbolique dans la montée en puissance du leader de Place publique, désormais troisième homme des élections européennes derrière Jordan Bardella et Valérie Hayer.
Ce qu'il faut retenir
- Raphaël Glucksmann organise son premier meeting public ce samedi 14 juin à 18h30 aux Docks d’Aubervilliers, avec la présence attendue de plusieurs membres du PS
- Il a obtenu 14,2 % des voix aux européennes, talonnant Valérie Hayer (14,9 %), et se positionne comme le principal rival de Jean-Luc Mélenchon à gauche
- Le leader de Place publique rejette toute participation à une primaire de la gauche et prône une union « sans LFI » pour les prochaines échéances
- Un sondage Elabe pour BFMTV et La Tribune Dimanche place le RN largement en tête du premier tour de la présidentielle 2027, avec Jordan Bardella en position de force face à Édouard Philippe
- Glucksmann appelle à un « nouveau contrat patriotique » et refuse de « fuir le débat migratoire », tout en plaidant pour une convention citoyenne sur l’immigration
Un meeting inaugural pour affirmer une nouvelle dynamique à gauche
Le rassemblement prévu ce samedi aux Docks d’Aubervilliers s’annonce comme un moment clé pour Raphaël Glucksmann. Plusieurs personnalités du Parti socialiste, dont Yannick Jadot, Carole Delga et Laurence Tubiana, devraient y participer, selon les informations rapportées par BFM - Politique. Ce meeting intervient alors que le leader de Place publique cherche à s’imposer comme une alternative crédible à Jean-Luc Mélenchon au sein de la gauche. Avec un score de 14,2 % aux élections européennes, il a dépassé ses concurrents directs du PS et confirme ainsi sa position de troisième homme derrière Jordan Bardella (31,5 %) et Valérie Hayer (14,9 %).
Cette performance électorale a permis à Glucksmann de distancer les autres candidats de gauche, y compris ceux du Parti socialiste traditionnel, et de se poser en figure centrale pour les prochaines échéances. « Nous allons sillonner le pays durant trois mois avant de décider si je serai candidat en 2027 », a-t-il indiqué, confirmant ainsi son intention de préparer une éventuelle campagne présidentielle. Il a également réaffirmé son refus de participer à une primaire de la gauche, qualifiant cette idée de « truc d’appareils qui produit une synthèse molle ».
Glucksmann mise sur une gauche « démocrate » et rejette les alliances avec LFI
Face à Jean-Luc Mélenchon, principal rival à gauche dans les sondages, Raphaël Glucksmann cultive une opposition frontale. Il a récemment accusé le leader de La France insoumise d’être devenu « le Jean-Marie Le Pen de notre époque », en réponse aux moqueries de Mélenchon sur son nom de famille lors d’un meeting. « La gauche démocrate est majoritaire à gauche, et nous allons le montrer à Mélenchon », a-t-il déclaré, réaffirmant sa volonté de représenter une alternative « sans LFI ».
Cette ligne politique s’accompagne d’une critique acerbe des alliances locales entre le PS et La France insoumise, qu’il juge « ni éthiquement justes, ni électoralement payantes ». Lors des municipales, il a par exemple dénoncé les accords entre LFI, le PS et les écologistes comme un « risque majeur pour notre identité politique ». Cette position tranchée lui vaut des soutiens, mais aussi des critiques au sein même de son camp, où certains appellent à une union plus large pour faire barrage à l’extrême droite.
Présidentielle 2027 : un contexte politique marqué par la montée du RN
Le paysage politique français est aujourd’hui dominé par la perspective d’une victoire du Rassemblement national, selon les derniers sondages. Un baromètre Elabe pour BFMTV et La Tribune Dimanche, publié début juin, donne Jordan Bardella largement en tête du premier tour de la présidentielle, avec un score estimé à plus de 30 %. Au second tour, seul Édouard Philippe pourrait le battre, selon les projections. Ces chiffres renforcent l’urgence pour la gauche de trouver une issue unie, alors que les discussions pour un « Nouveau Front populaire » s’intensifient en vue des législatives anticipées des 30 juin et 7 juillet.
Raphaël Glucksmann, qui se présente comme une figure capable de fédérer au-delà des clivages traditionnels, a appelé à « hiérarchiser les périls » face à la menace de l’extrême droite. Dans une tribune publiée dans Le Monde, il a également proposé le nom de Laurent Berger, ancien secrétaire général de la CFDT, pour incarner une alternative crédible à Matignon. « Ce serait l’antithèse du président », a-t-il souligné, tout en posant cinq conditions pour une union de la gauche : pas de retour au « sectarisme » de la Nupes, une ligne claire sur l’immigration et la laïcité, et un engagement sans ambiguïté contre l’antisémitisme.
Une stratégie médiatique et politique sous le feu des projecteurs
La personnalité de Raphaël Glucksmann, mais aussi sa relation avec la journaliste Léa Salamé, nouvelle présentatrice du 20 Heures de France 2, alimentent les débats. Si Glucksmann se présente à la présidentielle, Salamé a indiqué qu’elle se mettrait « en retrait » du journal télévisé, comme elle l’avait fait précédemment lors de ses candidatures européennes. Cette situation pose la question de la neutralité médiatique, d’autant plus que Glucksmann multiplie les interventions dans les médias pour promouvoir ses idées.
Par ailleurs, le leader de Place publique a pris position sur plusieurs sujets internationaux, comme la guerre en Ukraine. Il a estimé que « les Européens sont seuls face à Poutine » après la suspension de l’aide militaire américaine, et a appelé à une réponse unie du continent. Il a également critiqué le retour de Donald Trump au pouvoir aux États-Unis, y voyant « une leçon » pour les Français avant la présidentielle de 2027. Enfin, il a demandé aux États-Unis de « rendre la statue de la Liberté » après avoir accusé Washington de « basculer du côté des tyrans » en raison de sa position sur l’Ukraine.
D’ici là, son meeting d’Aubervilliers servira de premier test pour mesurer l’étendue de son influence et la solidité de son réseau. Les alliances qu’il parviendra à nouer, ou à éviter, avec les autres forces de gauche seront scrutées de près, tout comme sa capacité à proposer une alternative crédible face à l’extrême droite.
Le leader de Place publique a expliqué à plusieurs reprises qu’il refuse de participer à une primaire qu’il juge « molle » et dominée par les appareils politiques. Il a déclaré que cette formule ne produirait qu’une « synthèse molle » et a préféré mettre en avant son propre projet politique, sans passer par ce processus. Cette position le place en opposition directe avec des figures comme François Ruffin ou Marine Tondelier, qui appellent à une grande primaire ouverte à toute la gauche.
Léa Salamé, compagne de Raphaël Glucksmann et nouvelle présentatrice du 20 Heures de France 2, a indiqué qu’elle se mettrait « en retrait » du journal télévisé si son compagnon se présentait à la présidentielle. Cette décision s’inscrit dans la continuité de sa précédente prise de distance lors des élections européennes de 2024, où elle avait déjà cédé sa place à France Inter. La question de la neutralité médiatique est donc au cœur des débats, d’autant plus que Glucksmann est une figure politique en pleine ascension.