Le parti d’extrême droite français continue de nourrir une relation complexe avec le football, notamment l’équipe de France, selon Le Monde – Politique. Depuis des années, le Rassemblement National (RN) s’est davantage illustré par ses critiques et ses polémiques à l’égard des joueurs qu’il n’a apporté son soutien lors des compétitions internationales majeures. Ce positionnement contraste avec l’ambition affichée par d’autres forces politiques, qui cherchent à capter l’adhésion des supporters et des instances du sport roi en France.
Ce qu'il faut retenir
- Le RN a régulièrement critiqué l’équipe de France, notamment en pointant des joueurs issus de l’immigration ou des « symboles communautaires » dans l’hymne national.
- Le parti peine à trouver des soutiens influents au sein des fédérations ou des clubs professionnels.
- Les grandes compétitions internationales (Coupe du monde, Euro) n’ont jamais vu de mobilisation officielle du RN en faveur des Bleus.
- Cette méfiance réciproque s’inscrit dans un contexte où le football est devenu un enjeu politique et social en France.
Des critiques récurrentes envers l’équipe de France
Depuis plusieurs années, des figures du RN, à l’image de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella, n’ont pas hésité à interpeller publiquement l’équipe de France. En 2021, après la victoire des Bleus en finale de l’Euro, Jordan Bardella avait ainsi déclaré : « L’équipe de France a gagné, mais pas la France ». Ces propos, qui avaient suscité une vague de critiques, illustraient la défiance du parti envers une équipe perçue comme un symbole de la « France multiculturelle ».
D’autres déclarations, comme celles de Marine Le Pen en 2018, avaient également pointé du doigt des joueurs « communautaristes » ou critiqué le choix de l’hymne national, La Marseillaise, jugé trop violent. Autant de prises de position qui ont alimenté une image de parti éloigné des valeurs portées par le football français.
Un soutien rare et peu visible lors des compétitions
Malgré l’engouement populaire autour des grandes compétitions, le RN n’a que rarement affiché son soutien aux Bleus. Lors de la Coupe du monde 2018, remportée par la France, le parti n’a organisé aucune manifestation officielle ni même relayé les performances de l’équipe. Seuls quelques élus locaux, comme Éric Ciotti, ont exprimé leur fierté, mais sans donner lieu à une mobilisation nationale.
Cette absence de soutien visible contraste avec d’autres partis, comme La République en Marche (LREM) ou Les Républicains (LR), qui ont multiplié les prises de parole pour saluer les succès des Bleus. Même Jean-Luc Mélenchon, leader de La France Insoumise, avait affiché son soutien à l’équipe de France en 2021, une posture qui reste aux antipodes de celle du RN.
Un manque de relais dans le monde du football
Le RN peine également à s’appuyer sur des figures influentes du football français. Aucune personnalité majeure du monde sportif n’a publiquement affiché son soutien au parti. Les présidents de clubs, les entraîneurs ou les anciens joueurs, souvent sollicités lors des campagnes électorales, restent discrets sur leurs positions politiques.
Cette absence de relais s’explique en partie par l’image sulfureuse du RN, mais aussi par la nature même du football, un sport qui se veut rassembleur et qui évite généralement les prises de position partisanes. Les fédérations, comme la Fédération Française de Football (FFF), n’ont jamais officialisé de partenariat avec le parti, malgré les sollicitations répétées.
Pour l’instant, la méfiance entre le RN et le football persiste. Si les Bleus continuent de soulever l’enthousiasme national, le parti d’extrême droite reste cantonné dans un rôle de spectateur critique, sans jamais s’imposer comme un acteur central du débat sportif.