Comme le rapporte Euronews FR, Ratko Mladić, l’ancien commandant militaire serbe de Bosnie condamné pour génocide et crimes de guerre, est décédé le 27 août 2026 à l’âge de 84 ans dans un hôpital pénitentiaire de La Haye, aux Pays-Bas. Ce décès intervient alors que le criminel de guerre purgeait une peine de réclusion à perpétuité pour son rôle dans l’un des chapitres les plus sombres de l’histoire européenne récente.

Condamné pour son implication dans le génocide de Srebrenica en 1995 et le siège de Sarajevo, Mladić était considéré comme l’un des principaux responsables des atrocités commises durant la guerre de Bosnie-Herzégovine (1992-1995). Selon nos confrères de Euronews FR, il a passé quinze années en fuite avant d’être arrêté en 2011 en Serbie, près de deux décennies après les faits.

Ce qu'il faut retenir

  • 84 ans : âge de Ratko Mladić au moment de son décès, survenu le 27 août 2026 à La Haye.
  • Période de fuite : 15 ans entre son premier acte d’accusation en 1995 et son arrestation en 2011.
  • Condamnation : réclusion à perpétuité par le TPIY pour génocide, crimes contre l’humanité et violations des lois de la guerre.
  • Srebrenica : reconnu coupable de l’exécution sommaire de plus de 8 000 Bosniaques en juillet 1995.
  • Siège de Sarajevo : a duré près de quatre ans, avec des bombardements et des tirs de snipers ciblant les civils.

Un militaire au cœur des violences ethniques des années 1990

Ratko Mladić, officier de carrière de l’armée yougoslave, a joué un rôle central dans la guerre de Bosnie-Herzégovine, qui éclata après la déclaration d’indépendance du pays en mars 1992. Soutenu par le gouvernement de Belgrade dirigé par Slobodan Milošević, il a dirigé des opérations militaires visant à « nettoyer » les territoires bosniaques des Bosniaques et des Croates, selon les rapports du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY).

Son nom est indissociable du siège de Sarajevo, qui débuta en avril 1992 et dura jusqu’en février 1996. Postées sur les collines dominant la capitale, les forces sous son commandement ont mené une campagne systématique de bombardements et de tirs de snipers contre les populations civiles, faisant des milliers de morts. Ce siège, le plus long de l’histoire moderne, a marqué durablement la ville et ses habitants.

Le génocide de Srebrenica, symbole de l’horreur

Le 11 juillet 1995, les forces serbes de Bosnie, placées sous l’autorité de Mladić, s’emparèrent de l’enclave de Srebrenica, alors déclarée « zone sûre » par l’ONU. En quelques jours, plus de 8 000 Bosniaques musulmans — principalement des hommes et des adolescents — furent exécutés sommairement. Ces massacres, considérés comme le pire crime contre l’humanité commis en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, ont valu à Mladić le surnom de « Boucher des Balkans ».

Le TPIY a confirmé en 2017 que ces actes constituaient un génocide. Mladić était également accusé d’avoir orchestré des campagnes de terreur, de persécutions et de déplacements forcés contre les populations non-serbes, notamment dans les régions de Prijedor et de Zvornik. Ces actions s’inscrivaient dans une stratégie plus large de partition ethnique de la Bosnie-Herzégovine.

Une cavale de quinze ans avant la justice

Le premier acte d’accusation contre Mladić fut émis par le TPIY le 25 juillet 1995, alors qu’il occupait encore le poste de commandant en chef de l’état-major de l’armée des Serbes de Bosnie. Pourtant, il continua à diriger les opérations militaires jusqu’en novembre 1996, avant de disparaître. Pendant quinze ans, il bénéficia de complicités au sein des services de renseignement et de l’armée serbe, lui permettant d’échapper à la justice.

Il ne fut arrêté que le 26 mai 2011, dans un village du nord de la Serbie, au domicile d’un membre de sa famille. Son arrestation, saluée par les autorités internationales, marqua un tournant dans la lutte contre l’impunité pour les crimes de guerre en ex-Yougoslavie. Transféré à La Haye, il fut jugé dans le cadre du procès de l’affaire « Mladić », aux côtés de l’ancien président des Serbes de Bosnie, Radovan Karadžić.

Une santé déclinante en détention

Durant ses années d’emprisonnement, la santé de Mladić s’est progressivement détériorée. Selon des membres de sa famille cités par Euronews FR, il a été victime de plusieurs accidents vasculaires cérébraux, ce qui a nécessité des hospitalisations répétées. Ces problèmes de santé ont conduit à son transfert dans un hôpital pénitentiaire, où il est décédé le 27 août 2026, comme l’a confirmé la chaîne publique serbe RTS.

Son décès survient alors que le TPIY a achevé ses travaux en 2017, laissant place au Mécanisme pour les Tribunaux pénaux internationaux (MTPI), chargé d’achever les procédures en cours. Aucune information n’a été communiquée sur les circonstances exactes de sa mort, mais les autorités pénitentiaires néerlandaises ont confirmé qu’il était décédé de cause naturelle.

Et maintenant ?

Avec la disparition de Mladić, le chapitre judiciaire lié à l’un des conflits les plus meurtriers d’Europe s’achève officiellement. Pour les familles des victimes de Srebrenica et de Sarajevo, sa mort ne rendra pas justice aux disparus, mais elle pourrait permettre à certaines communautés de tourner une page douloureuse. Les associations de victimes, comme le Centre de recherche et de documentation de Sarajevo, appellent désormais à la préservation des preuves et des témoignages pour que l’histoire ne soit pas réécrite. Reste à voir si ce décès suscitera de nouvelles initiatives pour retrouver les derniers fugitifs encore recherchés pour crimes de guerre dans la région.

La mort de Mladić rappelle également l’importance des mécanismes internationaux de justice transitionnelle. Alors que les Balkans restent marqués par les divisions ethniques et les récits contradictoires de l’histoire, des questions se posent sur la manière dont les jeunes générations aborderont ce passé. Certains experts estiment que des efforts éducatifs renforcés pourraient éviter que de tels crimes ne se reproduisent, mais le chemin vers une réconciliation durable reste long et semé d’embûches.

Ratko Mladić a été reconnu coupable de deux chefs de génocide — notamment pour les massacres de Srebrenica en 1995 — de crimes contre l’humanité, de violations des lois ou coutumes de la guerre, et d’un chef de génocide pour les persécutions commises dans plusieurs municipalités de Bosnie. Ces condamnations ont été prononcées par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) en novembre 2017.

Slobodan Milošević, alors président de la Serbie, a apporté un soutien logistique, financier et militaire aux forces serbes de Bosnie dirigées par Mladić. Des documents du TPIY ont établi des liens étroits entre Belgrade et les dirigeants serbes de Bosnie, notamment dans la planification des opérations militaires et la mise en place de l’État parallèle serbe en Bosnie-Herzégovine.