Dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), une nouvelle attaque attribuée au groupe armé des Forces démocratiques alliées (ADF) a causé la mort d’au moins treize civils dans la nuit du vendredi 7 au samedi 8 août 2026, dans le territoire de Mambasa, en province de l’Ituri. L’information, rapportée par RFI, s’appuie sur les éléments recueillis par l’organisation de défense des droits humains Protection Plus. Les habitants et les associations locales dénoncent une recrudescence de ces violences, alors même que la Mission de stabilisation de l’ONU en RDC (Monusco) est présente dans la région.
Ce qu'il faut retenir
- Au moins treize civils tués lors d’une attaque nocturne dans le territoire de Mambasa, en Ituri, attribuée aux ADF.
- L’attaque s’est déroulée entre le vendredi 7 et le samedi 8 août 2026.
- Un village entièrement incendié au cours de l’opération.
- Les victimes et les associations dénoncent la persistance des violences malgré la présence de la Monusco.
Une attaque nocturne aux conséquences dramatiques
Selon les premiers éléments communiqués par Protection Plus, l’assaut a visé plusieurs localités du territoire de Mambasa, dans la province de l’Ituri, une région régulièrement touchée par les violences armées. Les ADF, groupe islamiste originaire d’Ouganda mais actif en RDC depuis des années, sont régulièrement pointés du doigt pour leur implication dans des exactions contre les populations civiles. L’attaque, qui s’est produite dans la nuit, a laissé derrière elle un bilan humain lourd, avec au moins treize victimes identifiées à ce stade.
Outre les morts, les assaillants ont également incendié un village entier, réduisant en cendres des habitations et des biens appartenant aux habitants. Les dégâts matériels restent encore à évaluer, mais la violence de l’attaque suggère des pertes économiques significatives pour une population déjà fragile. Les autorités locales n’ont pas encore réagi publiquement à cet événement.
Un contexte de violences récurrentes malgré la présence de la Monusco
Les habitants et les organisations de défense des droits humains s’indignent de la persistance des violences dans la région, alors que la Monusco est déployée en RDC depuis 2010. Malgré la présence de cette force de l’ONU, les attaques des groupes armés se multiplient, notamment dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Les critiques à l’encontre de la Monusco sont récurrentes, ses détracteurs lui reprochant un manque d’efficacité dans la protection des civils.
Pourtant, la Mission insiste régulièrement sur les défis auxquels elle est confrontée, notamment l’insécurité généralisée, l’étendue du territoire à couvrir et les difficultés logistiques. Dans un communiqué récent, la Monusco avait rappelé que son mandat, centré sur la protection des civils et le soutien aux autorités congolaises, ne lui permettait pas de garantir une sécurité totale dans un contexte aussi volatile. Les associations locales, elles, appellent à un renforcement des moyens alloués à la protection des populations.
Les ADF, un groupe aux racines régionales et une menace persistante
Les Forces démocratiques alliées (ADF) sont nées en Ouganda dans les années 1990, avant de s’implanter en RDC après avoir été chassées de leur pays d’origine. Classé comme organisation terroriste par plusieurs États, dont les États-Unis et l’Ouganda, le groupe est accusé de multiples exactions : enlèvements, massacres, pillages et attentats à la bombe. Leur idéologie mêle nationalisme ougandais et islamisme radical, ce qui rend leur profil particulièrement complexe à appréhender pour les forces de sécurité régionales.
En RDC, les ADF sont souvent associés à des attaques dans les zones frontalières, où leur présence perturbe la stabilité depuis plus de deux décennies. Leur mode opératoire, incluant des incursions rapides et des retraites vers des zones difficiles d’accès, complique les efforts des armées congolaise et ougandaise pour les neutraliser. Malgré plusieurs opérations militaires conjointes, le groupe parvient à maintenir une activité significative.
La situation dans l’Ituri reste donc sous haute tension, avec une population civile prise en étau entre des groupes armés toujours actifs et des forces de sécurité dont l’efficacité est régulièrement questionnée. L’enquête sur les circonstances précises de cette attaque et l’identification des responsables devraient se poursuivre dans les prochains jours, alors que les familles des victimes commencent à faire leur deuil.