Plusieurs villages situés à l’ouest de Bunia, en province de l’Ituri (nord-est de la République démocratique du Congo), ont été la cible d’attaques menées par le groupe armé des Forces démocratiques alliées (ADF) ce week-end des 28 et 29 mars 2026. Selon RFI, ces offensives ont entraîné l’enlèvement de plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de civils, selon des sources locales encore en cours de vérification.

Les localités touchées se trouvent dans une zone déjà fragilisée par une recrudescence des violences attribuées aux ADF depuis plusieurs semaines. Ces attaques surviennent alors que la population civile paie un lourd tribut dans un contexte de tensions persistantes dans cette région riche en ressources naturelles mais minée par l’insécurité.

Ce qu'il faut retenir

  • Quatre villages à l’ouest de Bunia (Ituri) ont été ciblés lors d’attaques menées par les ADF les 28 et 29 mars 2026.
  • Plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de civils ont été enlevés selon des premières estimations, mais le bilan reste en cours de vérification.
  • Cette série d’attaques s’inscrit dans une recrudescence des violences des ADF en Ituri depuis plusieurs semaines.
  • La province de l’Ituri, riche en ressources, est régulièrement secouée par des conflits armés impliquant divers groupes et milices.

Une nouvelle vague d’attaques ciblant des villages isolés

Les assaillants ont frappé au moins quatre localités situées à l’ouest de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri. Selon des témoignages recueillis par RFI, les ADF ont procédé à des enlèvements massifs, visant principalement des civils. Les raisons de ces attaques restent floues, mais elles pourraient s’inscrire dans une stratégie de déstabilisation plus large de la région.

Les autorités locales n’ont pas encore communiqué de bilan officiel, et les opérations de recherche des disparus se poursuivent. Les zones rurales, souvent difficiles d’accès, rendent l’évaluation précise de la situation complexe, d’autant que les communications sont parfois coupées dans les heures qui suivent les attaques.

Un groupe armé aux méthodes brutales

Les ADF, initialement actifs en Ouganda avant de s’implanter en RDC dans les années 1990, sont connus pour leurs méthodes violentes. Classées comme organisation terroriste par plusieurs pays, ces forces utilisent régulièrement des enlèvements, des meurtres ciblés et des attaques contre les populations civiles pour semer la terreur et contrôler des territoires riches en minerais.

Leur expansion en Ituri, notamment dans des zones frontalières avec l’Ouganda et la Centrafrique, s’est accompagnée d’une augmentation des exactions. En février 2026, un rapport de l’ONU avait déjà alerté sur la montée en puissance des ADF, soulignant leur capacité à mener des opérations de plus en plus audacieuses.

« Les ADF multiplient les attaques dans une zone où l’État peine à imposer son autorité. Ces enlèvements de civils visent à affaiblir la cohésion sociale et à renforcer leur emprise sur les ressources locales », a indiqué un chercheur en sécurité africain cité par RFI.

L’Ituri, une province sous tension permanente

L’Ituri, riche en or, en coltan et en pétrole, est depuis des années un théâtre de conflits entre groupes armés, milices locales et forces de sécurité. Les populations civiles, prises en étau, subissent régulièrement des violences, des déplacements forcés et des violations des droits humains. Les Nations unies maintiennent une présence militaire dans la région, mais la stabilisation reste un défi majeur.

Les attaques récentes des ADF surviennent dans un contexte où les tensions intercommunautaires et les rivalités pour le contrôle des ressources aggravent une situation humanitaire déjà critique. Selon l’ONU, plus de 5 millions de personnes sont déplacées en Ituri et dans les provinces voisines, en raison des conflits armés et des violences intercommunautaires.

Et maintenant ?

Les autorités congolaises, avec l’appui des forces onusiennes, devraient renforcer les patrouilles dans les zones touchées et accélérer les recherches pour localiser les disparus. Une réunion d’urgence du comité provincial de sécurité est prévue pour ce 31 mars 2026, afin d’évaluer les mesures à prendre. Dans l’immédiat, la priorité reste la sécurisation des zones rurales et la protection des civils, alors que le risque de nouvelles attaques ne peut être exclu.

Cette nouvelle série de violences rappelle l’urgence d’une solution politique et sécuritaire durable en Ituri. Malgré les opérations militaires en cours, l’absence de gouvernance locale solide et les rivalités pour les ressources continuent de nourrir l’instabilité. Pour les populations, le retour à une vie normale semble encore lointain.

Les Forces démocratiques alliées (ADF) sont un groupe armé d’origine ougandaise, actif en RDC depuis les années 1990. Classé comme organisation terroriste par plusieurs pays, ce groupe est connu pour ses méthodes brutales, incluant enlèvements, meurtres et attaques contre les populations civiles. En Ituri, leur objectif semble être de contrôler des territoires riches en ressources naturelles, tout en affaiblissant l’autorité de l’État congolais. Leurs attaques visent souvent à semer la terreur et à forcer les déplacements de populations pour faciliter leur mainmise sur les zones stratégiques.