Selon RFI, les chercheurs en environnement et les acteurs de la société civile de Lubumbashi s’opposent à la construction d’un cimetière moderne à proximité du site de captage d’eau de la Regideso. Cette mobilisation s’appuie sur des craintes de pollution des ressources hydriques et d’impact sur la nappe aquifère, qui fournit près de 80 % de l’eau potable consommée dans la ville.

Ce qu'il faut retenir

  • Un projet de cimetière moderne est contesté à Lubumbashi en raison de sa proximité avec le principal site de captage d’eau de la Regideso.
  • Les opposants craignent une pollution de la nappe phréatique et un risque de tarissement des ressources en eau potable.
  • Ce site alimente 80 % de la population de Lubumbashi en eau potable.
  • La Regideso, gestionnaire du réseau, indique s’en remettre aux autorités pour trancher sur ce dossier.
  • Les chercheurs et la société civile demandent un arbitrage basé sur des études environnementales approfondies.

Un projet contesté pour des raisons environnementales

À Lubumbashi, deuxième ville de la République démocratique du Congo, un projet de cimetière moderne suscite une vive opposition. Les craintes portent principalement sur les risques de contamination des nappes phréatiques, alimentées par le site de captage de la Regideso. Selon les experts locaux, l’implantation d’un tel équipement à proximité des infrastructures hydrauliques pourrait compromettre la qualité de l’eau distribuée à la population. « La pollution des sols et des eaux souterraines serait inévitable », a déclaré un chercheur en environnement sous couvert d’anonymat, cité par RFI.

Le site de captage en question joue un rôle stratégique : il fournit près de 80 % de l’eau potable consommée par les quelque deux millions d’habitants de Lubumbashi. Les opposants au projet estiment qu’il est donc impératif d’évaluer rigoureusement les impacts potentiels avant toute décision. Bref, l’enjeu dépasse le simple aménagement urbain pour toucher à la santé publique et à la gestion des ressources naturelles.

La Regideso adopte une position attentiste

Côté gestionnaire du réseau, la Regideso, société publique en charge de la production et de la distribution d’eau potable en RDC, adopte une posture prudente. « Nous nous en remettons aux autorités compétentes pour gérer ce dossier », a indiqué un porte-parole de l’entreprise à RFI. Aucune étude d’impact environnemental n’a été rendue publique à ce stade, et le calendrier des décisions reste flou.

Cette position laisse planer une incertitude sur l’avenir du projet. Les autorités locales n’ont pas encore tranché, et les acteurs de la société civile appellent à une consultation large, incluant les experts indépendants et les populations concernées. Pour l’heure, aucune date n’a été avancée pour une prise de décision officielle, ce qui maintient le débat en suspens.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient voir l’émergence de nouvelles consultations ou études d’impact, si les pressions des chercheurs et de la société civile se maintiennent. Une décision rapide serait nécessaire pour éviter tout risque de contamination, mais elle dépendra des arbitrages politiques. Une réunion entre les parties prenantes est évoquée, sans date précise pour l’instant.

Reste à savoir si les autorités privilégieront les impératifs sanitaires ou les logiques d’aménagement urbain. Une chose est sûre : le dossier sera suivi de près par les habitants, dont la survie dépend en grande partie de la qualité de l’eau de la Regideso.

Les cimetières modernes utilisent des produits chimiques pour l’embaumement et des matériaux non biodégradables, qui peuvent s’infiltrer dans les sols et contaminer les nappes phréatiques. À proximité d’un site de captage, ce risque est accru, car les infrastructures hydrauliques puisent directement dans la nappe concernée.