Le groupe Rebirth, propriétaire des marques Solex, Gitane, Angell et Cowboy, est au cœur d’un litige avec Saint-Lô Agglo, qui menace de l’expulser de son usine normande. Selon Frandroid, cette situation repose sur un désaccord financier et un désaccord de fond sur la production effective de vélos électriques dans l’établissement.
Ce qu'il faut retenir
- Le groupe Rebirth est menacé d’expulsion de l’usine de Saint-Lô, qu’il loue à Saint-Lô Agglo.
- Le différend porte sur un litige de TVA estimé à 800 000 euros et sur l’absence apparente de production de vélos électriques dans l’usine.
- Le président de Saint-Lô Agglo, Fabrice Lemazurier, affirme que l’expulsion est justifiée et détaille les raisons de cette décision.
- Le patron de Rebirth, Grégory Trebaol, conteste cette version et assure qu’aucune procédure d’expulsion n’est engagée.
Un conflit financier et industriel à Saint-Lô
À Saint-Lô, en Normandie, la tension est montée d’un cran entre le groupe Rebirth et Saint-Lô Agglo. Le premier, spécialisé dans la fabrication de vélos électriques sous plusieurs marques emblématiques, est accusé de ne pas produire suffisamment de vélos dans l’usine qu’il occupe. Selon Frandroid, cette situation s’ajoute à un litige fiscal de longue date : un différend sur la TVA, s’élevant à 800 000 euros, que Rebirth n’aurait pas réglé.
Le président de Saint-Lô Agglo, Fabrice Lemazurier, a pris la parole pour expliquer les motivations de cette menace d’expulsion. « On ne peut pas laisser une usine occuper un site sans en tirer une production concrète », a-t-il déclaré, soulignant que l’objectif de l’agglomération était de récupérer le bâtiment pour un usage industriel adapté. Autant dire que, côté agglo, le constat est sans appel : Rebirth ne remplit pas sa mission.
Rebirth conteste et évoque un malentendu
Face à ces accusations, Grégory Trebaol, le patron de Rebirth, adopte une position diamétralement opposée. Il affirme qu’aucune procédure d’expulsion n’est officiellement engagée et que le groupe est en négociation avec Saint-Lô Agglo. Pour lui, le litige de TVA est au cœur du problème, et non un éventuel manque de production. « C’est clair : c’est terminé », a-t-il lancé, suggérant que la relation entre les deux parties est rompue.
Rebirth met en avant ses activités industrielles, notamment via ses marques Solex, Gitane, Angell et Cowboy, toutes actives dans le secteur des deux-roues électriques. Pourtant, côté agglo, on estime que l’usine ne sert pas à grand-chose. « Cette usine ne sort pas de vélos », a martelé Fabrice Lemazurier, pointant du doigt l’absence de lignes de production visibles sur place.
Les arguments de Saint-Lô Agglo détaillés
Pour justifier sa position, Saint-Lô Agglo a listé plusieurs griefs contre Rebirth. Outre le litige de TVA, l’agglomération reproche au groupe de ne pas respecter les engagements pris lors de la location de l’usine. Le bâtiment, initialement destiné à une production industrielle, serait aujourd’hui sous-utilisé, voire inactif. Fabrice Lemazurier a précisé que des « demandes répétées d’explications et de preuves de production » ont été adressées à Rebirth, sans réponse satisfaisante.
L’agglomération a également rappelé que l’usine de Saint-Lô avait été conçue pour soutenir l’économie locale, notamment dans le secteur des mobilités douces. Or, selon elle, Rebirth n’aurait pas tenu ses promesses, préférant se concentrer sur d’autres sites ou sous-traitants. « Nous avons le devoir de veiller à ce que les locaux publics soient utilisés à bon escient », a-t-il insisté.
Quoi qu’il en soit, cette affaire illustre les tensions croissantes entre collectivités locales et industriels, notamment dans un secteur en pleine mutation comme celui des mobilités électriques. Reste à savoir si Rebirth parviendra à concilier ses ambitions industrielles avec les exigences de ses partenaires publics.