L’intelligence artificielle s’impose comme un allié précieux dans le commerce en ligne, et plus particulièrement dans le secteur du reconditionné. Selon Futura Sciences, la startup française Combak a lancé Sam, un agent conversationnel dédié, capable de croiser les offres de smartphones reconditionnés avec les besoins spécifiques des consommateurs. Une initiative qui répond à une demande croissante, alors que le marché du reconditionné pèse désormais plusieurs milliards d’euros en France.
Ce qu'il faut retenir
- Un smartphone sur cinq vendu en France est reconditionné, avec une croissance annuelle de 15 à 20 %.
- 60 % des consommateurs trouvent l’offre de reconditionné « confuse ou difficile à comparer », selon un sondage OpinionWay.
- L’agent IA Sam de Combak s’appuie sur plus de 40 000 offres en temps réel et mémorise les préférences des utilisateurs pour affiner ses recommandations.
- 31 % des cyberacheteurs français utilisent déjà l’IA générative pour leurs achats en ligne, un chiffre qui atteint 49 % chez les 15-24 ans.
- Combak vise une augmentation de 10 à 25 % du taux de conversion et de 15 à 30 % du panier moyen grâce à Sam.
Un marché en pleine expansion, mais encore complexe
Le marché du reconditionné n’est plus une niche militante, mais bien un segment majeur de l’économie française. Selon Futura Sciences, près d’un smartphone sur cinq vendu en France provient du reconditionné, avec une croissance annuelle de 15 à 20 %. Cette dynamique s’explique en partie par l’inflation, qui pousse les consommateurs à privilégier des alternatives moins chères. Pourtant, malgré cette popularité croissante, 60 % des acheteurs potentiels estiment que l’offre reste « confuse ou difficile à comparer », d’après un sondage OpinionWay. Un tiers des Français ont déjà renoncé à un achat reconditionné faute de s’y retrouver, en raison de conditions variables selon les vendeurs, de garanties divergentes ou de prix fluctuants.
Sam, l’agent IA qui réinvente le conseil en ligne
Pour répondre à ces défis, Combak a développé Sam, un agent conversationnel spécialisé dans le reconditionné. Contrairement à un chatbot classique, Sam s’appuie sur les données propriétaires de l’entreprise, accumulées depuis la création de son comparateur, utilisé par plus d’un million de Français. L’outil est connecté en temps réel à plus de 40 000 offres issues d’un réseau de marchands partenaires. « En tant que comparateur, on travaille déjà avec tous ces marchands, on a une connexion à leur catalogue, et donc ça nous permet d’avoir vraiment la donnée qui est en temps réel », explique Tom Rouchy, cofondateur de Combak.
Sam ne se contente pas de comparer les prix. Il évalue la qualité des appareils selon les critères des revendeurs, identifie les garanties les plus avantageuses ou encore détecte si un prix est au plus bas historique. L’agent mémorise également les préférences de l’utilisateur pour affiner ses recommandations au fil des interactions. « L’ambition numéro une, c’était d’apporter plus de valeurs aux consommateurs et plus de réassurance », déclare Tom Rouchy. L’idée est de recréer l’expérience du conseiller de confiance, « l’ami à qui on pourrait demander des recommandations ».
« L’ambition numéro une, c’était d’apporter plus de valeurs aux consommateurs et plus de réassurance. »
L’IA agentique, un acteur clé du commerce en ligne
L’essor de Sam s’inscrit dans une tendance plus large : celui du commerce agentique, où l’intelligence artificielle joue un rôle central dans l’expérience d’achat. En France, près d’un cyberacheteur sur trois (31 %) recourt déjà à l’IA générative pour ses emplettes numériques, selon une étude Odoxa publiée par la Fevad. Ce chiffre atteint 49 % chez les 15-24 ans et 46 % chez les 25-34 ans. À l’échelle mondiale, Sopra Steria projette que 310 milliards d’euros de transactions pourraient être assistées par l’IA agentique dans les dix prochaines années, d’après une enquête menée auprès de 8 400 consommateurs dans huit pays. Combak mise sur ce créneau pour se différencier : « On voit que ça aide à la prise de décision, à apporter de la réassurance et ça permet de voir les cas d’usage derrière les recherches », se félicite Tom Rouchy.
Un secteur en mutation, mais des défis persistants
Trente jours après son déploiement, les premiers retours sur Sam sont encourageants. L’agent contribue à structurer un marché qui a pris une nouvelle dimension ces dernières années, avec des garanties allongées, un contrôle qualité industrialisé et une standardisation progressive des grades. Pourtant, des obstacles subsistent. Tom Rouchy pointe notamment l’extension de la taxe copie privée aux produits reconditionnés comme les smartphones. « Un même appareil peut donc être taxé deux fois, à l’achat neuf, puis au reconditionnement », dénonce-t-il. Cette mesure, incompréhensible selon lui, fait mécaniquement monter le prix de l’appareil et s’applique indépendamment du prix de vente. Une situation d’autant plus paradoxale que le reconditionné est souvent présenté comme une alternative plus durable et économique.
Dans un contexte où les consommateurs recherchent à la fois des économies et une consommation plus responsable, les outils comme Sam pourraient bien devenir incontournables. Reste à savoir si l’intelligence artificielle parviendra à transformer une offre complexe en une expérience fluide et transparente. Une question qui dépasse le simple cadre technologique pour toucher à l’avenir même du commerce en ligne.