Deux guides de haute montagne français, Mathéo Jacquemoud et Samuel Equy, ont pulvérisé le record de l’ascension à ski du Mont Blanc, selon Le Figaro. En partant de Chamonix samedi à l’aube, ils ont atteint le sommet des Alpes en 4 heures et 41 minutes, améliorant de deux minutes la performance établie par l’Italien William Boffelli en 2025. Une performance qui s’inscrit dans une série de succès pour Jacquemoud, déjà auteur de plusieurs records hivernaux.

Ce qu'il faut retenir

  • 4h41 : le temps record établi pour un aller-retour Chamonix-Mont Blanc à ski, battant le précédent record de William Boffelli (4h43) datant de moins d’un an.
  • Partis à 1 000 mètres d’altitude depuis l’église de Chamonix, les deux guides ont gravi les 3 806 mètres de dénivelé en respectivement 3h41 et 3h42.
  • La descente a été effectuée en moins d’une heure, bouclant ainsi un parcours traditionnel en un temps record.
  • Mathéo Jacquemoud, déjà détenteur de plusieurs records, vient d’enchaîner deux exploits majeurs en quelques semaines : le record Chamonix-Zermatt en 13h27 et cette ascension du Mont Blanc.
  • Les deux athlètes ont souligné l’importance de leur complicité pour réaliser cet objectif, malgré des conditions exigeantes en fin de saison.

Un duo soudé et des conditions exigeantes

Samedi matin, à l’aube, les deux hommes ont quitté Chamonix, skis sur le dos, pour s’attaquer à l’un des défis les plus emblématiques des Alpes. Le parcours, long de près de 20 kilomètres à l’aller, a exigé une ascension technique et physique, avec des passages escarpés et des conditions météo changeantes. Samuel Equy a pris la tête pendant la majeure partie de la montée, tandis que Mathéo Jacquemoud, mieux acclimaté après quatre ascensions récentes du Mont Blanc, a maintenu un rythme soutenu.

La descente, bien que plus rapide, a nécessité une vigilance constante pour éviter les pièges de la neige et des crevasses, particulièrement sur le glacier du Dôme du Goûter. Les deux guides ont respecté la tradition en terminant leur parcours devant l’église de Chamonix, comme le font généralement les alpinistes après un aller-retour au sommet.

Jacquemoud en quête de performances hivernales

Ce record s’ajoute à une saison particulièrement prolifique pour Mathéo Jacquemoud. Il y a trois semaines seulement, il avait déjà battu, avec son partenaire italien, le temps de référence pour la traversée Chamonix-Zermatt, en 13 heures, 27 minutes et 49 secondes. Un exploit qui démontre sa maîtrise des longues distances en conditions hivernales.

Quelques jours plus tôt, il avait également relevé un défi encore plus ambitieux : traverser l’intégralité des Alpes, de Vienne à Nice, en vingt jours, sans moyens motorisés et dans des conditions hivernales difficiles. Une performance qui a confirmé son statut d’expert des expéditions en milieu extrême.

« Je ne sais pas encore vraiment pourquoi j’ai tenté ce record. J’y pensais moins ces derniers temps, voire plus du tout. Mais le faire avec Sam est sans doute la motivation principale. C’était dur. Dans la montée, Sam était toujours devant. Je pense que ma bonne acclimatation – j’ai fait quatre Mont Blanc ces derniers temps – m’a vraiment servi. Je suis très content de finir ma saison sur cette réussite… treize ans après mon premier record et avec Sam. »

Mathéo Jacquemoud, après l’ascension record

Un record qui s’inscrit dans l’histoire de l’alpinisme

L’ascension à ski du Mont Blanc est une épreuve mythique, prisée des alpinistes et des skieurs de haute montagne pour son exigence technique et physique. Si les ascensions à pied restent majoritaires, les performances à ski se multiplient depuis une décennie, grâce aux progrès du matériel et à l’amélioration des techniques de progression.

Le précédent record avait été établi par William Boffelli, un alpiniste italien réputé, en avril 2025. Depuis, plusieurs tentatives avaient échoué, notamment en raison de conditions météo défavorables ou de chutes de neige rendant le parcours trop dangereux. La performance de Jacquemoud et Equy prend donc d’autant plus de valeur qu’elle intervient en fin de saison, lorsque les conditions deviennent généralement plus aléatoires.

Et maintenant ?

Si ce record constitue une étape majeure pour l’alpinisme hivernal, il reste à voir s’il sera battu dans les prochains mois. Les spécialistes s’interrogent déjà sur la possibilité d’une nouvelle tentative, peut-être dès l’automne prochain, lorsque les conditions de neige seront à nouveau optimales. Mathéo Jacquemoud n’a pas évoqué de nouveaux projets immédiats, préférant savourer cette fin de saison.

Pour Samuel Equy, ce record pourrait marquer le début d’une collaboration plus régulière avec Jacquemoud, les deux hommes partageant une même vision de l’alpinisme rapide et engagé. Une chose est sûre : leur exploit va inspirer d’autres athlètes à repousser les limites de l’endurance en montagne.

Une saison riche pour l’alpinisme français

Ce record s’inscrit dans un contexte où l’alpinisme français brille particulièrement sur la scène internationale. Après plusieurs années marquées par des exploits en escalade libre ou en himalayisme, les performances hivernales confirment l’excellence des guides tricolores. Mathéo Jacquemoud, déjà auteur de plusieurs records en ski de randonnée, confirme ainsi son statut de figure majeure de la discipline.

Les clubs alpins et les fédérations devraient s’emparer de cette performance pour promouvoir les disciplines de vitesse en montagne, notamment auprès des jeunes générations. Une tendance qui pourrait se renforcer avec l’évolution des conditions climatiques, rendant certaines ascensions plus accessibles en hiver.

Reste à savoir si ce record résistera longtemps. Avec l’amélioration constante du matériel et des techniques d’entraînement, les prochaines années pourraient voir des temps encore plus serrés. Pour l’heure, Jacquemoud et Equy peuvent savourer leur succès, symbole d’un alpinisme moderne, rapide et spectaculaire.

Mathéo Jacquemoud n’a pas annoncé de nouveau projet immédiat. Dans ses déclarations, il a simplement évoqué sa satisfaction d’avoir terminé sa saison sur cette réussite. Il pourrait, à l’avenir, se concentrer sur d’autres défis hivernaux ou des expéditions plus longues, comme celle qu’il a réalisée entre Vienne et Nice.