Le nombre de personnes disposant d’un patrimoine dépassant le million de dollars a atteint un niveau sans précédent en 2025. Selon BFM Business, s’appuyant sur l’étude annuelle du cabinet Capgemini publiée ce jeudi 4 juin, la planète comptait 25,3 millions de millionnaires, soit une progression de 7,9 % en un an. Leur fortune globale a elle aussi battu des records, s’élevant à 98 300 milliards de dollars, en hausse de 8,7 % sur un an. Ces chiffres marquent la plus forte augmentation annuelle enregistrée depuis 2018.

Ce qu'il faut retenir

  • En 2025, 25,3 millions de personnes dans le monde possédaient un patrimoine supérieur à un million de dollars, selon Capgemini.
  • Leur fortune totale a atteint 98 300 milliards de dollars, un record en hausse de 8,7 % sur un an.
  • La croissance est portée par les performances des marchés boursiers, notamment liés à l’intelligence artificielle.
  • 1 % des millionnaires détiennent 34,8 % de cette richesse totale.
  • L’Asie-Pacifique enregistre la plus forte progression du nombre de millionnaires (+9,4 %), suivie de l’Amérique du Nord (+9,1 %).
  • L’Europe affiche une hausse de 6,5 %, tirée par l’Allemagne et le Luxembourg, tandis que le Moyen-Orient recule de 1,4 %.

Une expansion mondiale portée par les marchés financiers

L’embellie des marchés d’actions a été le principal moteur de cette hausse. Comme l’indique Capgemini, « les marchés d’actions, portés par les hausses liées à l’intelligence artificielle, ont constitué le moteur principal de la création de richesse des personnes fortunées dans cinq des six grandes régions géographiques examinées ». En Amérique du Nord, les États-Unis ont enregistré la plus forte augmentation en valeur absolue, avec 736 000 nouveaux millionnaires supplémentaires, portant leur total à 8,7 millions. Cette progression de 9,2 % s’explique notamment par la baisse des taux de la Fed et l’enthousiasme autour des technologies liées à l’IA.

L’Europe en retrait, sauf pour l’Allemagne et le Luxembourg

Après un recul en 2024, l’Europe a renoué avec la croissance en 2025, avec une hausse de 6,5 % du nombre de millionnaires. Cependant, cette progression reste inégale selon les pays. L’Allemagne (+11,1 %) et le Luxembourg (+13,5 %) tirent leur épingle du jeu, loin devant la France, qui n’a enregistré qu’une croissance de 2,7 %. « Les investisseurs européens se sont emballés pour les entreprises de la défense et le plan d’investissement public massif promis en Allemagne », souligne l’étude. Les places boursières européennes ont d’ailleurs connu des performances remarquables : Francfort a progressé de 23,01 %, Milan de 31,46 %, Londres de 21,51 %, tandis que Paris affichait une hausse plus modérée de 10,41 %.

L’Asie-Pacifique en tête des progressions

C’est en Asie-Pacifique que la croissance du nombre de millionnaires a été la plus marquée, avec une progression de 9,4 %. Ce bond s’explique en grande partie par l’essor des semi-conducteurs, avec le Japon et la Chine en première ligne. Bref, cette région confirme son statut de moteur de la richesse mondiale, portée par l’innovation technologique et l’industrialisation rapide. En Amérique latine, la hausse est plus timide (+0,3 %), tandis qu’en Afrique, elle atteint 4,1 %. À l’inverse, le Moyen-Orient est la seule région à afficher un recul (-1,4 %), principalement en raison de la baisse des prix pétroliers.

Une concentration extrême de la richesse

Malgré cette expansion, la répartition des fortunes reste extrêmement inégale. Selon Capgemini, « la richesse des personnes fortunées demeure très concentrée : 1 % d’entre elles détiennent 34,8 % de cette richesse ». Cette concentration s’observe aussi parmi les ultra-fortunés, c’est-à-dire les personnes disposant d’un patrimoine d’au moins 30 millions de dollars. Leur nombre a progressé de 9,4 %, atteignant environ 250 000 individus, tandis que leur fortune globale a augmenté de 9,7 %.

Wall Street et les indices boursiers en ébullition

Les performances des marchés financiers ont joué un rôle clé dans cette dynamique. Aux États-Unis, malgré les droits de douane imposés par l’administration américaine, les indices de Wall Street ont bénéficié de baisses de taux de la Réserve fédérale et de l’engouement pour l’intelligence artificielle. Les principaux indices ont enregistré des hausses comprises entre 13 % et 20 %. Cette tendance reflète un contexte économique où l’innovation technologique et les politiques monétaires accommodantes ont favorisé la création de richesse, notamment pour les ménages les plus aisés.

Et maintenant ?

Les perspectives pour 2026 dépendront largement de l’évolution des politiques monétaires des grandes banques centrales, en particulier de la Fed, ainsi que de la capacité des marchés à maintenir leur dynamisme. Les spécialistes s’interrogent également sur l’impact des tensions géopolitiques et des fluctuations des prix des matières premières, notamment du pétrole, sur les fortunes des ultra-fortunés. Reste à voir si la concentration de la richesse continuera de s’accentuer ou si les politiques fiscales mises en place dans certains pays, comme l’Europe, parviendront à redistribuer une partie de cette manne.

Si la croissance des fortunes des millionnaires a été spectaculaire en 2025, son maintien à ce niveau dépendra donc de facteurs économiques et géopolitiques difficiles à anticiper. Une chose est sûre : la concentration de la richesse restera au cœur des débats sur les inégalités dans les années à venir.

Le cabinet de conseil considère comme millionnaire toute personne disposant d’un patrimoine investissable supérieur à un million de dollars, hors résidence principale. Ce calcul inclut les actifs financiers, immobiliers et autres investissements, mais exclut la valeur du logement occupé par le propriétaire.