À deux jours du référendum islandais sur la reprise des négociations d’adhésion à l’Union européenne, la campagne bat son plein dans la capitale, Reykjavik. Comme le rapporte RFI, les militants des deux camps s’activent jusqu’au dernier moment pour convaincre les électeurs indécis, dans un scrutin qui pourrait redéfinir les relations de l’île avec Bruxelles.

Ce qu'il faut retenir

  • Le référendum islandais sur la reprise des négociations d’adhésion à l’UE se tiendra dans 48 heures.
  • À Reykjavik, les partisans du « oui » et du « non » multiplient les meetings et les échanges pour rallier les derniers indécis.
  • Le vote porte spécifiquement sur la relance des discussions en vue d’une éventuelle adhésion, suspendues depuis 2015.
  • Les sondages montrent une division de l’opinion, avec un avantage ténu pour le camp du « oui ».

Un scrutin aux enjeux économiques et identitaires

Ce référendum intervient après des années de débats houleux en Islande sur la question européenne. D’après RFI, les partisans du « oui » mettent en avant les bénéfices économiques d’une adhésion, comme l’accès à des fonds structurels et une meilleure intégration aux marchés européens. À l’inverse, les opposants, souvent portés par des mouvements nationalistes, craignent une perte de souveraineté, notamment dans les domaines de la pêche et de l’énergie.

Les discussions techniques avec Bruxelles avaient été suspendues il y a plus d’une décennie, après que les Islandais eurent rejeté par référendum en 2015 la conclusion d’un accord d’adhésion déjà négocié. Depuis, le sujet reste un marqueur politique fort dans le pays, où l’UE est perçue à la fois comme un partenaire indispensable et une menace pour l’identité nationale.

Reykjavik, épicentre d’une campagne serrée

Dans les rues de la capitale, les affiches des deux camps se font face. Selon nos confrères de RFI, les militants du « oui » organisent des réunions publiques dans les quartiers centraux, tandis que les partisans du « non » misent sur des rassemblements en périphérie, où le sentiment eurosceptique est plus marqué. Les réseaux sociaux jouent également un rôle clé, avec des campagnes ciblées visant à mobiliser les jeunes électeurs, traditionnellement plus favorables à l’Europe.

Un militant du « oui », rencontré par RFI, a souligné que « l’Islande a tout à gagner à rejoindre le marché unique, ne serait-ce que pour sécuriser ses exportations de produits de la mer ». De son côté, une figure du « non » a rappelé que « l’adhésion impliquerait l’abandon de notre monnaie, la couronne islandaise, et une dépendance accrue aux décisions de Bruxelles ».

Les sondages laissent planer le doute

Les derniers sondages, publiés ce week-end, donnent un avantage de trois à cinq points au camp du « oui », mais avec une marge d’erreur significative. Comme le révèle RFI, près de 30 % des électeurs se déclarent encore indécis, ce qui laisse présager une campagne de dernière minute intense. Les analystes soulignent que le taux de participation sera déterminant, un faible afflux aux urnes pouvant fausser le résultat.

Les bureaux de vote ouvriront demain à 9 heures et fermeront à 22 heures, heure locale. Les résultats devraient être connus dans la nuit de vendredi à samedi, après le dépouillement des votes par correspondance, qui représentent environ 40 % du total.

Et maintenant ?

Quel que soit l’issue du scrutin, les conséquences politiques pourraient être majeures. Un « oui » pourrait relancer les négociations avec l’UE dès l’automne 2026, avec pour objectif une adhésion d’ici 2030. À l’inverse, un « non » confirmerait le rejet persistant de l’adhésion, tout en ouvrant des discussions sur des alternatives, comme un accord de libre-échange renforcé. Les prochaines semaines diront si l’Islande choisit une nouvelle voie ou confirme son statut de partenaire particulier de l’Europe.

Ce référendum s’inscrit dans un contexte plus large de montée des nationalismes en Europe du Nord, où plusieurs pays scrutent avec attention le choix islandais. Les observateurs internationaux, notamment au sein de l’UE, suivront de près les résultats, qui pourraient influencer d’autres débats similaires dans la région.