Le groupe français de spiritueux Rémy Cointreau annonce un objectif ambitieux : augmenter son bénéfice opérationnel de 100 millions d’euros d’ici à l’exercice 2028-2029. Une ambition qui intervient dans un contexte marqué par une chute des ventes dans le secteur du cognac, selon Le Monde. Le marché, historiquement porteur pour le groupe, subit depuis plusieurs trimestres les effets d’un ralentissement de la demande, notamment en Chine et aux États-Unis, deux des principaux débouchés pour les spiritueux haut de gamme.
Ce qu'il faut retenir
- Rémy Cointreau prévoit une augmentation de 100 millions d’euros de son bénéfice opérationnel d’ici 2028-2029.
- Cette ambition intervient dans un secteur en crise, avec une baisse des ventes de cognac en Chine et aux États-Unis.
- Le groupe mise sur des stratégies de diversification pour atteindre cet objectif.
Un secteur en difficulté malgré des fondamentaux solides
Le cognac, fleuron de l’exportation française, traverse une période délicate. Les ventes de spiritueux premium, comme ceux produits par Rémy Cointreau, reculent depuis 2023, en partie à cause d’un ralentissement économique en Chine, où la demande en produits de luxe s’est affaiblie. Aux États-Unis, autre marché clé, la consommation d’alcools haut de gamme a également marqué le pas, affectée par l’inflation et un changement des habitudes de consommation. Pourtant, le cognac reste un produit d’exception, avec une image de qualité et d’élégance qui perdure depuis des décennies.
Face à ce contexte, Rémy Cointreau mise sur une stratégie de diversification pour compenser la baisse des ventes. Le groupe, qui possède des marques comme Rémy Martin, Cointreau ou Mount Gay, mise sur l’innovation et l’expansion géographique pour maintenir sa croissance. « Nous devons adapter notre offre aux nouvelles attentes des consommateurs tout en valorisant notre héritage », a déclaré un porte-parole de l’entreprise auprès du Figaro en mars 2026.
Un plan d’action axé sur la rentabilité et l’efficacité
Pour atteindre son objectif de 100 millions d’euros supplémentaires, Rémy Cointreau compte sur plusieurs leviers. D’abord, une optimisation des coûts dans sa chaîne de production et sa logistique, afin d’améliorer ses marges sans sacrifier la qualité. Ensuite, le groupe mise sur le développement de ses produits phares dans des marchés émergents, comme l’Inde ou le Moyen-Orient, où la demande en spiritueux reste dynamique. Enfin, une attention particulière sera portée sur la stratégie digitale, avec un renforcement des ventes en ligne et une personnalisation de l’expérience client.
Ces mesures s’inscrivent dans un plan plus large, baptisé « Rémy Cointreau 2030 », qui vise à faire du groupe un leader incontournable des spiritueux premium. « Notre objectif n’est pas seulement de résister à la crise, mais de rebondir plus fort », a précisé le directeur général de l’entreprise lors d’une conférence de presse en mai 2026. Le groupe table sur une reprise progressive du marché du cognac d’ici 2027, mais compte sur ses initiatives pour d’ores et déjà améliorer sa rentabilité.
Un pari risqué dans un marché incertain
Malgré les défis, Rémy Cointreau dispose d’atouts majeurs. Sa marque Rémy Martin, synonyme de luxe et de tradition, reste une valeur sûre, tandis que Cointreau, avec son liqueur d’orange emblématique, bénéficie d’une notoriété mondiale. Le groupe peut également s’appuyer sur son réseau de distributeurs et son savoir-faire historique dans l’élaboration de spiritueux. Cependant, la concurrence s’intensifie, avec des acteurs comme Pernod Ricard ou Diageo qui misent aussi sur l’innovation pour conquérir de nouveaux marchés.
Les analystes soulignent que le pari de Rémy Cointreau est audacieux. « Le secteur du cognac a connu des cycles de baisse par le passé, mais la situation actuelle est particulière, car elle touche plusieurs marchés simultanément », explique un expert du secteur. Le groupe devra donc faire preuve de pragmatisme pour concilier ambition et réalisme.
La crise du cognac s’explique par plusieurs facteurs : un ralentissement économique en Chine, où la demande en produits de luxe a fortement diminué, ainsi qu’une baisse de la consommation aux États-Unis, affectée par l’inflation et un changement des habitudes de consommation. La concurrence accrue et les tensions géopolitiques jouent également un rôle dans ce contexte difficile.