Alors que la plupart des modèles électriques de Renault sont assemblés en France, la nouvelle Twingo, promise à un prix inférieur à 20 000 euros, sort des chaînes de l’usine Revoz de Novo mesto, en Slovénie. Selon Numerama, qui a visité le site le 19 mai 2026, ce choix s’explique moins par une logique de réduction des coûts que par l’histoire industrielle et les compétences spécifiques de cette usine, unique en Slovénie.
Ce qu'il faut retenir
- La production de la nouvelle Renault Twingo a débuté en février 2026 dans l’usine slovène de Novo mesto, et non en France comme les autres modèles électriques du groupe.
- L’usine Revoz, partenaire de Renault depuis 1972, a déjà produit plus de 5,1 millions de véhicules pour le constructeur, dont 1,6 million de Twingo.
- La ligne d’assemblage slovène est équipée de technologies de pointe : automatisation à 97 % dans l’atelier de tôlerie, contrôles qualité par IA, et microphones ultrasensibles pour détecter les bruits parasites.
- La production actuelle tourne à 300 véhicules par jour, mais l’usine prévoit d’embaucher 400 à 500 employés supplémentaires d’ici la fin de l’année pour monter en puissance.
- La Clio V, actuellement assemblée à Novo mesto, cédera sa place à d’autres modèles d’ici la fin 2026, notamment des cousines Dacia et Nissan développées sur la même plateforme.
Une usine historique, loin des clichés du « low cost »
L’usine Revoz de Novo mesto, en Slovénie, n’a rien d’un site de sous-traitance bon marché. Selon Numerama, elle est même le berceau des petites citadines de Renault depuis plus de cinq décennies. Depuis son partenariat avec le constructeur français en 1972, l’usine a produit plus de 5,1 millions de véhicules, dont 2,2 millions de Clio et 1,6 million de Twingo. Tous les modèles de Twingo depuis la deuxième génération y ont été assemblés, à l’exception de la toute première version. Difficile, dans ce contexte, d’imaginer un autre site pour la nouvelle Twingo électrique.
Les puristes pourraient regretter que la production ne soit pas localisée en France, comme la Renault 5 à Douai ou la future Alpine. Pourtant, comme le rappelle Numerama, l’usine slovène dispose d’un atout majeur : une main-d’œuvre déjà expérimentée dans l’assemblage de citadines, y compris électriques. Dès 2016, les équipes de Novo mesto ont produit la Twingo de troisième génération et sa cousine Smart ForFour, prouvant leur capacité à maîtriser des processus complexes.
Des standards industriels comparables à ceux des meilleures usines françaises
Contrairement aux idées reçues, la nouvelle Twingo n’est pas assemblée à moindre coût. Numerama souligne que les économies réalisées portent davantage sur la conception du véhicule que sur sa fabrication. La rigueur des contrôles qualité, par exemple, est identique à celle appliquée pour la Clio V, un modèle de segment supérieur. L’atelier de tôlerie, automatisé à 97 %, utilise des robots pour souder et transporter les pièces, tandis que des capteurs IA vérifient au millimètre près l’ajustement des portes et du châssis.
Les contrôles se poursuivent tout au long de la chaîne de montage. Avant même que le véhicule ne quitte l’usine, des microphones ultrasensibles traquent le moindre grincement ou bruit parasite dans l’habitacle, une méthode habituellement réservée aux modèles haut de gamme. « On a connu plus low-cost comme démarche », ironise Numerama, soulignant l’incongruité de ces procédés pour une production supposée économique.
Une montée en puissance progressive pour répondre à la demande
La production de série de la nouvelle Twingo a officiellement démarré en février 2026, mais les équipes de Novo mesto travaillent sur des modèles de pré-série depuis juin 2025. Ce calendrier serré s’explique par une intégration précoce des ouvriers slovènes dans la conception du véhicule, une première pour Renault : « Jamais le premier exemplaire d’une nouvelle Renault n’avait été assemblé aussi tôt dans le processus », précise Numerama. Cette anticipation a permis de tenir l’objectif d’un délai de développement inférieur à deux ans.
Pour l’instant, l’usine tourne au rythme d’une seule équipe, produisant 300 véhicules par jour (Clio et Twingo confondus). Il faut entre 9 et 10 heures pour assembler une Twingo de A à Z, de l’emboutissage des pièces à la peinture, l’une des étapes les plus longues. D’ici l’été, l’usine prévoit de passer à deux voire trois équipes, ce qui nécessitera le recrutement de 400 à 500 employés supplémentaires. Cette montée en puissance vise à répondre à la demande croissante pour la Twingo, dont le prix affiché est inférieur à 20 000 euros.
Un avenir assuré grâce à une plateforme polyvalente
La nouvelle Twingo partage sa plateforme avec d’autres modèles du groupe Renault, ce qui garantit un volume de production stable pour l’usine de Novo mesto. Dès juin 2026, la production de la Clio V y cessera, laissant la place à ses cousines Dacia et Nissan, développées sur la même base. « Cela devrait occuper les ouvriers de l’usine sur les prochaines années », espère Numerama. Cette diversification réduit les risques liés à une dépendance à un seul modèle, tout en consolidant le rôle de Novo mesto comme site clé pour les citadines du groupe.
Reste à savoir si cette stratégie industrielle permettra à Renault de concilier accessibilité tarifaire et qualité de production. Pour l’heure, les premiers retours sur la nouvelle Twingo, dont l’assemblage a débuté il y a seulement quelques mois, restent à venir. En attendant, l’usine slovène prouve qu’elle n’a rien à envier aux sites français en termes de technologie et de savoir-faire.
La nouvelle Renault Twingo incarne ainsi un paradoxe : produire une voiture électrique à moins de 20 000 euros sans sacrifier la qualité, le tout dans un pays souvent associé au low cost. Un pari que l’usine de Novo mesto semble bien partie pour relever.
Le choix de l’usine Revoz de Novo mesto s’explique par son histoire industrielle avec Renault, qui remonte à 1972. L’usine est spécialisée dans l’assemblage de citadines, avec plus de 5,1 millions de véhicules produits pour le constructeur, dont 1,6 million de Twingo. Elle dispose d’une main-d’œuvre qualifiée et de technologies de pointe, ce qui en fait le site idéal pour la nouvelle Twingo électrique, selon Numerama.
L’automatisation à 97 % permet une précision maximale dans l’assemblage des pièces, notamment pour l’ajustement des portes et du châssis. Des capteurs IA contrôlent chaque étape, éliminant les erreurs humaines et garantissant une qualité constante. Cette technologie réduit également les temps de production et limite les coûts liés aux retouches.