Le président ukrainien Volodymyr Zelensky effectue ce vendredi 7 et samedi 8 août 2026 sa première visite officielle en Serbie depuis son arrivée au pouvoir en 2019. Cette rencontre avec son homologue serbe Aleksandar Vučić, prévue à Belgrade, marque un tournant dans les relations entre les deux pays, alors que Belgrade entretient traditionnellement des liens étroits avec Moscou. Selon RFI, cette visite s’inscrit dans une stratégie plus large de la Serbie visant à se positionner comme un partenaire crédible à la fois pour l’Occident et pour la Russie.

Ce qu'il faut retenir

  • Première visite officielle de Volodymyr Zelensky en Serbie depuis 2019, les 7 et 8 août 2026.
  • Belgrade cherche à équilibrer ses relations entre Moscou, Bruxelles et Washington.
  • Cette rencontre vise à présenter la Serbie comme un partenaire fiable pour l’Occident, selon Strahinja Subotić, chercheur au Centre de politique européenne de Belgrade.

Le choix de la Serbie comme destination d’une visite officielle de Zelensky revêt une importance symbolique majeure. Longtemps perçue comme un allié historique de la Russie, Belgrade tente depuis plusieurs années de diversifier ses partenariats internationaux sans rompre totalement avec Moscou. Pour Aleksandar Vučić, cette visite représente une opportunité de montrer que son pays peut jouer un rôle de médiateur ou, à tout le moins, de pont entre l’Ukraine et l’Europe, tout en maintenant un dialogue constructif avec le Kremlin.

Selon Strahinja Subotić, chercheur senior au Centre de politique européenne de Belgrade, cette rencontre s’inscrit dans une volonté de la Serbie de « présenter son pays comme un partenaire fréquentable de l’Occident ». «

Vučić tente de ménager à la fois Moscou, Bruxelles et Washington, et cette visite avec Zelensky est une façon de montrer que la Serbie peut être un acteur responsable sur la scène internationale
», a-t-il précisé à RFI. Cette stratégie de neutralité affichée, bien que souvent critiquée pour son manque de clarté, pourrait permettre à Belgrade de tirer profit de sa position géopolitique particulière.

Les relations entre la Serbie et l’Ukraine ont été marquées par des tensions ces dernières années, notamment en raison du soutien affiché de Belgrade à la position russe sur la question ukrainienne. Pourtant, des signes d’ouverture se multiplient depuis 2024, avec notamment la signature d’accords économiques et la reprise progressive du dialogue diplomatique. Cette visite de Zelensky, la première depuis son élection, intervient dans un contexte où l’Ukraine cherche à renforcer ses alliances en Europe de l’Est, tandis que la Serbie, candidate à l’adhésion à l’Union européenne, tente de rassurer ses partenaires occidentaux sur sa loyauté.

Et maintenant ?

Si cette visite pourrait marquer le début d’un réchauffement des relations entre Kiev et Belgrade, plusieurs questions restent en suspens. La Serbie parviendra-t-elle à concilier ses engagements envers l’Union européenne et ses liens historiques avec la Russie ? De son côté, l’Ukraine pourrait-elle tirer avantage de cette ouverture pour renforcer sa position dans les Balkans ? Les prochaines semaines devraient apporter des éléments de réponse, notamment à l’issue des discussions entre les deux dirigeants. Une déclaration commune ou la signature d’accords bilatéraux pourraient être annoncées d’ici la fin du mois d’août.

Cette rencontre s’inscrit dans un contexte géopolitique particulièrement complexe pour la Serbie. Candidate à l’adhésion à l’UE depuis 2012, Belgrade doit composer avec les exigences de Bruxelles en matière de réformes démocratiques et de respect de l’État de droit, tout en préservant ses relations avec Moscou, son principal fournisseur d’énergie et un partenaire économique et militaire clé. Pour l’Ukraine, cette visite représente une opportunité de gagner en visibilité dans une région où la Russie exerce une influence historique, notamment à travers le soutien à des régimes ou des mouvements politiques proches de ses intérêts.

Les observateurs soulignent que la Serbie, en organisant cette visite, cherche avant tout à se positionner comme un acteur incontournable dans les équilibres régionaux. «

Belgrade joue un jeu subtil : elle ne veut froisser ni l’Occident ni la Russie, tout en tirant profit de sa position stratégique
», a analysé un diplomate européen sous couvert d’anonymat. Cette approche, si elle permet à la Serbie de naviguer entre les différentes sphères d’influence, pourrait aussi limiter la portée réelle de ce rapprochement avec Kiev.

La Serbie, candidate à l'adhésion à l'Union européenne, tente de diversifier ses partenariats pour rassurer ses futurs partenaires occidentaux. Cette visite de Zelensky s'inscrit dans une stratégie plus large visant à présenter Belgrade comme un acteur responsable sur la scène internationale, capable de dialoguer avec toutes les parties, y compris l'Ukraine et ses alliés.