Selon nos confrères de BFM Business, le PDG de Carrefour, Alexandre Bompard, a rassuré les consommateurs français ce matin sur RTL. Il a indiqué que les prix alimentaires devaient rester stables à la rentrée, malgré un contexte économique tendu et une inflation persistante dans certains secteurs.

« Les Français ne se sont jamais autant serré la ceinture. Mais les prix alimentaires sont stables. Ils étaient à 0% pendant l’été, ils sont entre 0 et 1% », a-t-il déclaré. Une annonce qui contraste avec la hausse des prix à la consommation, qui a atteint 2,1% en juillet selon l’INSEE, portée notamment par l’énergie et certains produits frais.

Ce qu'il faut retenir

  • Les prix alimentaires restent stables, entre 0 et 1% d’augmentation, selon Alexandre Bompard, PDG de Carrefour.
  • L’inflation globale atteint 2,1% en juillet 2026 (INSEE), tirée par l’énergie et les produits frais (+3,8% pour ces derniers).
  • Le panier moyen des fournitures scolaires recule de 14%, passant de 211 € à 181 €, selon l’association Familles de France.
  • Carrefour promet de comprimer ses marges pour éviter de répercuter les hausses des produits frais, dont les prix sont déjà fixés jusqu’à la fin de l’année.
  • Les rendements agricoles en baisse, liés aux aléas climatiques, pourraient entraîner une consommation de « calibres différents » pour certains produits.

Une stabilité des prix alimentaires qui surprend dans un contexte inflationniste

Alexandre Bompard a tenu à souligner que les prix alimentaires en grande distribution ne devaient pas flamber à la rentrée. « Les prix étaient à 0% pendant l’été, ils sont entre 0 et 1%. Cela ne veut pas dire que certains produits n’augmentent pas, mais c’est stable au global », a-t-il expliqué lors de son passage sur RTL. Une déclaration qui intervient alors que l’inflation repart à la hausse en France, avec une progression de 2,1% en juillet 2026 sur un an, selon les dernières données de l’INSEE.

Cette stabilité relative s’explique en partie par le système de négociations commerciales annuelles, qui fixe les tarifs entre producteurs et distributeurs jusqu’à la fin de l’année. « Les tarifs entre agriculteurs et distributeurs sont négociés en hiver, et il n’y aurait en réalité aucune hausse à répercuter jusqu’à la fin de l’année puisque les prix sont déjà fixés », a précisé le dirigeant. Une situation qui limite mécaniquement les possibilités de répercussion des hausses de coûts.

Les produits frais, principale source d’inquiétude

Si les prix alimentaires restent maîtrisés dans leur ensemble, certains segments subissent des hausses significatives. C’est notamment le cas des produits frais, dont l’inflation atteint 3,8% en juillet 2026. Alexandre Bompard a pointé du doigt les conséquences des conditions climatiques extrêmes de l’été : « Les fruits et légumes ne sont pas stables, mais en augmentation pour certains segments. Les salades, les produits à tige, les produits d’été… Il y a eu une forte demande et de la sécheresse, donc les prix augmentent. »

Cette situation pourrait s’aggraver dans les mois à venir, avec des pertes agricoles attendues en raison des canicules et des sécheresses prolongées. Le patron de Carrefour a d’ailleurs anticipé une adaptation des consommateurs : « L’agriculture est en adaptation absolue face à l’aléa climatique, qui n’est plus un aléa. Il y a une baisse des rendements et des calibres. Vous avez des radis, des pommes de terre qui sont plus petites, et que les consommateurs doivent accepter. » Autant dire que les étals pourraient afficher des tailles réduites pour certains produits.

Les fournitures scolaires, une bonne surprise pour les familles

Si les prix alimentaires ne connaissent pas de hausse brutale, les fournitures scolaires offrent une lueur d’espoir pour le budget des ménages. Selon l’association Familles de France, le panier moyen des fournitures scolaires recule de 14%, passant de 211 € à 181 €. Une baisse que le PDG de Carrefour s’attribue en partie, grâce aux négociations commerciales réalisées avant la guerre en Ukraine.

« La grande distribution a négocié cet hiver avant la guerre. Cela va nous conduire jusqu’à la fin de l’année, jusqu’à mars prochain et la fin du prochain round de négociations », a-t-il indiqué. Cette stabilité des prix des fournitures scolaires contraste avec l’inflation générale, et devrait soulager les familles à l’approche de la rentrée.

Une consommation résiliente malgré le contexte économique

Malgré un environnement marqué par la crise, la consommation des ménages reste solide. Selon les chiffres de l’INSEE, la consommation des ménages en biens était stable au deuxième trimestre 2026 (-0,1%), après une baisse enregistrée au premier trimestre (-0,7%). « Les Français se sont habitués à un environnement de crise : la consommation tient, elle est assez solide, les Français essayent de se faire plaisir autant que possible », a constaté Alexandre Bompard.

Cette résilience s’explique en partie par la volonté des ménages de préserver leur pouvoir d’achat, malgré des prix en hausse sur certains postes. La grande distribution, consciente de cette pression, a promis de maintenir ses marges sous contrôle pour éviter une nouvelle inflation. « On va compresser [nos] marges commerciales pour éviter de répercuter les hausses », a assuré le dirigeant.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront en grande partie de l’évolution des conditions climatiques et des négociations commerciales à venir. Les prix des produits frais pourraient continuer à augmenter si la sécheresse persiste, tandis que les négociations de mars 2027 pourraient entraîner de nouvelles tensions sur les tarifs. Les consommateurs, de leur côté, devront composer avec des calibres réduits pour certains produits, une adaptation déjà engagée par le secteur agricole.

La rentrée 2026 s’annonce donc moins tendue que prévu pour les ménages, même si les défis climatiques et économiques restent entiers. La grande distribution, de son côté, mise sur une stabilité des prix pour maintenir la confiance des consommateurs, dans un contexte où l’inflation reste une préoccupation majeure.

Les prix des produits frais sont plus sensibles aux aléas climatiques, comme la sécheresse ou les canicules, qui réduisent les rendements et augmentent les coûts de production. À l’inverse, les produits transformés ou de marque distributeur, dont les tarifs sont fixés par des négociations annuelles, restent stables.

Les baisses observées cette année sont liées aux négociations commerciales réalisées avant la guerre en Ukraine. Ces tarifs sont valables jusqu’à mars 2027, date à laquelle de nouvelles négociations pourraient entraîner des ajustements, à la hausse ou à la baisse.