Une campagne scientifique menée en mer Celtique par l’Ifremer livre ses premiers enseignements. Selon Ouest France, les colonies de coraux d’eaux froides, ravagées par le chalutage, peuvent être restaurées grâce à une technique de « bouturage ». Une avancée majeure pour la préservation de ces écosystèmes fragiles et riches en biodiversité.
Ce qu'il faut retenir
- Première mondiale : des scientifiques de l’Ifremer ont réussi à restaurer des coraux d’eaux froides en mer Celtique par bouturage.
- Cause principale : le chalutage a détruit une partie importante de ces écosystèmes dans le golfe de Gascogne.
- Méthode innovante : la technique de « bouturage » permet de faire repousser les coraux en prélevant des fragments sains et en les replantant.
- Richesse écologique : ces coraux abritent une biodiversité marine exceptionnelle, essentielle à l’équilibre des fonds marins.
Une campagne scientifique inédite en mer Celtique
Menée par l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer), cette mission visait à évaluer l’état des coraux d’eaux froides dans le golfe de Gascogne, une zone particulièrement touchée par les pratiques de pêche intensive. Cinq mois de travail ont été nécessaires pour collecter des données et tester des méthodes de restauration. Les résultats, encore partiels, confirment la faisabilité du bouturage comme solution de réhabilitation. « On est heureux de voir qu’ils sont vivants », a déclaré un chercheur de l’Ifremer, soulignant l’espoir que représentent ces premiers succès.
Les coraux d’eaux froides, contrairement à leurs homologues tropicaux, se développent dans des eaux profondes et froides. Ils jouent un rôle clé dans la structuration des écosystèmes marins, offrant abri et nourriture à de nombreuses espèces. Leur destruction progressive menace donc l’équilibre des fonds marins, déjà fragilisé par les activités humaines.
Le chalutage, principal responsable de la dégradation
Les chaluts de fond, utilisés par les pêcheurs pour capturer des espèces comme la langoustine ou le merlu, raclent les sédiments et détruisent les habitats coralliens. Selon Ouest France, certaines zones du golfe de Gascogne ont vu leurs colonies de coraux réduites de plus de 50 % en vingt ans. Face à cette situation, les scientifiques ont testé une méthode inspirée des techniques utilisées pour les coraux tropicaux : le bouturage. Cette approche consiste à prélever des fragments de coraux sains, à les cultiver en laboratoire puis à les replanter sur des zones dégradées.
Les premiers résultats sont prometteurs. Sur les 200 fragments replantés lors de la mission, une majorité a survécu et montre des signes de croissance. « C’est une première en Europe pour les coraux d’eaux froides », a précisé un responsable de l’Ifremer. Si les tests se poursuivent avec succès, cette méthode pourrait être déployée à plus grande échelle.
Un espoir pour la biodiversité marine
Les coraux d’eaux froides sont considérés comme des « ingénieurs d’écosystème », car ils créent des habitats complexes qui abritent des centaines d’espèces. Leur restauration pourrait donc avoir un impact positif bien au-delà des simples colonies coralliennes. Les scientifiques rappellent que ces écosystèmes jouent aussi un rôle dans la régulation du climat, en stockant du carbone. Leur protection est donc un enjeu environnemental majeur.
Pour l’instant, les équipes de l’Ifremer restent prudentes. « Il faut encore plusieurs années pour évaluer l’efficacité à long terme de cette méthode », a indiqué un chercheur. En attendant, d’autres pistes sont explorées, comme la création de zones marines protégées où le chalutage serait interdit. Ces initiatives pourraient compléter les efforts de restauration en cours.
Pour l’heure, les scientifiques se disent « encouragés par ces premiers résultats ». La restauration des coraux d’eaux froides dans le golfe de Gascogne pourrait bien devenir un modèle pour la préservation des écosystèmes marins en Europe.
Le bouturage consiste à prélever des fragments de coraux sains, à les cultiver en laboratoire pour favoriser leur croissance, puis à les replanter sur des zones dégradées. Cette technique, inspirée de celle utilisée pour les coraux tropicaux, permet de restaurer des colonies sans recourir à la recolonisation naturelle, un processus extrêmement lent.