Selon Le Figaro, le loup fait son retour dans le département du Rhône, où huit brebis ont été égorgées en une seule attaque la semaine dernière, à seulement 20 kilomètres de Lyon. Cette attaque, survenue sur la commune des Haies, marque un tournant dans la présence de l’animal dans une région qui n’y était plus habituée depuis plusieurs années. La préfecture du Rhône a enregistré neuf constats d’attaques sur des troupeaux depuis quelques mois, principalement dans le massif du Pilat, au sud du département. Pour sept de ces cas, « aucun indice ne permet d’écarter la responsabilité du loup sans pour autant la garantir », précise l’administration.
Ce qu’il faut retenir
- Huit brebis égorgées en une seule attaque dans le Rhône, à 20 km de Lyon, selon Le Figaro.
- Neuf constats d’attaques sur des troupeaux depuis plusieurs mois, principalement dans le massif du Pilat.
- Pour sept cas, la responsabilité du loup n’est ni confirmée ni écartée par la préfecture du Rhône.
- Des vidéos et photos de loups ont été transmises par la fédération départementale des chasseurs début mars.
- Les éleveurs réclament des tirs de défense encadrés et un accompagnement renforcé.
- La préfecture exclut pour l’instant les tirs de prélèvement.
Une attaque spectaculaire dans le sud du département
L’attaque la plus récente a eu lieu vendredi dernier sur un élevage situé dans la commune des Haies, à une vingtaine de kilomètres de la métropole lyonnaise. Selon Luc Pierron, secrétaire général de la section départementale de la FNSEA, huit brebis ont été égorgées en une seule fois. « Une peur qui s’installe », a-t-il déclaré lors du congrès national de la FNSEA, évoquant l’inquiétude croissante des éleveurs face à cette présence inattendue. Cet événement survient alors que le département du Rhône n’était plus considéré comme une zone de prédilection pour le loup depuis plusieurs années.
Des preuves de présence qui se multiplient
Outre les attaques sur les troupeaux, des éléments matériels confirment la présence du prédateur dans le secteur. Selon les services de l’État, la fédération départementale des chasseurs du Rhône a transmis début mars à l’Office Français de la Biodiversité (OFB) des vidéos et photographies de loups observés sur les communes des Haies et de Loire-sur-Rhône. Ces images, premières du genre dans le département, corroborent les indices relevés depuis l’été 2025 par le réseau des correspondants bénévoles loup-lynx. La préfecture précise que ces constats s’ajoutent aux neuf attaques déjà enregistrées.
Les éleveurs réclament des mesures d’urgence
Face à cette situation, les professionnels du secteur tirent la sonnette d’alarme. Luc Pierron a détaillé leurs revendications lors du congrès national de la FNSEA : « Oui aux tirs de défense lorsqu’ils sont nécessaires, encadrés et réactifs. Oui à des procédures simplifiées pour que les éleveurs puissent agir rapidement face au danger. Oui à un accompagnement renforcé technique, humain et financier ». Les éleveurs demandent également un soutien accru de l’État, notamment en matière d’indemnisation des pertes et de financement des clôtures et des chiens de protection. Jusqu’à présent, la préfecture du Rhône a exclu la possibilité de tirs de prélèvement, une mesure pourtant réclamée par certains acteurs locaux.
Une identification en cours pour évaluer la menace
Pour mieux comprendre l’ampleur du phénomène, les services départementaux de l’OFB du Rhône et de la Loire mènent depuis la mi-mars des prospections de terrain. L’objectif est de collecter des traces ADN de loups afin de « surveiller leur évolution », indique la préfecture. À ce stade, il reste impossible de déterminer s’il s’agit d’un individu isolé, d’un loup mâle ou femelle, ou même d’une jeune meute. Les services de l’État bénéficieront pour ces investigations de l’aide du réseau loup-lynx, un dispositif national dédié au suivi de ces prédateurs. La préfecture précise que cette opération s’inscrit dans le cadre du plan Loup national, dont elle assure la coordination au niveau local.
Cette situation illustre les tensions croissantes entre la protection de la biodiversité et les impératifs économiques des éleveurs, dans un département où le loup n’était plus une menace avérée depuis des années. Les prochaines décisions des autorités pourraient donc avoir un impact durable sur l’équilibre entre ces enjeux.
L’État rappelle qu’il accompagne les éleveurs à travers deux dispositifs principaux : d’une part, l’indemnisation des pertes subies par les attaques, et d’autre part, le financement des mesures de protection comme les clôtures renforcées ou les chiens de protection. Ces aides sont gérées dans le cadre du plan Loup national.
La préfecture justifie cette position par l’absence de preuve formelle de la présence du loup dans le département. Les neuf constats enregistrés ne permettent pas, à ce stade, d’affirmer avec certitude la responsabilité de l’animal. L’État privilégie donc une approche prudente, basée sur la surveillance et la collecte d’indices, avant d’envisager des mesures plus radicales comme les tirs de prélèvement.
