Alors que la France subit depuis plusieurs années des épisodes de sécheresse de plus en plus intenses et répétés, les conséquences sur le bâti commencent à se chiffrer. Selon Reporterre, le phénomène de retrait-gonflement des argiles, qui fragilise les fondations des maisons individuelles, pourrait engendrer un coût global de 500 milliards d’euros pour réparer les dégâts. Invité le 22 juillet 2026 sur BFM Business, Édouard Vieillefond, directeur général de la Caisse centrale de réassurance (CCR), a qualifié ce risque de « principal aujourd’hui » parmi les catastrophes naturelles en France.
Ce qu'il faut retenir
- Le retrait-gonflement des argiles pourrait coûter jusqu’à 500 milliards d’euros en réparations pour les habitations fissurées, selon Édouard Vieillefond, directeur général de la CCR, cité par Reporterre.
- Ce phénomène est désormais considéré comme le risque naturel principal en France, devant les inondations ou les tempêtes.
- Plus de 60 % des maisons individuelles pourraient être concernées par ce type de dégradation.
- La CCR, acteur clé de la réassurance en France, alerte sur l’ampleur des dégâts liés à la sécheresse récurrente.
Un phénomène aggravé par la sécheresse récurrente
Le retrait-gonflement des argiles est un processus naturel amplifié par les périodes de sécheresse prolongée. Lorsque le sol s’assèche, les argiles se contractent, provoquant des mouvements de terrain qui fissurent les fondations des bâtiments. Avec l’intensification des épisodes de sécheresse en France, notamment depuis 2020, ce phénomène s’accélère. Selon les experts, les constructions les plus vulnérables sont celles édifiées sur des sols argileux, très répandus dans plusieurs régions du pays. Reporterre souligne que cette problématique dépasse désormais le simple cadre des dommages matériels pour s’imposer comme un enjeu économique et social majeur.
La CCR alerte sur l’urgence de la situation
Édouard Vieillefond, à la tête de la CCR, a souligné lors de son intervention sur BFM Business que « le retrait-gonflement des argiles est devenu le risque naturel principal en France ». Cette déclaration intervient alors que les assureurs et les pouvoirs publics commencent à mesurer l’ampleur des dégâts. La CCR, qui couvre une partie des risques climatiques pour le compte de l’État, rappelle que les coûts pourraient exploser dans les années à venir si aucune mesure structurelle n’est prise. « Nous devons anticiper une augmentation des sinistres liés à ce phénomène », a-t-il ajouté. La caisse centrale travaille déjà avec les collectivités locales pour identifier les zones les plus exposées.
Un coût colossal pour les ménages et les assureurs
Le montant de 500 milliards d’euros, avancé par Édouard Vieillefond, représente une estimation globale des réparations nécessaires. Pour les propriétaires, cela signifie des travaux coûteux, souvent non couverts par les assurances habitation classiques. En effet, les contrats d’assurance multirisque habitation excluent généralement les dommages liés au retrait-gonflement des argiles, sauf si une extension de garantie spécifique a été souscrite. Selon les chiffres de la CCR, plus de 1,5 million de sinistres pourraient être déclarés d’ici 2030 si la tendance actuelle se poursuit. Les assureurs, déjà fragilisés par la multiplication des catastrophes naturelles, pourraient voir leurs charges augmenter de manière significative.
En conclusion, le retrait-gonflement des argiles s’impose comme l’un des défis majeurs du secteur de l’habitat en France. Avec des coûts potentiels vertigineux et des centaines de milliers de logements menacés, les prochains mois seront déterminants pour éviter une crise immobilière et sociale de grande ampleur.
Les maisons les plus exposées sont celles construites sur des sols argileux, souvent repérables par des fissures en forme de « escalier » sur les murs ou des portes qui coincent. Une étude géotechnique préalable ou un diagnostic réalisé par un expert peut confirmer le risque.