Le géant britannique de la fintech Revolut a lancé officiellement son propre stablecoin adossé à l’euro, baptisé EURR. Cette initiative marque une nouvelle étape dans l’expansion des actifs numériques régulés par des acteurs traditionnels du secteur financier, selon nos confrères du Journal du Coin.

Ce qu'il faut retenir

  • L’EURR est un stablecoin indexé à parité 1:1 avec l’euro, émis par Revolut en collaboration avec des partenaires spécialisés dans les actifs numériques régulés.
  • Cette cryptomonnaie est disponible dès maintenant sur plusieurs plateformes d’échange, dont celles partenaires de Revolut, pour les clients éligibles.
  • L’objectif affiché par Revolut est d’offrir une alternative stable et sécurisée aux utilisateurs souhaitant éviter la volatilité des cryptomonnaies comme le bitcoin ou l’ethereum.
  • Le lancement s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification des services financiers proposés par l’entreprise, déjà active dans les virements internationaux et les comptes multi-devises.
  • Les frais de transaction et les conditions d’accès varient selon les plateformes et les juridictions, Revolut précisant que l’EURR n’est pas disponible dans tous les pays.

Selon les informations communiquées par Revolut, l’EURR est conçu pour répondre à une demande croissante des utilisateurs souhaitant effectuer des transactions en euros sans subir les fluctuations des marchés. Le stablecoin est adossé à des actifs liquides et régulés, garantissant ainsi sa stabilité, a expliqué l’entreprise dans un communiqué.

Cette initiative intervient alors que le marché des stablecoins connaît une croissance soutenue, avec des acteurs comme Tether (USDT) ou Circle (USDC) dominant largement le secteur. Revolut se positionne ainsi comme un nouvel entrant dans un écosystème où la régulation et la transparence sont de plus en plus scrutées par les autorités européennes.

Pour les utilisateurs, l’EURR pourrait faciliter les transferts transfrontaliers, les paiements en ligne ou les investissements en cryptomonnaies sans risque de change. Cependant, Revolut a rappelé que l’EURR reste un actif spéculatif, soumis aux risques inhérents aux cryptomonnaies, malgré sa stabilité relative par rapport à d’autres actifs numériques.

« Notre objectif est de fournir à nos clients une solution simple et sécurisée pour gérer leurs euros dans l’écosystème des cryptomonnaies », a déclaré un porte-parole de Revolut, cité par Journal du Coin.

L’EURR n’est pas le premier stablecoin indexé sur l’euro, mais Revolut mise sur sa crédibilité et son large réseau d’utilisateurs pour se démarquer. La fintech britannique, qui compte plus de 35 millions de clients dans le monde, a déjà intégré des services de cryptomonnaies dans son application, permettant aux utilisateurs d’acheter, vendre ou détenir des actifs comme le bitcoin ou l’ethereum.

Cependant, le lancement de l’EURR soulève des questions sur la régulation des stablecoins en Europe. La Banque centrale européenne (BCE) et l’Autorité bancaire européenne (EBA) ont récemment renforcé leur surveillance sur ces actifs, craignant des risques systémiques en cas de défaut majeur d’un émetteur.

Et maintenant ?

Revolut pourrait étendre progressivement la disponibilité de l’EURR à d’autres régions, notamment en Asie et en Amérique latine, où la demande pour des solutions de paiement stables en euros est en hausse. Une prochaine étape consisterait à intégrer l’EURR dans des partenariats avec des commerçants en ligne ou des plateformes de trading, afin d’en faire un moyen de paiement quotidien. Reste à voir si les régulateurs européens accorderont leur feu vert à cette initiative sans imposer de contraintes supplémentaires.

Cette innovation illustre une fois de plus l’évolution du secteur financier, où les frontières entre banques traditionnelles et cryptomonnaies s’estompent progressivement. Si l’EURR parvient à gagner la confiance des utilisateurs et des régulateurs, il pourrait devenir un acteur clé du marché des stablecoins en Europe.

Non. La disponibilité de l’EURR dépend des réglementations locales et des plateformes partenaires. Revolut précise que certains pays, comme les États-Unis ou la Chine, ne sont pas éligibles pour l’instant. Les clients doivent également vérifier leur éligibilité directement dans l’application Revolut.

Les frais varient selon les transactions. Revolut applique des commissions similaires à celles des virements internationaux classiques, mais précise que ces tarifs peuvent être réduits pour les clients premium. Aucune information n’a été communiquée sur d’éventuels frais de conversion ou de garde.