Selon BFM Bourse, le distributeur de produits électriques Rexel a relevé ses objectifs annuels pour 2026, malgré une réaction mitigée des marchés financiers. Le groupe, dont les origines remontent à 1967 avec la Compagnie de distribution électrique (CDME), affiche une croissance soutenue au premier semestre 2026, portée par l’essor des datacenters et des infrastructures haut débit aux États-Unis. Pourtant, l’action du groupe a chuté de 4 % à la Bourse de Paris en réaction à cette annonce, jugée insuffisante par certains investisseurs.
Ce qu'il faut retenir
- Croissance du chiffre d’affaires : +5,1 % au premier semestre 2026 à nombre de jours constants, dépassant les attentes du marché (+4,1 %).
- Datacenters en tête : croissance de plus de 100 % aux États-Unis, représentant 9 % du chiffre d’affaires du deuxième trimestre.
- Marges en hausse : l’Ebita ajusté progresse de 4,8 % à 614,8 millions d’euros, avec une marge de 6,2 %, supérieure aux attentes.
- Objectifs 2026 relevés : croissance des ventes désormais estimée à 5 % (contre 3-5 % initialement), marge d’Ebita courant maintenue à au moins 6,2 %.
- Réaction des marchés : l’action Rexel recule de 4 % après l’annonce, malgré des résultats solides.
Un premier semestre 2026 marqué par une croissance accélérée
Le premier semestre 2026 s’est caractérisé par une accélération significative de la dynamique commerciale de Rexel, portée par trois segments majeurs : les datacenters aux États-Unis, la reprise de l’automatisation industrielle et le rebond des solutions d’électrification en Europe. Selon BFM Bourse, le groupe a enregistré un chiffre d’affaires de 9,989 milliards d’euros, en hausse de 5,1 % à nombre de jours constants, un rythme bien supérieur aux prévisions des analystes, qui tablaient sur une progression de 4,1 %.
Cette performance s’explique en grande partie par la demande soutenue en infrastructures numériques, liée à l’essor de l’intelligence artificielle. « Comme Legrand ou Schneider Electric, Rexel bénéficie de cette tendance », souligne l’article. Le groupe, dont l’histoire remonte à 1967, confirme ainsi sa position de leader dans la distribution de matériel électrique, avec une présence mondiale renforcée.
Des performances régionales contrastées mais globalement positives
Par région, les résultats de Rexel montrent des dynamiques variées, mais globalement encourageantes. En Amérique du Nord, qui génère près de la moitié de ses ventes, le groupe a enregistré une croissance de 7,8 % au deuxième trimestre, tirée par les datacenters et les automatismes industriels. Aux États-Unis, cette progression atteint même 9 % du chiffre d’affaires du trimestre, avec une croissance de plus de 100 % pour les datacenters.
En Europe, la croissance s’élève à 4,4 %, portée par les solutions de transition énergétique, tandis qu’en Asie-Pacifique, les ventes ont bondi de 17 %. En Chine, la progression atteint 9,1 %, soutenue par l’automatisation industrielle. « Les épisodes répétés de fortes chaleurs et la hausse des prix de l’énergie ont soutenu la demande de solutions solaires, génie climatique et de bornes de recharge pour véhicules électriques », explique Rexel dans son communiqué.
Des indicateurs financiers solides, mais une réaction boursière décevante
Sur le plan financier, les résultats de Rexel sont également au rendez-vous. L’Ebita ajusté (résultat opérationnel retraité) a progressé de 4,8 % pour s’établir à 614,8 millions d’euros, dépassant les attentes du consensus (604 millions d’euros). La marge correspondante s’est inscrite à 6,2 %, contre 5,8 % un an plus tôt, et légèrement au-dessus des prévisions (6,1 %). Le bénéfice net a quant à lui bondi de 30,8 % pour atteindre 342 millions d’euros.
Fort de ces résultats, Rexel a décidé de relever ses objectifs pour 2026. Le groupe table désormais sur une croissance des ventes d’environ 5 % à données comparables (contre une fourchette initiale de 3 % à 5 %), avec une marge d’Ebita courant d’au moins 6,2 %. Il confirme également ses prévisions de conversion du free cash-flow à plus de 65 %.
Une annonce jugée insuffisante par les investisseurs
Pourtant, cette publication n’a pas convaincu les marchés. L’action Rexel a reculé de 4 % en début d’après-midi le 28 juillet 2026, une réaction qui contraste avec la solidité des résultats. Selon Oddo BHF, cité par BFM Bourse, le marché juge ce relèvement d’objectifs « peu ambitieux », d’autant plus que l’action affiche une prime d’environ 20 % par rapport à sa moyenne historique sur trois ans. Le consensus des analystes tablait en effet sur une croissance organique de 4,9 % et une marge d’Ebita ajusté de 6,3 %, des chiffres légèrement supérieurs aux nouvelles prévisions de Rexel.
« Le groupe dispose d’un momentum positif sur un tiers de son activité (électrification, datacenters, automatisation industrielle) », rappelle Oddo BHF, qui estime que cette publication « devrait rassurer ». Pourtant, les investisseurs semblent en attendre davantage, peut-être en raison de l’écart entre la performance réelle et les attentes élevées du marché.
Un groupe en pleine transformation
Fondé en 1967 sous le nom de Compagnie de distribution électrique (CDME), Rexel s’est imposé comme un acteur clé de la distribution de matériel électrique, avec une présence dans plus de 20 pays. Son positionnement sur les marchés porteurs que sont les datacenters, la transition énergétique et l’automatisation industrielle lui permet de bénéficier d’une croissance structurelle, même si les attentes des investisseurs restent élevées. « La croissance devrait rester alimentée par ces trois segments », précise Oddo BHF.
Pour les actionnaires, la question est désormais de savoir si Rexel parviendra à combler l’écart entre ses performances réelles et les attentes du marché. Une chose est sûre : le groupe dispose des atouts nécessaires pour poursuivre sa croissance, à condition que la demande en infrastructures numériques et énergétiques reste dynamique.
Les investisseurs ont réagi négativement au relèvement des objectifs de Rexel pour 2026, jugés insuffisants par rapport aux attentes du marché. L’action affichait déjà une prime de 20 % par rapport à sa moyenne historique, ce qui a pu inciter les acteurs à exiger des prévisions plus ambitieuses.
Les trois principaux moteurs identifiés par Rexel sont les datacenters aux États-Unis (croissance de plus de 100 %), la reprise de l’automatisation industrielle (Chine, Inde, Amérique du Nord) et le rebond des solutions d’électrification en Europe (+15 % sur un an).