Le principe « D’abord, ne pas nuire » constitue le socle de l’éthique médicale, rappelle Le Figaro. Pourtant, certains soignants ont basculé dans l’horreur, poussés par des motivations aussi variées que l’ambition, la cupidité ou la folie. L’un des cas les plus emblématiques de cette dérive reste celui de Richard Angelo, un infirmier américain arrêté à la fin des années 1980 pour avoir injecté des dérivés de curare à ses patients. Son objectif ? Provoquer un arrêt cardiaque… afin de se présenter en sauveur en les réanimant.
Ce qu'il faut retenir
- Gerolamo Kucich, patient de 73 ans hospitalisé pour des douleurs thoraciques au Good Samaritan Hospital de West Islip (Long Island, États-Unis), a été la victime d’une injection non autorisée dans la nuit du 11 octobre 1987.
- L’agresseur, identifié comme Richard Angelo, a utilisé un appareil ressemblant à un stylo pour administrer la substance via la perfusion du patient, provoquant une paralysie musculaire immédiate.
- Le suspect, décrit comme un homme barbu et corpulent, aurait déclaré à sa victime : « Maintenant, tu vas te sentir beaucoup mieux » avant de procéder à l’injection.
- Kucich a réussi à alerter une infirmière à temps partiel, Lauren Ball, qui a pu témoigner lors du procès en 1989, selon les archives du New York Times rapportées par Le Figaro.
Un cauchemar éveillé dans un hôpital de Long Island
Gerolamo Kucich, un Yougoslave de 73 ans, vivait une nuit d’horreur au Good Samaritan Hospital de West Islip, situé sur Long Island (État de New York). Hospitalisé pour des douleurs thoraciques, il a été réveillé par un homme barbu et corpulent, vêtu d’une blouse d’infirmier. Ce dernier a sorti ce qui ressemblait à un stylo de sa blouse, a ouvert la perfusion du patient et y a inséré une aiguille.
« Il a dit : « Maintenant, tu vas te sentir beaucoup mieux », rapporte Le Figaro, citant le témoignage de Kucich devant la justice en 1989. Dès que l’injection a été faite, j’ai senti comme un liquide froid couler. Je me suis senti comme mort. Je ne pouvais plus bouger aucun de mes muscles. » Dans un ultime sursaut, le vieil homme a réussi à appuyer sur le bouton d’appel d’urgence. Une infirmière à temps partiel, Lauren Ball, est arrivée la première sur les lieux et a entendu les dernières paroles de Kucich.
Un mobile aussi cynique que glaçant : jouer au héros
Selon les investigations menées par les autorités américaines à la fin des années 1980, Richard Angelo aurait agi avec un objectif précis : provoquer des arrêts cardiaques chez ses patients pour ensuite les réanimer lui-même. Ce comportement, aussi absurde que dangereux, visait à lui donner l’image d’un soignant dévoué, capable de sauver des vies in extremis.
Les enquêteurs ont rapidement établi un lien entre plusieurs décès suspects survenus dans l’unité où travaillait Angelo. Entre 1987 et 1989, au moins 25 patients ont présenté des symptômes inhabituels après avoir été pris en charge par cet infirmier, selon les rapports médicaux et judiciaires cités par Le Figaro. Parmi eux, plusieurs n’ont pas survécu à leurs « complications » soudaines.
Un procès et une condamnation marquants
Arrêté en 1989, Richard Angelo a été jugé pour plusieurs chefs d’accusation, dont meurtre au second degré et tentative de meurtre. Le procès, qui s’est tenu à New York, a révélé l’ampleur de ses agissements. Plusieurs victimes survivantes, dont Gerolamo Kucich, ont témoigné contre lui, décrivant avec précision les circonstances de leur agression.
Le 13 juin 1990, Angelo a été reconnu coupable de 12 meurtres et condamné à 61 ans à perpétuité, une peine maximale pour un crime aussi odieux commis dans un cadre médical. La cour a souligné le caractère prémédité et particulièrement cynique de ses actes, visant à satisfaire une soif de reconnaissance plutôt qu’un quelconque intérêt financier ou idéologique.
Cette affaire soulève également des questions sur la formation initiale et continue des infirmiers, notamment sur la détection des signaux faibles et la gestion des comportements à risque en milieu hospitalier. Les protocoles de contrôle et de supervision devraient-ils être systématiquement renforcés, y compris dans les services où la pression et le stress sont élevés ? Autant de pistes qui, aujourd’hui encore, alimentent les réflexions au sein de la communauté médicale.
Selon les investigations menées par les autorités judiciaires américaines entre 1987 et 1989, Richard Angelo a agi de manière autonome. Aucun élément ne laisse supposer l’implication d’autres soignants dans ses agissements, rapporte Le Figaro. L’enquête a confirmé qu’il profitait des moments où il était seul de service pour administrer les injections létales.