L’acteur américain Richard Gere a vivement critiqué, jeudi 4 juin 2026 à Berlin, la politique migratoire menée par l’administration de Donald Trump aux États-Unis. Lors du lancement de l’initiative « Joint Initiative on Migration », organisée avec le soutien de la ministre allemande du Développement, Reem Alabali-Radovan, il a livré un plaidoyer sans ambiguïté contre les mesures restrictives adoptées par Washington. Selon Franceinfo - Culture, cette déclaration s’inscrit dans le cadre d’un partenariat entre la fondation de l’acteur et l’Hertie School, une institution berlinoise spécialisée dans les politiques publiques.

Ce qu'il faut retenir

  • Richard Gere, 76 ans, a exprimé son opposition ferme à la politique migratoire américaine lors d’un événement à Berlin le 4 juin 2026.
  • Il a dénoncé l’usage du terme « aliens » par le gouvernement Trump pour désigner les migrants, qualifiant cette terminologie de honteuse.
  • L’initiative « Joint Initiative on Migration » vise à promouvoir une vision plus humaine des migrations, notamment en provenance d’Afrique, en se concentrant sur les opportunités plutôt que sur l’hostilité.
  • La ministre allemande du Développement, Reem Alabali-Radovan, a souligné la polarisation croissante du débat sur l’immigration en Occident.
  • Quelques jours plus tôt, à Oslo, Gere avait qualifié Donald Trump de « maniaque » et accusé son mandat d’avoir détruit une grande partie des avancées positives aux États-Unis.

Un plaidoyer humaniste face à une rhétorique hostile

« Tout le monde est un immigré, un réfugié ou un migrant », a affirmé Richard Gere lors de son intervention. Il a rappelé que la rhétorique actuelle tend à déshumaniser les personnes en mouvement, les présentant comme des entités abstraites ou des menaces, plutôt que comme des individus porteurs d’histoires et d’aspirations. — « Nous parlons souvent des migrants comme s’ils étaient différents de nous, comme s’ils appartenaient à une autre catégorie d’êtres humains », a-t-il déclaré. — Le terme « aliens », employé par les autorités américaines pour désigner les migrants, lui a inspiré un sentiment de honte profonde : « J’en ai profondément honte, je tiens à ce que vous le sachiez. »

Cette prise de parole s’inscrit dans le cadre de la « Joint Initiative on Migration », un projet visant à repenser les politiques migratoires à l’échelle internationale. Contrairement aux approches dominantes, qui se concentrent sur les quotas, les frontières ou les campagnes électorales, cette initiative souhaite mettre l’accent sur les opportunités offertes par la migration. — « La migration est souvent abordée à travers des statistiques, des politiques frontalières, des campagnes électorales… et le racisme », a-t-il pointé du doigt. L’objectif est de changer de paradigme en plaçant les droits et la dignité des personnes au centre du débat.

Un débat de plus en plus polarisé en Europe et aux États-Unis

Lors de cet événement, Reem Alabali-Radovan, ministre allemande du Développement et figure de la social-démocratie, a elle aussi critiqué la manière dont les migrants sont traités dans le discours public. — « Le débat sur l’immigration devient de plus en plus hostile et polarisé, ce qui rend très difficile la recherche de solutions durables », a-t-elle observé. — Elle a également pointé du doigt la tendance à réduire les réfugiés et les migrants à des « objets » de politique, plutôt qu’à des acteurs à part entière de leur propre destin. « Ils sont trop souvent traités comme des objets plutôt que comme des sujets dans ce débat. »

Ces déclarations surviennent à un moment où les tensions migratoires alimentent les divisions politiques des deux côtés de l’Atlantique. Aux États-Unis, les mesures restrictives adoptées depuis 2017 ont été renforcées sous l’administration Trump, malgré les critiques internationales. En Europe, plusieurs pays durcissent leurs politiques, tandis que d’autres tentent de trouver un équilibre entre contrôle des frontières et respect des droits humains. La « Joint Initiative on Migration » se positionne ainsi comme une réponse à cette dynamique, en proposant une approche collaborative et centrée sur l’humain.

Un engagement humanitaire de longue date pour Gere

Richard Gere n’en est pas à son premier engagement en faveur des droits des migrants et des réfugiés. Depuis des décennies, l’acteur, également connu pour son activisme humanitaire, finance des programmes dédiés à l’aide aux populations déplacées, à la santé publique et à l’éducation. — Ses actions s’étendent à des communautés spécifiques, comme celle des Tibétains, ainsi qu’à des initiatives d’urgence dans des zones de conflit. — Cette nouvelle intervention s’ajoute à une série de prises de position publiques contre les politiques migratoires restrictives, notamment celles portées par l’administration Trump.

Quelques jours plus tôt, lors d’une cérémonie à Oslo, Gere avait déjà vivement attaqué Donald Trump. — « Un maniaque qui a démantelé presque tout ce qu’il y avait de bon aux États-Unis », avait-il lancé lors de la remise d’un prix. — Ces propos illustrent l’ampleur de son opposition, non seulement aux politiques migratoires, mais aussi à une partie plus large de l’héritage politique du président américain.

Et maintenant ?

La « Joint Initiative on Migration » devra désormais concrétiser ses ambitions à travers des actions ciblées. Une première étape consistera à mobiliser les acteurs politiques et la société civile autour de cette vision alternative de la migration. Si l’initiative parvient à rallier des soutiens internationaux, elle pourrait influencer les débats à venir, notamment lors des prochaines élections ou sommets dédiés à la question migratoire. — Reste à voir si les gouvernements, y compris américain, seront prêts à s’engager dans une telle démarche. — En Europe, où la question divise, cette initiative pourrait servir de laboratoire pour tester des politiques plus inclusives.

Alors que les flux migratoires continuent de façonner l’actualité mondiale, les interventions comme celle de Richard Gere rappellent l’importance d’aborder ce sujet avec humanité et pragmatisme. Face à la montée des discours sécuritaires, des voix comme la sienne tentent de rééquilibrer le débat — non pas en niant les défis, mais en plaidant pour des solutions fondées sur la solidarité.

Il s’agit d’un partenariat lancé le 4 juin 2026 à Berlin entre la fondation de Richard Gere et l’Hertie School, visant à promouvoir une approche plus positive et humaine des migrations, notamment en provenance d’Afrique. L’initiative souhaite remplacer les discours hostiles par des mesures centrées sur les opportunités et les droits des migrants.