Avec The Dog Stars, le réalisateur britannique Ridley Scott signe son vingt-neuvième long-métrage, une adaptation du roman La Constellation du chien de Peter Heller publié en 2012. Sorti en salles le 26 août 2026, ce film post-apocalyptique explore les conséquences d’une pandémie ayant plongé le monde dans le chaos. À l’occasion de sa venue à Paris pour la promotion de l’œuvre, Ridley Scott, alors âgé de 88 ans, s’est confié sur les craintes ayant inspiré ce récit, ainsi que sur les solutions qu’il entrevoit face aux crises actuelles.

Ce qu'il faut retenir

  • Un film post-apocalyptique adapté d’un roman de 2012 : The Dog Stars est inspiré de La Constellation du chien, premier roman de Peter Heller, sorti en 2012.
  • Une pandémie comme point de départ : Le film imagine un monde basculant dans le chaos après une pandémie, un scénario inspiré par les crises récentes comme la pandémie de Covid-19.
  • L’agriculture comme solution : Ridley Scott met en avant le rôle clé des agriculteurs dans un monde en crise, soulignant leur capacité à cultiver et conserver des ressources essentielles.
  • Une critique des dérives humaines : Le réalisateur pointe du doigt la cupidité, l’inaction climatique et l’incapacité des États à agir face aux crises.
  • Un tournage marqué par la collaboration avec Jacob Enordi : L’acteur, choisi pour incarner le héros Hig, a été salué pour sa maturité et son professionnalisme par Ridley Scott.

Selon nos confrères de Franceinfo - Culture, cette production s’inscrit dans la continuité des œuvres de science-fiction du cinéaste, mais marque une première incursion dans le genre post-apocalyptique. Ridley Scott, connu pour des films comme Blade Runner ou Alien, a expliqué avoir été motivé par un constat alarmant : l’accumulation des crises actuelles, qu’elles soient sanitaires, économiques ou environnementales.

Une vision du chaos inspirée par l’actualité

Pour Ridley Scott, le monde tel qu’on le connaît est au bord de l’effondrement. Dans un entretien accordé à la presse française, il a rappelé que des événements comme la pandémie de Covid-19, la crise financière de 2008 ou encore les vagues de chaleur en Europe et aux États-Unis illustrent la fragilité de nos sociétés. « Regardez le monde dans lequel nous vivons ! », s’exclame-t-il, avant d’évoquer des situations apocalyptiques comme celle de Gaza ou les pénuries alimentaires en Afrique. Pour lui, ces crises ne sont que le prélude à un chaos plus large, dont les racines plongent dans l’égoïsme, la cupidité et l’incapacité des gouvernements à agir.

Le réalisateur cite en exemple le documentaire-fiction The War Game, réalisé par Peter Watkins en 1966. Ce film imaginait les conséquences d’une attaque nucléaire sur Londres et concluait qu’en moins de deux semaines, le chaos s’installerait, suivi d’un retour à un état féodal en six semaines seulement. Une vision que Ridley Scott juge réaliste, d’autant plus dans un contexte où les armes à feu sont omniprésentes aux États-Unis, où leur nombre dépasse même celui des habitants. « Même les enfants ont accès aux armes », déplore-t-il, soulignant que cette situation est irréversible.

L’agriculture, une solution d’avenir face aux catastrophes

Au cœur du récit de The Dog Stars se trouve une communauté de Mennonites, des agriculteurs dont le mode de vie apparaît comme une bouffée d’espoir dans un monde ravagé. Pour Ridley Scott, ces paysans incarnent la résilience nécessaire pour reconstruire une société viable. « Parce que ce sont des agriculteurs. Les agriculteurs seront la solution. Si tu es fermier, tu sais cultiver, tu sais ce qui se conserve en hiver, et comment le conserver », explique-t-il. Une vision qui, selon lui, n’a rien de passéiste : elle reflète plutôt un retour à l’essentiel, une nécessité face à l’effondrement des systèmes modernes.

Le réalisateur va plus loin en affirmant que « un agriculteur avisé deviendrait très précieux en cas de catastrophe ». Cette idée s’inscrit dans une critique plus large des dérives technologiques, comme l’intelligence artificielle, qu’il juge à double tranchant. Bien qu’utile dans des domaines comme la médecine, l’IA peut aussi devenir un outil dangereux si elle est mal utilisée. Ridley Scott s’interroge : « On ne peut même plus demander aux enfants de faire leurs devoirs ! », soulignant les risques d’une dépendance excessive à ces technologies.

Un héros pragmatique face à l’apocalypse

Le personnage principal du film, Hig, interprété par Jacob Enordi, incarne cette résilience. Un homme ordinaire, dont la vie bascule après avoir perdu sa femme et son enfant dans la pandémie. « C’est dévastateur. Avec lui, il y a Bangley, qui est un militaire, un dur. Mais quand Hig dit "Je m’en vais", Bangley laisse soudain transparaître sa vulnérabilité », explique Ridley Scott. Le réalisateur décrit Hig comme un homme pragmatique, loin du rêveur, dont la survie dépend de sa capacité à s’adapter à un monde brutal.

Le tournage du film, marqué par la collaboration avec Jacob Enordi, s’est déroulé dans une ambiance sereine. Ridley Scott, séduit par l’acteur après l’avoir vu dans un film australien, le décrit comme un « vrai gentleman, talentueux et mûr », bien que seulement âgé de 28 ans. Pour le cinéaste, ce choix était essentiel pour incarner un héros crédible, capable de porter le récit avec justesse.

Une célébration de la nature, dernier rempart contre l’humanité

Si Ridley Scott n’a pas lu le roman de Peter Heller, il en a apprécié l’adaptation par le scénariste Mark L. Smith. Ce qui l’a séduit dans l’histoire, c’est sa « célébration de la nature ». Pour lui, la planète est un système puissant, capable de se débarrasser de l’humanité en un clin d’œil si celle-ci ne respecte pas ses limites. « C’est la seule chose que nous avons, alors nous ferions mieux de la respecter avant qu’elle ne nous éjecte comme une puce sur le dos d’un chien », déclare-t-il, pointant du doigt l’inaction des États face aux crises climatiques.

Le réalisateur prend l’exemple de la Corée du Sud, qui fonctionne presque entièrement grâce aux énergies renouvelables. Une solution qu’il juge à la portée de tous, mais que les gouvernements tardent à adopter. Pour lui, The Dog Stars n’est pas qu’un simple divertissement : c’est un avertissement. À 88 ans, il confie s’inquiéter pour ses enfants et les générations futures, vivant dans un monde où chaque décision compte plus que jamais.

Et maintenant ?

Alors que The Dog Stars s’installe dans les salles, Ridley Scott continue d’enchaîner les projets. Le réalisateur, connu pour son énergie inépuisable, prépare déjà une adaptation de L’Île au trésor et un film sur la Première Guerre mondiale, Battle of Britain. Pour lui, le cinéma reste un moyen de transmettre des messages urgents, avant que la réalité ne dépasse la fiction.

En parallèle, la sortie du film coïncide avec une réflexion plus large sur les solutions à apporter aux crises globales. Ridley Scott appelle à une prise de conscience collective, soulignant que les agriculteurs, les énergies renouvelables et une gouvernance responsable pourraient éviter le pire. Reste à savoir si ce cri d’alarme, porté par l’un des plus grands cinéastes de notre temps, sera entendu.

Le réalisateur a été séduit par l’idée de célébrer la nature et de montrer comment l’humanité pourrait rebondir après une catastrophe. Pour lui, le roman de Peter Heller offrait une vision à la fois réaliste et porteuse d’espoir, avec des personnages capables de s’adapter à un monde en crise.