Le constructeur américain Rivian franchit une nouvelle étape dans le développement de ses technologies autonomes. Selon Numerama, l’entreprise dirigée par RJ Scaringe a révélé, dans un entretien accordé le 14 juin 2026 au podcast Masters of Scale, le déploiement imminent d’un système de conduite autonome supervisée « point à point » d’ici la fin de l’année. Ce projet, comparable au Full Self-Driving (FSD) de Tesla, équipera les véhicules de deuxième génération ainsi que le nouveau SUV R2.
Ce qu'il faut retenir
- Lancement prévu d’ici fin 2026 d’un système de conduite autonome supervisée « point à point » sur les modèles Gen 2 et le R2.
- Le système permettra une prise en charge complète du trajet, y compris en milieu urbain, sous la supervision du conducteur.
- Rivian table sur une conduite non supervisée de niveau 3 dès 2027, puis une autonomie de niveau 4 d’ici 2028.
- La marque mise sur une architecture combinant 11 caméras, radars, capteurs à ultrasons et LiDAR, contrairement à Tesla qui privilégie les caméras.
- Un partenariat avec Uber prévoit le déploiement de 50 000 robotaxis d’ici 2028, basés sur le modèle R2.
Cette annonce marque un tournant stratégique pour Rivian, qui passe d’une présentation théorique à une promesse concrète et datée. Jusqu’à présent, les fonctionnalités d’assistance à la conduite de la marque se limitaient à des usages mains libres sur autoroute, comme le système proposé par BMW. Avec ce nouveau logiciel, Rivian entend proposer une solution bien plus ambitieuse, couvrant l’ensemble des types de routes, des intersections aux voies rapides en passant par les centres-villes.
« Plus tard cette année, nous proposerons un système point à point entièrement supervisé, qui sera très similaire au FSD de Tesla », a confirmé RJ Scaringe lors de l’entretien. « Cela sera déployé sur l’ensemble de nos véhicules de deuxième génération et, bien sûr, sur le R2. » Le dirigeant précise que cette fonctionnalité sera accessible aux clients inscrits au programme Autonomy Plus, proposé sous forme d’adhésion à vie.
Le calendrier technologique de Rivian s’inscrit dans une ambition bien plus large. D’ici 2027, l’entreprise vise une conduite de niveau 3, dite « eyes-off », permettant au conducteur de détourner son attention de la route dans certaines conditions. Puis, en 2028, Rivian entend atteindre le niveau 4, où le véhicule pourra circuler sans occupant à bord pour des tâches comme des livraisons ou des déposes scolaires.
Ces avancées s’inscrivent dans le cadre d’un partenariat stratégique avec Uber. La plateforme de mobilité prévoit en effet de déployer une flotte de 50 000 robotaxis basés sur le modèle R2 pour lancer un service de transport autonome payant à l’horizon 2028. Une initiative qui pourrait redéfinir les standards du secteur.
Sur le plan technique, Rivian se distingue de Tesla par sa méthodologie. Là où le constructeur de Palo Alto a opté pour une approche « Tesla Vision » reposant uniquement sur des caméras, Rivian combine 11 caméras haute résolution, des radars de nouvelle génération, des capteurs à ultrasons et un LiDAR. Ce dernier, intégré prochainement, devrait renforcer la précision de détection des obstacles et des environnements complexes. L’architecture matérielle est pilotée par une pile logicielle d’intelligence artificielle développée en interne, alimentée par les données collectées auprès de la flotte en circulation.
Cependant, cette accélération technologique expose Rivian aux mêmes défis que son principal concurrent. Vendre des véhicules aujourd’hui en s’appuyant sur des promesses logicielles futures nécessite une exécution technique irréprochable. La robustesse des algorithmes face à la complexité des environnements urbains non cartographiés sera déterminante, tout comme l’approbation des autorités de régulation routière, souvent prudentes face à la démocratisation des systèmes autonomes.
Selon Numerama, Rivian mise sur une approche progressive pour rassurer les régulateurs et les utilisateurs. Le système « point à point » annoncé pour fin 2026 restera supervisé, ce qui limite les risques immédiats. « La supervision constante du conducteur est un garde-fou essentiel », a souligné RJ Scaringe. « Nous ne cherchons pas à prendre de risques inutiles, mais à construire une technologie fiable et sécurisée. »
L’enjeu est de taille pour Rivian, dont la crédibilité dépendra de la capacité à tenir ses engagements dans les délais impartis. Le constructeur, qui a déjà connu des retards dans la livraison de ses véhicules, devra prouver que sa feuille de route logicielle est réaliste. Les prochains mois seront cruciaux pour évaluer la maturité de ses solutions.
Pour l’heure, les concurrents directs de Rivian, comme Tesla, Ford ou GM, suivent de près ses avancées. Une course technologique s’est engagée, où la précision des capteurs et la qualité des algorithmes seront déterminantes. Le pari de Rivian est clair : rattraper Tesla en misant sur une approche hybride entre caméras et LiDAR, tout en capitalisant sur des partenariats industriels ambitieux.
Reste à savoir si l’entreprise parviendra à concilier rapidité de déploiement et fiabilité, deux critères souvent antagonistes dans le domaine de la conduite autonome. Une chose est sûre : le secteur automobile entre dans une nouvelle ère, où le logiciel devient aussi stratégique que le hardware.
Contrairement à Tesla, qui repose uniquement sur des caméras avec son système « Tesla Vision », Rivian combine 11 caméras, des radars, des capteurs à ultrasons et un LiDAR. Cette architecture hybride vise à améliorer la précision de détection, notamment dans des environnements complexes comme les centres-villes.
Rivian prévoit le déploiement de son système de conduite autonome supervisée « point à point » d’ici la fin 2026. Il sera disponible sur les modèles de deuxième génération ainsi que sur le nouveau SUV R2, pour les clients inscrits au programme Autonomy Plus.