Le festival Rock en Seine, qui se tient chaque année depuis 2003 au parc national de Saint-Cloud, près de Paris, a dévoilé une partie de sa programmation dédiée aux talents émergents. Selon Franceinfo - Culture, Matthieu Ducos, son directeur artistique, a sélectionné cinq artistes à découvrir absolument lors des quatre jours de l’événement, du 27 au 30 août 2026.
Ce qu'il faut retenir
- Cinq artistes émergents ont été mis en avant par Matthieu Ducos pour leur singularité et leur potentiel
- Changeline, originaire de Grenoble, mêle hip-hop, hyperpop et électro avec des textes en anglais et en français
- Tyler Ballgame, songwriter américain formé au Berklee College of Music, se produira avec sa voix chaleureuse
- Maddy Street, artiste non-binaire normande, oscille entre rap, électro et rock dans une énergie débridée
- Lambrini Girls, duo punk féministe anglais, portera un message politique engagé sur scène
- Ditter, trio français aux influences électro, punk et pop, clôturera le festival dimanche soir
Changeline : une artiste grenobloise aux textes crus et engagés
Installée à Grenoble, Changeline incarne une nouvelle génération d’artistes autodidactes qui bousculent les codes. Depuis quatre ans, elle développe un univers musical mêlant hip-hop, hyperpop, trap et électro, avec des textes souvent en anglais ou en français. « C’est une artiste qui écrit très bien, avec un esprit très punk et des paroles assez crues », résume Matthieu Ducos. Ses morceaux explorent des thèmes comme l’identité, la résilience ou l’affirmation de soi, le tout dans des textures sonores riches et variées.
Selon le directeur du festival, Changeline se distingue par sa présence scénique et sa capacité à embarquer le public. « En live, c’est extrêmement fort. Elle embarque vraiment son public », souligne-t-il. « Ça fait du bien d’avoir des jeunes artistes qui disent des choses. » La jeune femme se produira jeudi 27 août à 17h05 sur l’une des scènes de Rock en Seine.
Tyler Ballgame : le retour du songwriting à l’américaine
Originaire de Rhode Island, aux États-Unis, Tyler Ballgame s’est fait remarquer avec son premier album, For the First Time, Again, sorti en janvier 2026 sur le label Rough Trade. Ce disque, enregistré en live et pensé comme un tout, s’inscrit dans la tradition des grands songwriters des années 1960-1970. « C’est un artiste qui remet au goût du jour ce songwriting à l’américaine que beaucoup aiment », explique Matthieu Ducos, qui le compare à des figures comme Nick Drake ou John Lennon.
Formé au Berklee College of Music – classé deuxième meilleure université de musique au monde en 2025 par The Hollywood Reporter – Tyler Ballgame a également multiplié les scènes ouvertes de Venice Beach, en Californie. « Il a une voix extrêmement chaleureuse en live, un peu plus calme que certains autres artistes de notre programmation, mais son projet est absolument magnifique », confie le programmateur. Son concert est prévu vendredi 28 août à 18h00.
Maddy Street : énergie débridée et créativité sans limites
Né·e de parents britanniques et installé·e en Normandie, Maddy Street cultive une identité artistique hybride, entre textes en anglais et en français. L’artiste, non-binaire, puise son inspiration dans la pop culture anglaise tout en développant un style musical unique, mêlant rap, électro et rock. « Iel cite souvent Little Simz, rappeuse anglaise, ou Yseult comme influences », indique Matthieu Ducos. « Toutefois, je pense que Maddy a une énergie qui ressemble plus à celle de Little Simz, très turbulent·e sur scène. »
Vidéaste à ses heures perdues, Maddy Street réalise également ses propres clips, témoignant d’une créativité insatiable. « C’est un·e artiste très producti·f·ve. En 2026, iel a l’ambition de sortir une nouvelle chanson tous les deux mois », précise le directeur du festival. Une productivité qui promet des découvertes tout au long de l’année. Sur scène, Maddy Street se produira samedi 29 août à 16h20.
Lambrini Girls : un duo punk féministe aux messages percutants
Formé en 2018 à Brighton, en Angleterre, Lambrini Girls est un « girls band » queer et féministe qui s’inscrit dans la lignée du mouvement punk des années 1990. Phoebe Lunny, musicienne et chanteuse, et Lilly Macieira, bassiste, y défendent des causes comme l’homophobie, le masculinisme, la transphobie ou les violences policières. « Beaucoup de thématiques sont abordées autour de ces sujets », détaille Matthieu Ducos.
Souvent associés au mouvement Riot Grrrl, les deux membres collaborent régulièrement avec des figures du punk comme Iggy Pop ou Peaches. Leur premier album, Who Let the Dogs Out, est sorti en janvier 2025. « Elles vouent également un culte à Stevie Nicks », ajoute le programmateur. Leur concert est prévu samedi 29 août à 17h00 sur la grande scène du festival.
Ditter : un trio français entre électro, punk et pop
Ditter est le fruit d’une rencontre fortuite entre Rosa, François et Samuel à Montreuil. Après avoir travaillé ensemble sur un projet solo, les trois musiciens ont décidé de former ce trio, qui puise dans un mélange éclectique d’électro clash, de punk et de pop. « C’est un mélange d’électro clash, de punk mais aussi de pop chipie », explique Matthieu Ducos, qui cite Charli XCX ou les Ting Tings comme références.
Avec deux EP à leur actif – Me, Money & Politics (2024) et Cringe is the New Sexy (2025) – Ditter incarne une musique joyeuse et libérée. « C’est très mélodique, on sent que le groupe s’amuse et c’est extrêmement communicatif », commente le directeur de Rock en Seine. Soutenu par le Club avant Seine, le trio clôturera le festival dimanche 30 août à 21h15.
Rock en Seine reste l’un des rendez-vous musicaux les plus attendus de l’été, où se croisent les têtes d’affiche et les nouveaux visages. Pour cette édition, le pari est clair : révéler des artistes capables de marquer durablement l’histoire de la musique française et internationale.