Pour la troisième année consécutive, le tournoi Roland-Garros a ouvert ses portes à 172 licenciés via son programme « Entrée de rêve », dont dix enfants en situation de handicap. Parmi eux, Margot, 8 ans, et Oscar ont pu accompagner les joueuses Anna Kalinskaya et Maja Chwalinska lors de leur quart de finale sur le court Philippe-Chatrier, rapporte RMC Sport.

Ce qu'il faut retenir

  • 172 licenciés ont bénéficié du programme « Entrée de rêve » en 2026, dont dix enfants en situation de handicap.
  • Margot, 8 ans, et Oscar ont accompagné les joueuses sur le court central lors d’un quart de finale.
  • Le programme permet aux enfants de porter une tenue identique à celle des ramasseurs de balles et de garder ce souvenir.
  • Oscar, licencié à Villeneuve-d’Ascq, et Margot, de Château Gombert, ont vécu une immersion au cœur du tournoi.
  • Leur participation a suscité une vive émotion parmi leurs familles, présentes en tribune.

Une journée d’immersion au cœur du tournoi

Dès l’aube, les allées de Roland-Garros étaient encore calmes lorsque Margot, Oscar et leurs familles ont rejoint le point de rendez-vous, situé au pied du court Philippe-Chatrier. Le protocole, strict, a imposé une préparation minutieuse : distribution de tenues — t-shirt blanc, jupe ou short, chaussettes et baskets blanches — avant de se diriger vers les coulisses. « Voilà Margot, c’est le sac dans lequel il y a ta tenue », a expliqué l’une des encadrantes du programme, comme le rapporte RMC Sport.

« Ils ont la totale et pourront garder la tenue après l’entrée, toute la journée, et repartir avec pour garder un souvenir », a précisé un accompagnateur. Après un passage au vestiaire, les deux enfants étaient fin prêts pour leur grand moment. Un briefing s’en est suivi, essentiel pour assurer le bon déroulement de la séquence. Puis Margot et Oscar ont disparu dans les coursives menant au court central, laissant leurs familles dans l’attente.

Une attente chargée d’émotion pour les parents

Dans les tribunes, juste au-dessus des loges, les parents ont suivi l’évolution de la journée avec une attention soutenue. Éloïse, la mère d’Oscar, a partagé son ressenti : « Je suis assez émue et très heureuse qu’il ait cette possibilité. Je lui ai montré plusieurs vidéos pour qu’il comprenne comment ça allait se passer. Je crois qu’il est très excité. » Elle a également révélé que l’école de son fils avait prévu de suivre l’événement en direct pendant la récréation, un geste qui a touché toute la communauté éducative.

À ses côtés, Benoît, le père de Margot, avait les yeux rivés sur sa fille. « De loin, elle est toute petite. C’est impressionnant. J’ai trop hâte qu’elle rentre sur le terrain, qu’elle prenne beaucoup de plaisir et qu’elle nous rejoigne », a-t-il confié. Le générique de début de match s’est lancé, le speaker a annoncé les joueuses, et Oscar et Margot sont entrés en piste, sous les applaudissements discrets des spectateurs présents.

Un moment historique sur la terre battue

Le jeune licencié du club de la Raquette de Villeneuve-d’Ascq a été le premier à fouler la terre battue, aux côtés de la Polonaise Maja Chwalinska. Les bras levés, Oscar a avancé avec un large sourire, malgré une légère imprécision sur sa position. « Il arrive un peu vite, il n’est pas tout à fait au bon endroit, mais ce n’est pas grave. Il va parler à tout le monde, c’est super pour lui. C’est une expérience extraordinaire », a commenté sa mère, émue.

Margot a ensuite fait son entrée sur le court, sous le regard de sa mère, Anne-Charlotte, qui n’a pu retenir ses larmes. « Désolée, je ne peux pas parler là », a-t-elle glissé, les yeux brillants. Les deux enfants ont été appelés au centre du court par l’arbitre central, échangeant un regard complice avec leurs parents avant de poser pour la photo officielle, entourés des deux joueuses. Un cliché immortalisé pour l’éternité.

« C’est trop beau de la voir sur le terrain. C’est une sacrée résilience, une petite victoire pour elle. Ça ne va faire que des bons souvenirs », a souligné Benoît, le regard empli de fierté.

Margot, une combattante au sourire inaltérable

Le parcours de Margot est marqué par une résilience exceptionnelle. À seulement 5 ans, elle a subi un accident lors d’un stage de voile, qui a bouleversé sa vie. « Du jour au lendemain, sa vie change, bascule. Elle était valide, elle passe paraplégique. Elle se bat tous les jours pour se mettre debout. Elle a une force incroyable, elle garde toujours la patate et le sourire. C’est une perle, un rayon de soleil », a rappelé Benoît. Cette journée à Roland-Garros représente pour elle une victoire de plus dans son combat quotidien.

De retour dans les coulisses, les familles ont retrouvé leurs enfants, qui ont partagé leur ressenti. « Bravo mon amour, bravo », a murmuré Éloïse à l’oreille de Margot. « Tu as eu beaucoup de courage, parce que moi j’étais impressionnée. Tu n’as même pas eu peur ? » « Non, pas beaucoup… Un petit peu », a répondu la petite fille, un sourire aux lèvres. « Tu as eu beaucoup de courage parce que moi j’étais impressionnée. Tu n’as même pas eu peur ? », a-t-elle ajouté, avant que Margot ne réponde timidement : « Un petit peu. »

Une expérience « Entrée de rêve » à la hauteur des attentes

Éloïse a résumé ce moment suspendu avec simplicité : « Il a fait une entrée particulière, mais joyeuse. C’est ce qu’il fallait. C’est un beau moment. Ce n’était pas parfait, mais c’était gai. C’était simple, finalement. L’entrée de rêve, ça porte bien son nom. » Pour ces familles, cette journée restera gravée dans leur mémoire, bien au-delà des résultats sportifs.

Après cette parenthèse magique, Margot et Oscar ont rejoint les allées de Roland-Garros, où ils ont pu profiter des matchs en cours. Leur journée, bien que courte, a marqué leur présence au cœur de l’un des plus grands tournois de tennis au monde. Une expérience qui, pour eux, dépasse largement le cadre sportif.

Et maintenant ?

Le programme « Entrée de rêve » devrait être reconduit lors des prochaines éditions de Roland-Garros, offrant à d’autres enfants en situation de handicap l’opportunité de vivre une immersion similaire. Aucune date précise n’a encore été communiquée pour l’édition 2027, mais l’organisation du tournoi devrait prochainement publier les modalités de participation.

Pour Margot et Oscar, cette journée restera un souvenir précieux, mais aussi une source de motivation pour poursuivre leur pratique sportive. Leurs clubs respectifs, la Raquette de Villeneuve-d’Ascq et Château Gombert, pourraient s’inspirer de cette expérience pour encourager d’autres initiatives inclusives.

Les participants sont sélectionnés par tirage au sort parmi les licenciés des clubs partenaires. Les critères de sélection et les modalités d’inscription sont généralement communiqués en début d’année par la Fédération Française de Tennis.