À l’issue de l’élimination de Diane Parry en huitièmes de finale de Roland-Garros 2026, dernier représentant tricolore en lice dans le tableau principal, le directeur du haut niveau de la Fédération française de tennis, Ivan Ljubicic, a présenté ce mardi un bilan nuancé des performances des joueurs et joueuses français lors de la quinzaine parisienne. Selon Le Figaro, l’ancien champion croate a dressé un constat sans concession, entre satisfactions ponctuelles et déceptions structurelles.

Ce qu'il faut retenir

  • Trois têtes de série masculines (Rinderknech, Humbert, Moutet) et aucune chez les femmes : un écart de niveau qui a pesé sur les résultats.
  • Diane Parry qualifiée pour son premier quart de finale à Roland-Garros, performance saluée par Ljubicic.
  • Moïse Kouame, 17 ans, distingué pour son ambition et son potentiel, malgré une élimination prématurée.
  • Arthur Fils absent du tournoi, une absence jugée regrettable par le responsable fédéral.
  • Loïs Boisson et Ksenia Efremova en difficulté, révélant les limites de la génération actuelle chez les femmes.
  • Les wild-cards pour l’US Open déjà en discussion, avec une attention particulière pour Gaël Monfils.

Un bilan « ni positif ni négatif », entre réalisme et ambition

Ivan Ljubicic n’a pas caché son analyse des résultats enregistrés cette année à Roland-Garros, où le tennis français a confirmé sa difficulté à s’imposer dans la durée sur la terre battue parisienne. « Le constat et l’analyse sont plutôt simples », a-t-il lancé devant la presse. « On avait trois têtes de série chez les hommes — Arthur Rinderknech, Ugo Humbert et Corentin Moutet — et pas de tête de série chez les femmes. Donc les résultats sont un peu la conséquence des niveaux d’aujourd’hui. » Le constat est sans appel : malgré une génération masculine prometteuse, les Bleus peinent à franchir les tours décisifs. « Je pense que l’exploit de Diane Parry, surtout, est très positif. Et Moïse Kouame, bien évidemment. Tout le reste, ce n’est ni bien ni mal, ni positif ou négatif, c’est comme ça. Il faut l’accepter, avancer et espérer que cela change. »

Le responsable a cependant tenu à rappeler les exigences liées à un pays comme la France. « Un pays comme la France ne mérite pas ça », a-t-il martelé. « Mais c’est la réalité. Il faut travailler pour changer. » Une phrase qui résume la tension permanente entre les ambitions affichées et les performances concrètes, entre héritage historique du tennis français et défis contemporains.

Moïse Kouame, la pépite qui fait rêver

Parmi les satisfactions de cette édition, Ivan Ljubicic a placé en tête de liste Moïse Kouame, 17 ans seulement, dont le parcours s’est arrêté au troisième tour. Le jeune espoir a marqué les esprits par son attitude et ses déclarations ambitieuses. « Moïse continue de montrer des signes très importants. Pas que dans les résultats, je parle aussi de sa manière d’affronter les situations, de montrer qu’il est prêt à faire des choses très importantes », a-t-il souligné. Après son premier tour, le Français n’avait pas hésité à évoquer l’idée de remporter le tournoi. Des propos qui, en France, peuvent parfois être perçus comme excessifs. Mais Ljubicic défend cette ambition sans réserve : « Pourquoi pas ? Il faut accepter le challenge, il faut rêver. Et lui ne se pose pas de limites. »

Le directeur du haut niveau a cependant tempéré les ardeurs : « Il ne faut pas se précipiter. Il a 17 ans. Nous sommes là pour continuer à l’accompagner, il n’y a pas de stress. Il a besoin de jouer beaucoup de matchs pour continuer à apprendre, pour continuer à vivre des expériences positives et négatives, parce qu’on a besoin des deux. » Une mise en garde qui rappelle que la maturation d’un joueur passe aussi par l’expérience des défaites, aussi douloureuses soient-elles. « Il va progresser, c’est sûr. Mais à quelle vitesse ? C’est lui qui va décider. On ne peut pas griller des étapes, la maturité prend du temps. » Derrière Kouame, Ljubicic cite d’autres noms prometteurs comme Daniel Jade ou Mathys Domenc, issus de la même génération 2009, porteuse d’espoir pour l’avenir.

Le regret Arthur Fils et l’absence des favoris

Parmi les absences notables cette année à Roland-Garros figurait celle de Arthur Fils, l’un des meilleurs joueurs français du moment. Ljubicic a reconnu son inquiétude quant à la santé de la pépite tricolore. « Je n’ai pas trop d’informations. Je suis inquiet, oui, bien évidemment. Après Rome, il n’a pas joué ici. Je n’ai pas cherché trop d’informations, je voudrais le laisser un peu tranquille. » Une absence qui prive le tennis français d’un atout majeur dans la perspective des Jeux Olympiques de Los Angeles, mais aussi pour la suite de la saison sur terre battue.

« On sait ce qu’a fait Arthur cette année, il est un super joueur qui fait partie des meilleurs du monde. C’est vraiment dommage qu’il n’ait pas pu essayer de jouer ce tournoi. Oui, il faut se poser des questions, bien sûr. J’espère que sa décision de ne pas jouer Roland-Garros, c’était seulement pour s’assurer d’être prêt pour le gazon. C’est juste dommage, difficile. » Une déclaration qui laisse entrevoir une stratégie de gestion de la charge physique, mais qui interroge sur la capacité du joueur à rebondir avant l’échéance olympique.

Loïs Boisson et Ksenia Efremova : les limites d’une génération en construction

Côté féminin, le bilan est plus contrasté encore. Loïs Boisson, finaliste en junior l’an passé, s’est inclinée dès le premier tour. Ljubicic a choisi de relativiser, insistant sur le potentiel de la jeune femme. « On l’a aidée. Je voudrais quand même éviter de parler des détails, mais on l’a aidée. Moi, je ne peux que souhaiter qu’elle joue au tennis. Parce que même dans la défaite, j’ai vu ses qualités de frappe, de déplacements, ses qualités physiques hors norme. » Une confiance affichée qui tranche avec les résultats immédiats, mais qui vise à préserver la motivation de la joueuse.

Plus inquiétante en revanche semble être la situation de Ksenia Efremova, battue dès le premier tour du tableau principal avant d’être éliminée en juniors, où elle était tête de série numéro un. Ljubicic a adopté un ton bienveillant pour commenter son parcours : « C’est plutôt normal. Je pense que pour une fille de 17 ans, de jouer un tableau final de Grand Chelem, vivre des émotions sur le Suzanne-Lenglen et pratiquement sept jours après, être tête de série numéro 1 chez les juniors, avec toute la pression du monde, c’est très difficile à gérer. » Un aveu de lucidité sur les défis psychologiques auxquels font face les jeunes talents.

« J’ai vu tout le match, j’étais content de son comportement, de la manière de vivre ces moments qui sont très difficiles. Après le match, elle était complètement déçue. Ce sont des moments importants dans une carrière qu’il faut vivre. Il faut apprendre. » Ljubicic a tenu à rappeler que la comparaison avec d’autres prodiges, comme Maria Sharapova ou Moïse Kouame, n’a pas lieu d’être : « Elle va avoir une trajectoire qu’on ne connaît pas. Il faut vivre les moments au jour le jour, faire le maximum tous les jours. »

Les wild-cards pour l’US Open : un casse-tête pour Ljubicic

Alors que la saison se tourne désormais vers Wimbledon puis l’US Open, la question des wild-cards françaises se pose avec acuité. Ljubicic a reconnu la complexité de la décision, tout en affichant une satisfaction paradoxale : « C’est compliqué évidemment. On va attendre avant de prendre une décision. Il faut arbitrer. Je vais demander à Gaël Monfils de demander la wild card directement à l’US Open, pourquoi pas. Ce n’est pas moi tout seul qui décide. » Une procédure qui implique plusieurs acteurs, dont l’intéressé lui-même.

« On va se réunir comme à chaque fois. Mais je suis plutôt content d’avoir des problèmes comme ça, d’avoir des joueurs qui présentent des éléments plutôt importants pour avoir une wild card, qu’il faut mériter. D’ici là, j’espère que Gaël joue et gagne des matchs. On espère toujours avoir un peu plus de flexibilité sur la décision. » Une déclaration qui en dit long sur les attentes placées dans l’expérience de Monfils, joueur expérimenté et capable de générer de l’engouement médiatique.

Et maintenant ?

La saison sur gazon s’annonce courte mais intense, avec Wimbledon en ligne de mire. Pour les Français, l’enjeu sera de confirmer les promesses entrevues à Roland-Garros, notamment celles de Moïse Kouame et Diane Parry. Côté masculin, la pression retombera sur les épaules de Rinderknech, Humbert et Moutet, tandis que le staff fédéral devra accompagner au mieux Arthur Fils vers son retour. Pour les femmes, la reconstruction passera sans doute par un travail approfondi sur la régularité et la gestion de la pression. Enfin, la question des wild-cards pour l’US Open pourrait trouver une réponse d’ici la fin juin, en fonction des performances enregistrées sur gazon.

Une chose est sûre : le tennis français traverse une période de transition, où le potentiel ne manque pas, mais où la concrétisation des résultats reste un défi permanent. Comme le résume Ljubicic, « il faut travailler pour changer ». Et ce changement, s’il advenait, pourrait bien s’incarner dans les prochaines générations de joueurs tricolores.

Ivan Ljubicic a indiqué ne pas avoir reçu d’informations précises sur la santé du joueur, mais a évoqué une absence volontaire pour se préparer au mieux en vue des prochaines échéances, notamment Wimbledon et les Jeux Olympiques de Los Angeles. Ljubicic a déclaré : « Après Rome, il n’a pas joué ici. Je n’ai pas cherché trop d’informations, je voudrais le laisser un peu tranquille. »

Moïse Kouame est âgé de 17 ans. Il est considéré comme un espoir majeur en raison de son attitude ambitieuse, de ses déclarations audacieuses et de son potentiel technique, comme en témoignent ses performances en junior et ses premiers résultats chez les professionnels. Ivan Ljubicic a souligné : « Il ne se pose pas de limites. Il peut être vu comme quelqu’un qui n’est pas humble mais c’est juste l’exigence et l’ambition sportive qui continuent de le pousser. »