Le Paraguayen Adolfo Daniel Vallejo a été condamné par la direction de Roland-Garros pour des déclarations sexistes tenues à l'encontre de l'arbitre féminine de son match contre Moïse Kouame, disputé jeudi 28 mai 2026. Selon Franceinfo - Sport, ces propos, jugés « inacceptables » par les organisateurs du tournoi et la Fédération française de tennis, ont entraîné une amende « significative » à son encontre.
Ce qu'il faut retenir
- Adolfo Daniel Vallejo, battu en cinq sets (6-3, 7-5, 3-6, 2-6, 7-6 [10-8]) par Moïse Kouame, a tenu des propos sexistes en conférence de presse et dans un entretien accordé au site Clay.
- Il a estimé que le match « aurait dû être arbitré par un homme », évoquant la « difficulté pour une femme de gérer une foule exigeante ».
- La direction de Roland-Garros et la FFT ont condamné ces déclarations, rappelant que « la compétence des arbitres ne se mesure pas à leur genre ».
- Une amende « significative » a été infligée au joueur paraguayen pour ces propos inacceptables.
- Vallejo avait déjà critiqué l'arbitrage en conférence de presse, sans mentionner le genre de l'arbitre, mais en pointant son manque d'autorité face au public.
- L'arbitre en question, la Brésilienne Ana Carvalho, officiant sur la chaise lors de ce match, n'avait pas été citée nommément par le joueur lors de ses premières déclarations.
Un match en cinq sets et des critiques ciblées sur l'arbitrage
Jeudi 28 mai 2026, Adolfo Daniel Vallejo s'inclinait face à Moïse Kouame dans un match marathon de cinq sets, après plus de quatre heures de jeu. Dans les minutes qui ont suivi sa défaite, le Paraguayen s'est exprimé devant la presse, critiquant principalement le comportement du public et l'attitude de l'arbitre. « C'est dommage que l'arbitre n'ait pas su contrôler le public et n'ait pas eu plus d'autorité pour le faire », avait-il déclaré, sans évoquer le genre de l'officielle.
Alors que les médias couvraient déjà ses premières déclarations, Vallejo s'est ensuite livré à une interview pour le site spécialisé Clay, où ses propos ont pris une tournure explicitement sexiste. « Cela doit être arbitré par un homme car c'est une foule très exigeante et il faut beaucoup de force pour aller à son encontre », a-t-il affirmé auprès du journaliste Sebastian Fest. « C'est très difficile pour une femme de le faire. Le public était vraiment excessif, mais je comprends qu'il soutient son compatriote. C'est un public assez intense, c'est pourquoi j'étais préparé. »
Condamnations unanimes et sanction immédiate
Dans un communiqué publié vendredi 29 mai en fin d'après-midi, la direction de Roland-Garros et la Fédération française de tennis (FFT) ont vivement réagi à ces déclarations. Les deux instances ont qualifié les propos de Vallejo d'« inacceptables », rappelant avec fermeté que « la compétence des arbitres ne se mesure pas à leur genre, mais à leur professionnalisme et à leur capacité à officier à haut niveau ».
Le communiqué précise également que le résultat d'un match, qu'il soit favorable ou non, ne saurait « ni justifier, ni excuser de tels propos ». Les organisateurs ont annoncé qu'ils sanctionneraient Vallejo « de manière significative » par une amende financière. Aucune autre mesure disciplinaire n'a été évoquée dans l'immédiat, mais la FFT et Roland-Garros se réservent le droit de prendre d'éventuelles sanctions complémentaires.
« La compétence des arbitres ne se mesure pas à leur genre, mais à leur professionnalisme et à leur capacité à officier à haut niveau. Le résultat d'une rencontre sportive, qu'il soit positif ou négatif, ne pourra jamais ni justifier, ni excuser de tels propos. »
— Communiqué commun de la direction de Roland-Garros et de la FFT, 29 mai 2026
Une séquence de déclarations en deux temps
La séquence révèle une évolution dans le discours de Vallejo entre ses premières prises de parole et son entretien avec Clay. En conférence de presse, le joueur s'était contenté de critiquer l'arbitrage sur un plan strictement technique, pointant l'incapacité de l'officielle à maîtriser l'ambiance du public. « L'arbitre n'a pas su contrôler le public et n'a pas eu plus d'autorité pour le faire », avait-il souligné, sans mentionner Ana Carvalho.
C'est dans un cadre plus intimiste, lors d'un échange en anglais avec le journaliste Sebastian Fest, que ses propos ont basculé vers le sexisme. Le Paraguayen a alors associé la gestion d'une foule « très exigeante » à une prétendue « difficulté pour une femme » à occuper ce rôle. Une affirmation qui contraste avec la réalité, Ana Carvalho ayant officié à de multiples reprises sur des tournois majeurs, dont Roland-Garros.
Le contexte du tennis et les enjeux de l'arbitrage féminin
Cette affaire intervient alors que le tennis féminin connaît une progression constante en termes de visibilité et de reconnaissance. Roland-Garros, comme les autres Grands Chelems, met en avant une politique d'égalité entre les genres, notamment à travers une rémunération identique pour les joueurs et joueuses depuis 2007. Pourtant, les stéréotypes persistent, y compris dans le discours des athlètes eux-mêmes.
Les instances dirigeantes du tennis international ont régulièrement rappelé l'importance de l'égalité et du respect envers les arbitres, quel que soit leur genre. En 2021, l'ITF avait déjà lancé une campagne pour lutter contre les discriminations dans le sport, rappelant que les arbitres, comme les joueurs, devaient être jugés sur leurs compétences et non sur des critères discriminants. Vallejo, dont les propos ont été largement relayés, devient ainsi l'exemple récent d'un problème plus large.
En attendant, le Paraguayen poursuit sa compétition à Roland-Garros, où il reste en lice pour les prochains tours. La question de l'arbitrage féminin, elle, continue de faire débat dans le monde du tennis, un an après que la joueuse Ons Jabeur avait déjà souligné l'importance de la diversité des profils parmi les arbitres.
— Anaïs Brosseau, France Télévisions - Rédaction Sport
Il a été sanctionné pour avoir tenu des propos sexistes envers l'arbitre féminine Ana Carvalho, affirmant notamment que le match « aurait dû être arbitré par un homme ». Ces déclarations ont été jugées « inacceptables » par la direction de Roland-Garros et la FFT, qui lui ont infligé une amende « significative ».
Les propos ont été condamnés par la direction du tournoi de Roland-Garros et la Fédération française de tennis (FFT) dans un communiqué commun publié le 29 mai 2026.