Pour la première fois depuis trois ans, le tournoi de Roland-Garros proposera une affiche féminine en session de nuit sur le court Philippe-Chatrier. L’affiche opposant Aryna Sabalenka, actuelle numéro un mondiale, et Naomi Osaka, ancienne championne du tournoi, a été programmée ce lundi 31 mai 2026 en soirée, selon Le Figaro.
Cette décision intervient après trois années d’absence de matchs féminins en nocturne à Roland-Garros. Depuis l’instauration de la session de nuit à Porte d’Auteuil en 2021, seules quatre rencontres du simple dames avaient été diffusées en soirée : Serena Williams contre Begu et Iga Świątek contre Marta Kostyuk en 2021, Alizé Cornet contre Jeļena Ostapenko en 2022, ainsi que Sabalenka contre Sloane Stephens en 2023. Un bilan qui avait suscité de vives critiques, notamment de la part des joueuses.
Ce qu'il faut retenir
- Première affiche féminine en nocturne à Roland-Garros depuis 2023, opposant Aryna Sabalenka et Naomi Osaka.
- Seulement quatre matchs féminins programmés en soirée depuis 2021, selon Le Figaro.
- Amélie Mauresmo, directrice du tournoi, n’a pas répondu aux polémiques récurrentes sur la visibilité du tennis féminin.
- Naomi Osaka avait critiqué en 2025 le manque de visibilité accordé au tennis féminin, soulignant un cercle vicieux.
- Le contexte sportif actuel, marqué par l’élimination précoce de Novak Djokovic et Jannik Sinner, a pu influencer cette programmation.
Un retour progressif du tennis féminin en nocturne
L’absence prolongée de matchs féminins en soirée à Roland-Garros avait nourri les débats sur l’équité entre les genres dans le sport. En 2025, Naomi Osaka n’avait pas caché son mécontentement face à cette situation. Dans une interview rapportée par Le Figaro, elle avait dénoncé une « honte » de la part de la fédération et des diffuseurs : « Beaucoup de grandes joueuses méritent d’être là (...) C’est dommage pour le sport féminin en général, pas seulement pour le tennis. Je ne pense pas que ceux qui prennent ces décisions ont des filles. » Elle ajoutait : « Ils ne montrent pas le sport féminin, ils ne montrent pas le tennis féminin et puis ils disent : ‘Oui, mais les fans regardent surtout les hommes.’ Bien sûr qu’ils regardent plus les hommes parce qu’on montre plus les hommes, tout est lié. »
Cette programmation intervient donc comme un geste symbolique, alors que le haut du tableau masculin a perdu ses deux têtes d’affiche après les éliminations de Djokovic et Sinner. Avec l’absence des Français en lice, les organisateurs ont pu accorder une place plus importante à une rencontre féminine de prestige, tant sur le plan sportif que médiatique.
Un choix dicté par le contexte sportif et les attentes du public
La programmation de ce match en soirée s’explique aussi par l’évolution du paysage sportif à Roland-Garros. L’élimination de Novak Djokovic, battu au deuxième tour par Juan Manuel Cerundolo, et celle de Jannik Sinner ont redistribué les cartes. Sans ces deux figures majeures du circuit masculin, la direction du tournoi a pu se permettre d’accorder une place de choix à une affiche féminine.
Cette décision s’inscrit dans une logique de diversification des contenus proposés aux téléspectateurs. Depuis 2021, la session de nuit à Roland-Garros vise à attirer un public plus large et à moderniser l’image du tournoi. Pourtant, la sous-représentation des joueuses dans ces créneaux horaires avait été pointée du doigt à plusieurs reprises. En 2025, Ons Jabeur avait également critiqué cette disparité, estimant que « ceux qui prennent ces décisions n’ont pas de filles » et que le manque de visibilité du tennis féminin renforçait un biais de perception chez les spectateurs.
Un symbole fort, mais des attentes encore fortes pour l’avenir
Si cette programmation marque un retour symbolique du tennis féminin en nocturne, elle ne suffit pas à répondre à toutes les critiques. Le bilan des matchs féminins en soirée depuis 2021 reste maigre, et les joueuses continuent de réclamer une meilleure représentation. Amélie Mauresmo, directrice du tournoi, n’a pas encore réagi publiquement à cette décision, mais son silence lors de son point presse bilan de la semaine prochaine sera scruté.
Pourtant, des progrès ont été réalisés ces dernières années en matière de médiatisation du tennis féminin. En 2025, Iga Świątek, quadruple championne à Roland-Garros, avait été éliminée dès les huitièmes de finale par Marta Kostyuk, ce qui avait relancé le débat sur la visibilité accordée aux joueuses dans les grands tournois. La programmation de ce match en nocturne pourrait être perçue comme une réponse partielle à ces critiques, tout en restant insuffisante pour certaines actrices du sport féminin.
Reste à voir si cette affiche entre Sabalenka et Osaka, deux figures emblématiques du tennis féminin, suffira à relancer l’engouement pour le sport féminin à Roland-Garros. Une chose est certaine : la pression médiatique et sportive pour plus d’équité ne faiblira pas.
Depuis l’instauration de la session de nuit en 2021, seuls quatre matchs féminins ont été programmés en soirée, selon Le Figaro. Cette rareté s’explique en partie par la priorité donnée aux rencontres masculines, jugées plus attractives commercialement. Les joueuses ont dénoncé ce déséquilibre, estimant que la visibilité accordée au tennis féminin était inversement proportionnelle à son niveau sportif.