À Rome, l’Autorité italienne de la concurrence, l’Antitrust, a infligé une amende de 2,675 millions d’euros aux entreprises américaines Lime et Bird, ainsi qu’à l’allemande Dott. Selon Euronews FR, cette sanction fait suite à une enquête ouverte en novembre 2025, qui a révélé des pratiques abusives de la part de ces opérateurs de trottinettes électriques en libre-service. Les sociétés ont été accusées d’avoir entravé l’accès aux trajets gratuits réservés aux abonnés du réseau de transport public romain, le Metrebus.

Ce qu’il faut retenir

  • L’Antitrust italien a condamné Lime, Bird et Dott à une amende de 2,675 millions d’euros pour avoir limité l’accès aux forfaits gratuits des abonnés Metrebus.
  • Les entreprises ont été jugées responsables de structures organisationnelles inadéquates, rendant l’obtention des Pass gratuits longue et laborieuse.
  • L’Autorité a également pointé la désactivation arbitraire des comptes pratiquée par Bird.
  • Depuis le 16 mai 2026, de nouvelles règles italiennes imposent plaque d’identification, assurance et respect de limites de vitesse pour circuler en trottinette électrique.
  • En Europe, plusieurs pays durcissent leur législation face à l’augmentation des accidents impliquant ces véhicules.
  • Le Codacons, association de défense des consommateurs, envisage des actions en justice pour obtenir réparation des usagers lésés.

Une sanction record pour entrave aux services publics

L’enquête de l’Antitrust italien a démontré que les trois opérateurs n’avaient pas respecté leurs obligations légales en matière de forfaits gratuits pour les détenteurs de l’abonnement Metrebus. Ces trajets, normalement accessibles sans frais supplémentaires, ont été rendus inaccessibles en raison de dysfonctionnements logistiques et de procédures d’activation volontairement complexes. L’Autorité a également relevé que Bird, en particulier, désactivait arbitrairement les comptes de ses utilisateurs, privant certains clients de tout accès au service.

Selon les conclusions de l’enquête, ces pratiques ont causé un préjudice concret aux citoyens romains, qui ont subi des délais excessifs et des difficultés répétées pour bénéficier de leurs droits. L’amende de 2,675 millions d’euros reflète la gravité de ces manquements, qui ont touché des milliers d’abonnés du réseau public.

Rome durcit les règles pour encadrer les trottinettes électriques

Cette sanction intervient dans un contexte où l’Italie cherche à mieux réguler la circulation des engins de micromobilité. En avril 2026, le ministère des Infrastructures et des Transports a adopté de nouvelles normes entrées en vigueur le 16 mai 2026. Selon l’ACI (Automobile Club d’Italie), ces mesures visent à améliorer la sécurité routière et la traçabilité des trottinettes, alors que 3 895 accidents impliquant ces véhicules ont été recensés en 2025, causant 23 morts et 3 751 blessés.

Parmi les nouvelles obligations, les utilisateurs doivent désormais équiper leur trottinette d’une plaque d’identification autocollante au coût de 8,66 euros, transférable en cas de remplacement du véhicule. Les sanctions pour défaut de plaque s’échelonnent de 100 à 400 euros. D’autres règles restent inchangées : casque obligatoire, vitesse limitée à 20 km/h, interdiction de transporter des passagers ou des objets, et restriction de circulation sur les routes extra-urbaines. Ces mesures s’appliquent aussi bien aux particuliers qu’aux opérateurs de location comme Lime, Bird et Dott, dont la licence à Rome est valable jusqu’en 2026.

L’Europe resserre l’étau sur les trottinettes électriques

L’Italie n’est pas le seul pays européen à durcir sa législation face à la popularité croissante des trottinettes électriques. En Allemagne, où le nombre de trottinettes assurées a été multiplié par cinq depuis 2023, 40 % des demandes d’indemnisation pour dommages à des tiers sont liées à ces véhicules. En juillet 2026, Berlin a proposé un projet de loi visant à rendre les sociétés de location, dont Lime et Bolt, directement responsables des sinistres impliquant leurs engins.

L’Espagne, quant à elle, a instauré un casque obligatoire sur tout le territoire et relevé l’âge minimal à 15 ans. D’autres pays vont plus loin : la France a interdit les trottinettes électriques en location dès 2023 après un référendum, tandis que la Belgique prévoit leur retrait d’ici janvier 2027, en parallèle d’un développement des infrastructures cyclables. En Hongrie, le nombre d’accidents impliquant des trottinettes a augmenté de 70 % en 2025, poussant les autorités à envisager une réforme du code de la route.

Un impact juridique qui pourrait s’étendre

Pour l’instant, les sanctions en Italie se limitent à des mesures financières. Cependant, le Codacons, association italienne de défense des consommateurs, a d’ores et déjà annoncé son intention d’engager des actions en justice contre Lime, Bird et Dott. «

Nous considérons que les usagers concernés doivent être indemnisés des préjudices subis
», a déclaré l’association dans une note officielle. Le Codacons examine actuellement la possibilité de déposer un recours collectif pour défendre les intérêts des abonnés Metrebus de Rome, ainsi que ceux des usagers lésés par les pratiques illicites mises en lumière par l’Antitrust.

Cette décision pourrait ouvrir la voie à d’autres poursuites similaires en Europe, où la régulation des trottinettes électriques reste un sujet de débat. Les opérateurs, déjà soumis à des pressions réglementaires croissantes, pourraient voir leurs responsabilités s’étendre bien au-delà des simples amendes administratives.

Et maintenant ?

En Italie, la question de la responsabilité des opérateurs de trottinettes pourrait évoluer rapidement, notamment si les actions en justice engagées par le Codacons aboutissent. À l’échelle européenne, les débats sur la sécurité et la réglementation de ces véhicules devraient s’intensifier, avec une possible harmonisation des règles au niveau de l’UE. Les opérateurs comme Lime, Bird et Dott devront s’adapter à un cadre juridique de plus en plus strict, sous peine de voir leurs licences suspendues ou leurs activités limitées. La prochaine échéance à surveiller reste janvier 2027, date à laquelle la Belgique prévoit de retirer définitivement les trottinettes électriques de ses rues.

Ces évolutions soulignent les défis posés par la micromobilité dans les grandes villes, entre innovation, sécurité et protection des usagers. Si les trottinettes restent un moyen de transport prisé pour leur praticité, leur usage devra désormais se conformer à des règles plus contraignantes, sous peine de sanctions ou d’interdictions.

Depuis le 16 mai 2026, les utilisateurs de trottinettes électriques à Rome doivent obligatoirement disposer d’une plaque d’identification (coût : 8,66 euros), d’une assurance, d’un casque, de feux et indicateurs de direction, et respecter une vitesse maximale de 20 km/h. Les trottinettes doivent également être équipées de freins et ne pas circuler sur les routes extra-urbaines. Le défaut de plaque est passible d’une amende comprise entre 100 et 400 euros.

L’Autorité italienne de la concurrence a sanctionné les trois opérateurs pour avoir entravé l’accès aux trajets gratuits réservés aux abonnés du réseau de transport public romain (Metrebus). Les sociétés ont mis en place des structures organisationnelles inadéquates, rendant l’obtention des Pass gratuits longue et complexe. Par ailleurs, Bird a été épinglé pour la désactivation arbitraire des comptes de ses utilisateurs.