Le gouvernement britannique a annoncé un investissement de 8,4 milliards de livres sterling (soit 9,8 milliards d’euros) dans la construction de quatre nouveaux sous-marins nucléaires de classe Dreadnought, selon Euronews FR. Ce programme, confié au constructeur BAE Systems, s’inscrit dans le cadre de la modernisation de la dissuasion nucléaire du Royaume-Uni, avec pour objectif de renforcer la Royal Navy d’ici le début des années 2030.
Dans un communiqué officiel, le bureau du Premier ministre Andy Burnham a qualifié cet investissement de « majeur », soulignant son impact économique et social. « Un investissement majeur de 8,4 milliards de livres dans la dissuasion nucléaire du Royaume-Uni, qui créera des emplois et des opportunités pour les jeunes pour les années à venir », a indiqué le gouvernement. Cet engagement s’inscrit dans une stratégie plus large de défense, avec un budget global de plus de 63 milliards de livres sur les quatre prochaines années pour financer non seulement les sous-marins Dreadnought, mais aussi de nouveaux sous-marins d’attaque, en lien avec l’alliance militaire AUKUS.
Ce qu'il faut retenir
- Le Royaume-Uni investit 9,8 milliards d’euros (8,4 milliards de livres sterling) pour la construction de quatre sous-marins nucléaires de classe Dreadnought.
- Le premier sous-marin, le HMS Dreadnought, devrait être prêt pour des essais en mer avant d’entrer en service dans la Royal Navy « au début des années 2030 ».
- Le contrat principal est attribué à BAE Systems, qui percevra 6,9 milliards d’euros sur les 9,8 milliards, le reste revenant à la chaîne d’approvisionnement.
- Ce programme devrait soutenir 47 000 emplois et postes d’apprenti sur la prochaine décennie, selon le gouvernement britannique.
- L’investissement s’inscrit dans un plan plus large de 63 milliards de livres pour la défense, incluant des sous-marins d’attaque dans le cadre de l’alliance AUKUS avec les États-Unis et l’Australie.
Un engagement stratégique pour la dissuasion nucléaire britannique
Le gouvernement britannique a confirmé que les quatre sous-marins de classe Dreadnought remplaceront progressivement les actuels sous-marins de classe Vanguard, qui assurent depuis des décennies la composante navale de la dissuasion nucléaire du pays. Ce projet, lancé en 2016, marque une étape cruciale dans la modernisation des capacités militaires du Royaume-Uni, alors que les tensions géopolitiques en Europe et en Asie-Pacifique persistent. « Ce programme confirme notre engagement à livrer des sous-marins de la classe Dreadnought en soutenant l’industrie britannique », a déclaré le ministre de la Défense Wes Streeting, insistant sur l’importance de maintenir une industrie nationale robuste dans le domaine de la défense.
Le HMS Dreadnought, premier navire de cette nouvelle classe, est actuellement en construction dans les chantiers navals de BAE Systems à Barrow-in-Furness, en Angleterre. Une fois achevé, il sera le plus grand sous-marin jamais construit par le Royaume-Uni, avec une longueur estimée à plus de 150 mètres et un déplacement de près de 18 000 tonnes. Les essais en mer, prévus pour la fin de cette décennie, seront suivis de sa mise en service opérationnel, marquant ainsi le renouvellement complet de la flotte de sous-marins nucléaires britanniques.
Un coup de pouce pour l’économie et l’emploi
Au-delà de son rôle stratégique, ce programme représente un véritable moteur économique pour le Royaume-Uni. Selon Downing Street, les 47 000 emplois soutenus incluent des postes permanents ainsi que des contrats d’apprentissage, principalement dans les secteurs de l’ingénierie, de la construction navale et de la supply chain. « Cela créera des opportunités pour les jeunes pour les années à venir », a souligné le bureau du Premier ministre, mettant en avant l’impact social de cet investissement.
BAE Systems, leader britannique de l’industrie de défense, a déjà commencé à mobiliser ses ressources pour ce projet. Le groupe, qui a remporté le contrat principal en 2017, collabore avec de nombreux sous-traitants à travers le pays, notamment pour la fourniture des systèmes de propulsion nucléaire, des équipements électroniques et des infrastructures logistiques. Une partie des fonds alloués servira également à moderniser les installations industrielles, garantissant ainsi une capacité de production durable pour les décennies à venir.
Un investissement intégré dans une stratégie de défense élargie
Cet engagement financier s’inscrit dans un cadre plus large de renforcement des capacités militaires britanniques. En 2024, le gouvernement a annoncé un budget de 63 milliards de livres pour la défense sur quatre ans, dont une part significative sera consacrée à la modernisation de la flotte de sous-marins. Outre les Dreadnought, ce plan prévoit le développement de nouveaux sous-marins d’attaque, destinés à remplacer les actuels navires de classe Astute. Ces derniers joueront un rôle clé dans le cadre de l’alliance AUKUS, un partenariat trilatéral entre le Royaume-Uni, les États-Unis et l’Australie visant à contrer les ambitions militaires de la Chine dans la région indo-pacifique.
La classe Dreadnought bénéficiera par ailleurs des avancées technologiques les plus récentes en matière de propulsion nucléaire, de furtivité et de systèmes de combat. Ces innovations permettront aux sous-marins britanniques de rester compétitifs face aux nouveaux défis posés par les marines russe et chinoise, dont les flottes de sous-marins nucléaires connaissent une modernisation accélérée. « Cet investissement garantit que la Royal Navy disposera des outils nécessaires pour faire face aux menaces futures », a précisé un porte-parole du ministère de la Défense.
Ce projet illustre la volonté du gouvernement britannique de maintenir une dissuasion nucléaire crédible tout en soutenant son industrie de défense. Alors que les tensions internationales persistent, Londres mise sur ces investissements pour préserver sa souveraineté stratégique et renforcer sa position au sein de l’OTAN et de ses alliances bilatérales.