Le Royaume-Uni s’apprête à réintégrer le programme Erasmus+, trois ans après son exclusion post-Brexit. Selon Courrier International, cette réintégration, prévue pour 2027, permettra aux étudiants européens de bénéficier à nouveau des échanges universitaires, mais sous conditions strictes. Les premières mobilités ne pourraient débuter qu’à partir de l’année universitaire 2027-2028, soit en septembre 2027 ou au printemps 2028.
Ce qu'il faut retenir
- Le Royaume-Uni réintégrera Erasmus+ en 2027, mais les échanges ne commenceront qu’à partir de la rentrée 2027-2028.
- Une agence nationale Erasmus+ doit être rétablie au Royaume-Uni, probablement sous la responsabilité du British Council.
- Les universités britanniques doivent obtenir la charte Erasmus pour l’enseignement supérieur, imposant des règles comme la non-discrimination.
- Les accords de coopération entre universités européennes et britanniques devront être renégociés pour bénéficier des financements Erasmus+.
- En 2026, jusqu’à 1 700 mobilités par an pourraient être financées grâce à une règle transitoire.
- Plusieurs incertitudes subsistent, comme le retour des frais d’inscription plafonnés pour les Britanniques ou l’accès aux prêts étudiants pour les Européens.
Stephan Geifes, directeur de l’agence nationale Erasmus+ au sein de l’Office allemand d’échanges universitaires (DAAD), a souligné que la reprise des échanges dépendra de la rapidité avec laquelle les partenariats seront rétablis : « C’est premier arrivé, premier servi. Tous les partenaires britanniques n’ont pas actuellement de coopération européenne. » Certains établissements n’ont pas encore reconstruit leurs réseaux de mobilité, ce qui pourrait créer des déséquilibres dans l’accès aux programmes.
Un processus administratif complexe à anticiper
Pour qu’un étudiant puisse participer à un échange, plusieurs étapes administratives restent à franchir. D’abord, l’obtention d’un visa. Actuellement, les citoyens de l’Union européenne peuvent séjourner jusqu’à six mois au Royaume-Uni avec une autorisation électronique (ETA). Cette mesure suffit pour un semestre, mais un visa étudiant sera nécessaire pour des séjours plus longs. Les règles définitives pour les mobilités prolongées font encore l’objet de négociations entre Londres et Bruxelles.
Autre obstacle : la charte Erasmus pour l’enseignement supérieur, qui impose aux universités britanniques de respecter des critères stricts, comme la transparence et l’absence de discrimination. Ces établissements doivent également obtenir cette certification, un processus qui peut prendre plusieurs mois. « Les universités britanniques doivent satisfaire à la charte Erasmus pour l’enseignement supérieur, qui impose certaines conditions telles que la non-discrimination et la transparence », rappelle Courrier International.
Des fonds transitoires pour 2026, mais une incertitude persistante
En attendant le retour officiel d’Erasmus+, le Royaume-Uni peut bénéficier d’une règle dérogatoire. Jusqu’à 1 700 mobilités par an pourraient être financées en 2026 grâce à l’utilisation de 20 % des fonds Erasmus+ pour des pays hors programme. Cette mesure, temporaire, offre une bouffée d’oxygène aux étudiants et universités, mais elle ne résout pas les problèmes structurels.
Plusieurs questions restent en suspens. Le Royaume-Uni reviendra-t-il aux frais d’inscription plafonnés (home fees), applicables aux Britanniques ? Les étudiants européens pourront-ils accéder au système britannique de prêts étudiants ? Et surtout, les stages professionnels, composante clé de nombreux cursus, seront-ils facilités ? Ces incertitudes compliquent la planification des projets d’études pour les candidats, d’où l’importance d’anticiper.
« Tous les partenaires britanniques n’ont pas actuellement de coopération européenne. [...] Il est donc conseillé aux étudiants de contacter dès maintenant le bureau international de leur université pour préparer leur semestre au Royaume-Uni. »
— Stephan Geifes, directeur de l’agence nationale Erasmus+ au DAAD
Les prochaines étapes et les échéances clés
Pour les étudiants souhaitant partir dès 2027, la priorité est de se renseigner auprès des services internationaux de leur établissement. Les partenariats avec les universités britanniques devront être relancés rapidement, sous peine de voir certains établissements exclus des échanges faute de places disponibles. « C’est premier arrivé, premier servi », rappelle Stephan Geifes, soulignant l’importance de la réactivité.
Côté administratif, les universités britanniques devront finaliser leur demande de charte Erasmus dans les délais impartis. De leur côté, les étudiants devront préparer leur dossier de visa, en tenant compte des règles encore floues pour les séjours de plus de six mois. Les négociations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne sur les visas étudiants et les droits d’inscription devraient s’intensifier d’ici la fin de l’année 2026, afin de clarifier la situation pour la rentrée 2027.
Le retour du Royaume-Uni dans Erasmus+ marque une étape symbolique de la réintégration progressive du pays dans les programmes européens. Cependant, les défis administratifs et les incertitudes persistantes rappellent que la route sera encore longue avant que les échanges universitaires ne retrouvent leur fluidité d’avant le Brexit. Pour les étudiants, la clé reste l’anticipation et la réactivité.
Dès maintenant, il est conseillé de contacter le bureau international de son université pour connaître les partenariats en cours de rétablissement avec le Royaume-Uni. Ensuite, il faudra préparer un dossier de visa, en tenant compte des règles actuelles (autorisation ETA pour six mois) et des futures négociations sur les séjours prolongés. Enfin, il faudra vérifier si l’université britannique visée dispose de la charte Erasmus, indispensable pour bénéficier des financements.
Rien n’est encore tranché. Le Royaume-Uni pourrait rétablir les frais d’inscription plafonnés (home fees), applicables aux Britanniques, ce qui réduirait les coûts pour les étudiants européens. Cependant, aucune décision officielle n’a été annoncée à ce jour. Les négociations en cours pourraient apporter des éclaircissements d’ici la fin 2026.
