Le conseil de discipline de l’A2R, autorité de contrôle financier de la Ligue nationale de rugby (LNR), a confirmé ce vendredi 10 août 2026 le refus de la montée en Pro D2 de Nissa Rugby, malgré la victoire du club azuréen en barrage d’accession contre le Stade montois le 31 mai dernier. Une décision qui prive Nice de son accession sportive et qui repose sur des lacunes financières estimées à 4,5 millions d’euros, selon RMC Sport.
Le verdict, attendu par les supporters niçois, a été rendu public après une audience tenue en début de semaine. Il intervient alors que le club vient de connaître une série de démissions au sommet de sa gouvernance : Jean-Baptiste Aldigé, président de la SAS Nissa Rugby, et Patrice Prévot, président de l’association, ont quitté leurs fonctions la semaine dernière. L’avenir du club en deuxième division est désormais incertain, tandis que ses dirigeants disposent de 15 jours pour interjeter appel. En cas de refus définitif, le Stade montois, adversaire battu en barrage, serait repêché.
Ce qu'il faut retenir
- 4,5 millions d’euros de fonds manquants sur un budget prévisionnel de 10,5 millions d’euros pour la saison 2026-2027, selon les analyses de la LNR rapportées par BFM Côte d’Azur.
- La montée sportive validée le 31 mai 2026 après une victoire 31-26 contre le Stade montois en barrage d’accession/relégation.
- Les démissions de Jean-Baptiste Aldigé et Patrice Prévot, respectivement président de la SAS et de l’association, annoncées une semaine avant l’audience.
- Un projet de tribune de 1 400 places d’hospitalité en suspens, avec un manque à gagner estimé entre 1,2 et 1,5 million d’euros si elle n’est pas opérationnelle dès la saison prochaine.
- Un appel possible sous 15 jours pour Nissa Rugby ; en cas d’échec, le Stade montois serait repêché en Pro D2.
Une accession sportive validée, mais un dossier financier bloqué
Nissa Rugby avait obtenu son billet pour la Pro D2 sur le terrain en s’imposant face au Stade montois (31-26) lors du barrage d’accession/relégation disputé le 31 mai 2026. Pourtant, cette performance sportive n’a pas suffi à garantir son accession au niveau professionnel supérieur. L’autorité financière de la LNR, l’A2R, a en effet révélé des insuffisances budgétaires majeures, comme le rapporte RMC Sport. Sur un budget total prévu de 10,5 millions d’euros pour la saison 2026-2027, il manque 4,5 millions d’euros de fonds garantis, selon des éléments consultés par BFM Côte d’Azur.
Ce déficit a été identifié lors d’un audit approfondi mené par la LNR, qui a évalué la solidité financière du club. Les dirigeants niçois, qui tablaient sur une saison en Pro D2 pour stabiliser leurs comptes, se retrouvent aujourd’hui dans l’obligation de trouver des solutions urgentes. Parmi les éléments problématiques, la construction d’une nouvelle tribune de 1 400 places d’hospitalité devait générer entre 1,2 et 1,5 million d’euros de recettes supplémentaires dès la première année. Or, ce projet, soutenu par la mairie de Nice, est désormais conditionné à une montée en Top 14 et à un maintien durable du club au plus haut niveau.
Des démissions en cascade et des projets urbains en suspens
Le coup dur financier survient dans un contexte déjà tendu pour Nissa Rugby. Une semaine avant l’audience du conseil de discipline, Jean-Baptiste Aldigé a quitté la présidence de la SAS Nissa Rugby, suivi de Patrice Prévot, président de l’association. Ces départs reflètent les tensions internes liées à la gestion d’un club dont l’avenir dépend désormais de solutions externes.
Côté infrastructures, la mairie de Nice a confirmé la construction de la tribune promise, mais sous conditions strictes.
« Notre offre est à prendre ou à laisser », a déclaré Benoît Kandel, adjoint aux Sports, à BFM Côte d’Azur. « La construction est soumise à une montée en Top 14 et à un maintien durable. »Sans ces garanties, le club risque de devoir composer avec des recettes en moins dès la prochaine saison. Le projet de futur stade, également évoqué par la mairie, reste lui aussi hypothéqué par les performances sportives futures.
Un avenir en suspens : appel ou rétrogradation ?
Nissa Rugby n’a pas dit son dernier mot. Le club dispose d’un délai de 15 jours pour déposer un recours devant la commission d’appel de la LNR. Si l’appel est rejeté, la sanction sera immédiate : une rétrogradation administrative en Nationale, tandis que le Stade montois récupèrerait sa place en Pro D2, conformément au règlement.
Dans l’immédiat, les supporters niçois doivent se préparer à une saison sous tension. Privé de Pro D2, le club pourrait se retrouver en difficulté sportive et financière, d’autant que les sponsors et partenaires pourraient reconsidérer leur engagement en l’absence de visibilité sur l’avenir du club. Pour les joueurs, cette décision signifie soit une saison en Nationale avec un statut incertain, soit un départ vers d’autres horizons si le club ne parvient pas à stabiliser sa situation.
Les prochains jours seront donc décisifs pour le club azuréen, dont l’ambition sportive se heurte désormais à la réalité financière. Reste à savoir si la LNR, la mairie ou de nouveaux partenaires pourront sauver le projet niçois, ou si le rugby de haut niveau quittera définitivement Nice après des années de combat.
Le club dispose d’un délai de 15 jours pour déposer un recours contre la décision de la LNR. Une audience devant la commission d’appel pourrait se tenir avant la fin du mois d’août 2026. En cas d’échec, Nissa Rugby serait rétrogradé en Nationale et le Stade montois récupèrerait sa place en Pro D2.
Les joueurs sous contrat pourraient être amenés à renégocier leur situation ou à quitter le club en cas de rétrogradation. L’encadrement technique et sportif devra également faire face à une saison en Nationale, un niveau inférieur à celui de la Pro D2, avec des moyens réduits.