Jeudi 27 août 2026, la Russie a mené une série d’attaques aériennes massives contre plusieurs villes ukrainiennes, utilisant quelque 140 drones, dont une centaine de type réactif. Ces frappes diurnes, de plus en plus fréquentes depuis le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par Moscou en février 2022, ont fait au moins deux morts et plusieurs blessés, selon les autorités locales. Euronews FR rapporte les détails de ces attaques, qui illustrent une intensification des hostilités après plus de quatre ans de guerre.
Ce qu'il faut retenir
- La Russie a lancé 140 drones, dont 100 réactifs, contre plusieurs villes ukrainiennes jeudi 27 août 2026.
- Les frappes ont fait au moins deux morts et de nombreux blessés dans plusieurs régions.
- À Kharkiv, un drone a frappé un centre commercial, causant un mort et plusieurs blessés.
- Dans la nuit de mercredi à jeudi, la Russie a également lancé 258 drones et des missiles balistiques, dont 233 cibles ont été neutralisées par la défense aérienne ukrainienne.
- Cinq drones ont franchi la frontière moldave lors de l’attaque nocturne.
Des attaques diurnes ciblant les civils et les infrastructures
Parmi les zones touchées, la ville de Kharkiv, dans l’est de l’Ukraine, a subi une attaque particulièrement meurtrière. Un drone a percuté un centre commercial en plein jour, tuant un homme circulant à vélo et blessant plusieurs personnes. Le gouverneur régional, Oleg Synegoubov, a partagé sur Telegram des images montrant l’intérieur calciné du magasin, avec une partie du toit et un mur arrachés. « L’ennemi attaque des moyens de transport civils en plein jour alors que les habitants vaquaient simplement à leurs occupations », a dénoncé Yaroslav Shanko, chef de l’administration municipale de Kherson.
Dans la région de Zaporijjia, une femme de 78 ans a été tuée par une frappe de drone, tandis que sept autres personnes, dont trois enfants, ont été blessées. Trois autres civils ont également été touchés dans la région lors d’une attaque nocturne. À Kherson, une frappe visant un autobus local a blessé trois personnes, et trois autres ont été victimes d’une attaque à Odesa, toutes deux situées dans le sud du pays.
Kyiv et d’autres régions sous le feu continu
La capitale ukrainienne, Kyiv, n’a pas été épargnée. Les sirènes d’alerte aérienne ont retenti à 11 reprises dans la matinée, tandis que des journalistes sur place ont entendu plusieurs explosions. De nombreuses personnes se sont retrouvées bloquées dans le métro, dont les lignes ne traversent pas le fleuve Dnipro, pendant les alertes. Le maire Vitali Klitschko a confirmé que quatre personnes avaient été blessées, dont deux hospitalisées après qu’un drone se soit écrasé sur une route. Des images diffusées sur les réseaux sociaux montraient d’épais panaches de fumée s’élevant au-dessus des sites ciblés.
Dans la région de Soumy, au nord-est du pays, une personne a été tuée et quatre autres blessées lors d’attaques russes. Quatre civils ont également été blessés à Kryvyï Rih, dans la région de Dnipropetrovsk. « L’ennemi attaque la région de Kyiv toute la nuit avec des drones d’attaque et des missiles balistiques », a précisé Tymur Tkachenko, chef de la région de la capitale, ajoutant que des entrepôts figuraient parmi les cibles.
Une nuit d’attaques massives : missiles et drones en provenance de Russie
Dans la nuit du 26 au 27 août, la Russie a mené une offensive aérienne d’une ampleur inédite. Selon les autorités ukrainiennes, Moscou a lancé 258 drones d’attaque, 2 missiles balistiques et 2 missiles antinavires. La défense aérienne ukrainienne a réussi à neutraliser 233 cibles, soit près de 90 % des projectiles ennemis. Les régions d’Odessa, de Kyiv, de Dnipropetrovsk, de Poltava et de Zaporijjia ont été les principales cibles de cette vague nocturne.
Cette attaque a également eu des répercussions en Moldavie, où cinq drones russes ont franchi la frontière, selon le ministère moldave de la Défense. Une situation qui souligne l’extension géographique des conséquences de ce conflit.
Les prochaines semaines pourraient voir une escalade des tensions, avec une intensification des frappes russes alors que l’hiver approche, période traditionnellement marquée par une baisse des températures et une possible augmentation des besoins en énergie et en infrastructures. La communauté internationale reste mobilisée, mais les solutions concrètes tardent à se concrétiser.
Selon les analystes militaires, cette intensification pourrait s’expliquer par une stratégie visant à affaiblir le moral de la population ukrainienne et à endommager les infrastructures critiques avant l’hiver, période où les besoins en énergie sont accrus. Moscou cherche également à tester les capacités de défense ukrainiennes et à épuiser les ressources des alliés de Kyiv.
Plusieurs sommets internationaux sont prévus dans les prochains mois pour discuter d’un soutien accru à l’Ukraine, notamment en matière de défense aérienne et d’aide humanitaire. Par ailleurs, les négociations sur la livraison de systèmes de défense plus avancés, comme les missiles Patriot, pourraient s’accélérer. Cependant, aucune date précise n’a encore été annoncée pour une possible trêve ou une résolution diplomatique.