Alors que les attaques de drones ukrainiens ciblent de plus en plus les infrastructures énergétiques russes, Moscou renforce ses dispositifs de défense. Selon Capital, la Russie a déployé un système antiaérien inédit, le ZAK-30 Citadel, conçu par le géant Rostec pour protéger ses raffineries des menaces aériennes. Un choix stratégique dicté par l’augmentation des frappes ukrainiennes sur ces sites clés, alors que les capacités de raffinage du pays restent sous pression.

Ce qu'il faut retenir

  • Le ZAK-30 Citadel, développé par Rostec, est un système de défense antiaérien russe conçu pour intercepter drones et missiles de croisière.
  • Doté de capteurs optiques, radars et d’un canon de 30 mm automatisé, il promet une interception précise des cibles grâce à des obus à détonation optimisée.
  • Six à dix unités seraient nécessaires pour protéger une seule raffinerie, selon l’expert Andriy Tarasenko, et son coût s’élève entre 4 et 7 millions d’euros.
  • Moscou mise sur ce système pour contrer les drones ukrainiens à longue portée comme le FP-1, qui ciblent régulièrement ses infrastructures pétrolières.
  • Rostec affirme que le ZAK-30 a été testé en conditions réelles, mais des doutes subsistent sur son efficacité et son guidage.

Un système antiaérien russe conçu pour contrer la menace des drones ukrainiens

Face à l’escalade des frappes ukrainiennes sur ses raffineries, la Russie a accéléré le déploiement de moyens de défense adaptés. D’après Capital, le ZAK-30 Citadel, fruit du travail de Rostec, représente une réponse technologique aux attaques répétées de drones. Ce système, capable de détecter et d’intercepter des cibles aériennes grâce à des capteurs optiques et des radars, s’ajoute à l’arsenal russe déjà dense, composé notamment des missiles Orechnik ou du futur SARMAT.

Contrairement aux systèmes classiques, le ZAK-30 se distingue par son automatisation poussée, de la détection à la destruction. Son canon de 30 mm, associé à des obus à éclatement télécommandés, permet une interception optimisée en fonction de la trajectoire de la cible. Une innovation que Rostec présente comme une avancée majeure, bien que son coût — entre 4 et 7 millions d’euros par unité — soulève des questions sur sa généralisation.

Une solution coûteuse et complexe pour sécuriser des infrastructures critiques

Protéger une raffinerie avec le ZAK-30 Citadel nécessiterait entre six et dix unités, selon les estimations de Andriy Tarasenko, chercheur spécialisé dans l’industrie de la défense. Un investissement lourd pour Moscou, alors que les raffineries russes, déjà fragilisées par les sanctions occidentales et les attaques ukrainiennes, peinent à maintenir leur capacité de production. Selon les dernières données disponibles, jusqu’à 25 % des capacités de raffinage du pays étaient à l’arrêt début 2026 en raison des frappes répétées.

Le système, comparable au Skynex allemand, mise sur une tête pivotante pour couvrir des angles élevés, un atout face aux drones ukrainiens comme le FP-1, capables de frapper en profondeur. Pourtant, son efficacité réelle reste à prouver. Rostec assure que le ZAK-30 a été testé en situation de combat, mais des experts doutent de son guidage, estimant qu’il pourrait manquer de ciblage électro-optique. « Le système fonctionne et a fait ses preuves », a affirmé Rostec, sans pour autant lever tous les doutes.

Un enjeu stratégique pour la Russie, face à l’Ukraine et à l’Occident

Le déploiement du ZAK-30 s’inscrit dans une stratégie plus large de Moscou pour préserver ses infrastructures énergétiques, devenues des cibles prioritaires pour Kiev. Depuis plusieurs mois, les drones ukrainiens — notamment ceux équipés d’explosifs — ont causé des dégâts significatifs, réduisant la capacité de la Russie à exporter du pétrole et à alimenter son économie. En réponse, le Kremlin a renforcé ses défenses aériennes, tout en développant de nouveaux missiles comme le SARMAT, dont l’entrée en service est prévue pour la fin de l’année 2026.

Côté ukrainien, la production de missiles de croisière s’accélère, avec une capacité qui pourrait bientôt dépasser celle de l’ensemble des pays européens. Cette course aux armements illustre l’intensification du conflit, où chaque camp cherche à prendre l’avantage technologique. Le ZAK-30, s’il prouve son efficacité, pourrait rebattre les cartes, mais son coût et sa complexité limitent pour l’instant son déploiement à grande échelle.

Et maintenant ?

Les prochains mois seront décisifs pour évaluer l’impact réel du ZAK-30 Citadel. Si Rostec confirme son efficacité, Moscou pourrait accélérer son déploiement sur d’autres sites stratégiques. À l’inverse, un échec entraînerait la Russie à explorer d’autres solutions, comme des systèmes de leurres ou des contre-mesures électroniques. L’Ukraine, de son côté, devrait poursuivre ses attaques ciblées, tout en développant de nouvelles armes pour contourner les défenses russes. Une chose est sûre : la bataille pour le contrôle des infrastructures énergétiques reste un enjeu majeur du conflit.

Reste à voir si ce système, aussi sophistiqué soit-il, suffira à inverser la tendance. Pour l’heure, les raffineries russes continuent de subir des attaques, et le ZAK-30 n’a pas encore fait la preuve de sa supériorité face aux drones ukrainiens. Une chose est certaine : dans cette guerre technologique, chaque innovation compte.

Les raffineries sont des infrastructures stratégiques, car leur destruction réduit la capacité de production de carburant de l’ennemi. En Ukraine, les frappes russes sur ces sites visent à affaiblir l’économie et la logistique de Kiev, en limitant ses ressources en essence et en produits pétroliers. Depuis 2022, les attaques contre ces cibles se sont multipliées, avec un pic d’intensité en 2025-2026.